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L’ENVIRONEMENT, ENTRE EXPLOITATION ET PROTECTION : ENJEU PLANETAIRE

25 Avril 2022 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #Term HGGSP

L’ENVIRONEMENT, ENTRE EXPLOITATION ET PROTECTION : ENJEU PLANETAIRE

1) Les mots du thème :

Environnement :  est littéralement ce qui nous entoure, le cadre, le milieu et les conditions de vie pour l’homme. Il est la combinaison des éléments naturels, sociaux et économiques qui constituent ce cadre de vie. Ce sont les éléments naturels dans leur interaction avec les éléments socio-économiques qui constituent l’enjeu du thème.

Une approche de l’environnement met en œuvre plusieurs disciplines : les sciences de la vie et de la terre, les sciences économiques et les sciences sociales, notamment l’histoire et la géographie.

Exploitation : actions des sociétés sur leur environnement naturel afin d’assurer leur développement économique et social : prélèvement de ressources, extension des surfaces aménagées et productrices de richesses.

Protection :  actions des sociétés pour réduire les impacts sur leur environnement naturel afin de préserver les ressources, la biodiversité et les dégradations qui les menacent.   

Enjeu planétaire : l’approche doit être multiscalaire (plusieurs échelles). L’environnement à l’échelle locale, n’est pas celui à l’échelle nationale ou planétaire. En outre, chaque Etat a une approche différente de l’environnement, de son exploitation et de sa protection. Aussi, considérer l’environnement à l’échelle planétaire, lorsqu’il s’agit de le protéger, est une situation source d’oppositions et de conflits. 

2) Etude de cas pour comprendre la raison et les enjeux du thème 

1) Ce document est un extrait d’un article du Monde publié le 29/10/2020 et écrit par Clémentine Thiberge. L’auteure insiste sur la nécessité de prévenir les pandémies qui sont inéluctables dans la mesure où l’homme ne cesse d’agir sur les écosystèmes au détriment de la biodiversité.

 

2) Le constat sur le lien entre pandémie et destruction de la biodiversité est établi depuis la fin des années 1960.

 

3) Le constat est fait à l’échelle planétaire par des scientifiques.

 

4) Les éléments naturels concernent le vivant, des animaux porteurs de virus et de bactéries, qui se retrouve au contact de l’homme parce que celui-ci occupe des espaces à biodiversité riche longtemps ignorés de celui-ci. Les éléments socio-économiques sont la croissance démographique, l’accélération de la circulation des hommes, la croissance de la production agricole intensive, notamment de l’élevage, qui mettent d’importantes densités humaines et d’animaux d’élevages au contact d’organisme vivants dangereux pour l’homme.

Toutes les activités humaines sont en cause dans la perte de la biodiversité et du changement climatique, facteurs principaux des pandémies futures. Le changement climatique provoque le déplacement d’animaux porteurs de maladies, fait fondre les glaciers et le permafrost qui renferment virus et bactéries probablement inconnus.

 

5) Les solutions sont d’inciter les gouvernements à prévenir les pandémies, c’est-à-dire à agir en amont.  « Surveiller, contrôler et enrayer », afin d’éviter de prendre des mesures radicales d’urgences qui peuvent être mal acceptées par la population ou être néfastes pour la biodiversité. Surtout, les scientifiques préconisent d’agir sur le mécanisme responsable : le prélèvement de ressources et la destruction du vivant dans des zones où les risques sont importants. Ces dernières doivent rester des espaces naturels.

L’intérêt est d’abord financier : « Le coût de l’inaction en matière de pandémie serait ainsi cent fois plus élevé que le coût de la prévention ».

 

3) L’environnement : une construction historique, sociale et politique

Période considérée

Etat d’esprit, prise de conscience et traduction dans la réalité

Avant la Révolution industrielle

-Souillure, nuisance, corruption = activité qui gêne le voisinage ou nuit à la santé

-Procès contre les industries nuisibles pour l’homme ; théorie du miasme, les odeurs véhiculent la pollution = environnement très contrôlé par la police

- La pollution et sa prise en compte sont d’abord locales

 

Révolution industrielle

 

1800 - 1950

-Apparition du terme de pollution = nouvelles pollutions des eaux et de l’air, notamment à cause du charbon.

-Industriels obtiennent la libéralisation de leurs activités en supprimant les règlements qui limitent les activités. Les nouvelles lois protègent les industriels de la contestation, l’industriel ne doit que réparer les dommages qu’il a causés.

- L’industrie défendue car elle apporte la prospérité, gage d’amélioration de la qualité de vie et donc de la santé

-Accélération de la pollution avec les guerres mondiales et les progrès techniques qu’elles ont apportés ; avec la consommation de masse 

 

Années 1970- 1980

-Rapport américain Meadows sur les conséquences environnementales de la croissance économique

-Premiers discours politiques sur l’épuisement des ressources, sur la pollution, sur la dégradation de l’environnement

-Création du Programme des Nations Unies pour l’environnement en 1972 = prise en compte de la dégradation de l’environnement à l’échelle internationale

Premiers rapports sur l’évolution du climat et création du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, 1988)

- Création du concept contesté de développement durable en 1987 (p. 288)

 

- Accidents écologiques (marées noires, accidents nucléaires, chimiques…)

-Premiers mouvements et associations de protection de l’environnement et de contestation de la société de consommation (Greenpeace)

-Création d’un ministère de l’environnement en France ; premier candidat écologiste à la présidence de la République

 

Années 1990

-Grandes conférences internationales sur le changement climatique sous l’égide de l’ONU. A RIO en 1992 : reconnaissance de la responsabilité des pays riches dans le changement climatique et définit de grands principes de lutte : principe de pollueur-payeur ; principe de précaution (p. 286).

- Réunions annuelles à partir de 1995, les COP 

-COP 3 à Kyoto, 1997 : objectifs de réduction des GES

 

Années 2000

- COP 21 à Paris : objectif de limitation de la hausse des températures pour le 21e s.

 

La protection de l’environnement dans la constitution française (Charte de l’environnement en 2005)

Grandes mobilisations citoyennes dans le monde pour le climat et la protection de l’environnement

 

 

Bilan : L’homme est d’abord convaincu que la nature est contraire à l’humanité et donc qu’il peut l’exploiter pour améliorer son existence. Cette exploitation s’accélère avec la révolution industrielle aux XIXe et XXe s. Production et consommation de masse conduisent certains scientifiques à s’interroger sur leurs conséquences environnementales. La fin du XXe et le début du XXIe s. est donc la période de la prise de conscience politique et citoyenne à l’échelle planétaire de la nécessité de protéger l’environnement.    

 

Axe 1 : Exploiter, préserver et protéger

 

Comment l’exploitation des différents milieux peut-elle être compatible avec les nouvelles exigences de protection et de préservation ?

 

Jalon 1 - Exploiter et protéger une ressource « naturelle » : la forêt française depuis Colbert

 

Ressources naturelles : mise en valeur d’un capital naturel (ressources minérales, énergétiques, épuisables ou renouvelables)

Forêt : grande étendue couverte d’arbres. La définition pose de nombreuses questions : la superficie minimale pour caractériser une forêt (au moins 0.5ha à 4ha) ; la question des surfaces déboisées en régénérescence, c’est-à-dire la question de la hauteur minimum de l’arbre (5m) et de sa couronne (20m) ; la question du nombre d’espèces d’arbres sur la surface ; la question du couvert boisé, c’est-à-dire de la densité des arbres sur la surface.

On distingue la forêt vierge ou primaire (forêt ayant évolué sans intervention humaine) de la forêt secondaire (forêt s’étant reconstituée après son exploitation)

Les forêts couvriraient 30% de la surface de la planète (dont 10% de forêts primaires).

 

Comment ont évolué les interactions entre la société et la forêt depuis l’Ancien Régime jusqu’à nos jours ?

 

Article de Conflits, La forêt française depuis Colbert, Septembre 2020.

 

1) Quels sont les usages de la forêt et du bois dans l’Ancien Régime ? Qui possède la forêt ? Quels règles et droit réglementent leur usage ? Les usages sont : ramassage du bois, le glanage, le pâturage, la chasse, la coupe de bois pour scierie, création de charbon de bois pour alimenter la proto-industrie. Les principaux propriétaires sont le clergé, la noblesse et le roi. L’usage de la forêt très stricte et réglementé par les propriétaires. Il peut y avoir des interdictions pour la coupe de bois et la chasse. L’usage est souvent coutumier, les communautés villageoises possédant le droit de ramasser le bois, de glaner. 

2) Quels évènements participent à la dégradation de la forêt ? La guerre civile, l’Etat royal faible : la forêt est non entretenue ou les coupes sont massives. La forêt est dégradée et sa superficie diminue. 

3) Pourquoi Colbert entreprend une « Grande Réformation » de la forêt ? En quoi consiste cette réforme ? Comment se traduit-elle dans les paysages forestiers ? La demande augmente :  notamment la demande urbaine pour se chauffer ; besoin de bois de qualité pour la construction navale et les grands chantiers royaux. L’usage de la forêt génère des revenus, notamment des taxes. Les mesures de Colbert consistent : à intégrer des forêts au domaine royal, à gérer directement des forêts avec une administration des Eaux et Forêts efficace ; à cartographier le territoire et les forêts ; à unifier le code afin de gérer efficacement les forêts (grande ordonnance de 1669). Ainsi les forêts sont replantées, entretenues, des chemins forestiers sont tracés. Les arbres deviennent un bien stratégique, l’Etat planifie leur plantation et leur coupe. L’Etat surveille les forêts privées. Mais les besoins sont supérieurs à la disponibilité, l’Etat manque de moyens et il doit importer du bois… La forêt régresse en France.  

4) Quelle transformation juridique introduit la Révolution ? Quelles en sont les conséquences sociales ? les forêts de la noblesse et du clergé sont vendues et deviennent privées. Les usages coutumiers des paysans disparaissent aussi, cela entraine des révoltes paysannes car les ruraux n‘ont plus de droit d’usage. Avec les débuts de l’industrialisation la forêt régresse encore… 

5) Pourquoi peut-on dire que « l’industrialisation sauve la forêt » ? Avec l’industrialisation, quelles sont les nouvelles fonctions de la forêt ? Car le bois et le charbon de bois sont remplacés par le charbon de terre, la houille dans les fourneaux ; l’acier remplace le bois dans la construction. Et l’exode rural commence, les parcelles cultivées les moins productives sont abandonnées et reboisées, notamment en montagne. On attribue à la forêt trois nouvelles fonctions : hygiénique, récréative dans les espaces urbains et péri-urbains ; patrimoniale, l’arbre remarquable et la forêt sont au cœur du récit commun, national.  

6) Comment a évolué la surface forestière au XXe s. ? Qui la possède ? La France est-elle un pays auto-suffisant en matière de bois ? La surface forestière augmente, les espaces insalubres, peu fertiles sont boisés : Landes de Gascogne, Champagne, Sologne. Le taillis régresse, la futaie se développe. La surface forestière augmente en France au XXe s. (x2). La forêt est majoritairement privée (3/4), essentiellement de petites parcelles, souvent mal entretenues et peu productive. La France doit importer du bois… et le bois français n’est pas transformé en France faute de secteur industriel performant.     

7) Qu’est-ce que l’ONF ? Quelle est sa mission ? Quel est le bilan de son action ? Office National de la Forêt, créé en 1964. Il est chargé de gérer la forêt publique avec des objectifs de production, de protection, de mise en valeur publique et de rentabilité. Le bilan est négatif, l’ONF manque de moyens, l’exploitation est non rentable. En outre ses objectifs sont contradictoires.   

8) Quels enjeux environnementaux soulèvent les évolutions actuelles ?  Quelles en sont les contradictions ? Les enjeux sont : préservation de la forêt comme puit à carbone et la rentabilité économique (mais temps de la captation du C02 de l’arbre n’est pas celui des émissions par sa destruction) ; adapter la forêt au changement climatique ; Préserver l’écosystème tout en l’ouvrant au public.

 

 

Jalon 2 : Le rôle des individus et des sociétés dans la transformation des milieux

 

Quels bouleversements environnementaux ont engendrés ces deux révolutions à travers l’histoire ?

 

- La « révolution néolithique »

 

    Avant celle-ci, les êtres humains étaient des chasseurs-cueilleurs nomades suivant le gibier. Avec le Néolithique, vers -10 000 BP, les hommes deviennent sédentaires, se regroupent dans des villages, de petites villes, développent de nouvelles activités artisanales (céramique, textile) et élaborent des formes d’organisation sociale plus complexes. A l’origine de cette évolution il y a le lent développement de l’agriculture autour de plantes sélectionnées (riz, maïs, blé) et d’animaux domestiqués. Cette « révolution » a des conséquences environnementales importantes : l’agriculture est extensive, elle est fondée sur la mise en culture de parcelles nouvelles obtenues par la déforestation et l’élimination des espèces animales résidentes. Le développement de l’agriculture provoque la disparition progressive des animaux et végétaux sauvages, au fur et à mesure que les cultures s’étendent que la sélection des espèces s’opère. Surtout l’élevage et la céréaliculture créent une promiscuité entre l’homme le bétail et les stocks des récoltes, lesquels sont les sources de parasites provoquant des maladies chez l’homme. Le bœuf, le porc et le poulet sont les sources des principales épidémies. Avec la violence liée aux rapports sociaux de domination, les nombreuses maladies sont responsables d’un abaissement de l’espérance de vie humaine. 

 

 

- La « révolution industrielle »

 

    La révolution industrielle s’appuie sur l’utilisation de nouvelles sources d’énergie et de nouvelles activités que les lois libérales permettent d’étendre. Au XIXe s. la nouvelle source d’énergie est le charbon de terre, d’abord utilisé pour remplacer le bois dans les fours, est abondamment employé comme combustible pour les nouvelles machines à vapeur et comme moyen d’éclairage lorsqu’il est transformé en gaz ou alimente des centrales électriques. Le charbon permet l’essor de la métallurgie, de l’industrie textile, et du transport (train). Les industries innovantes mécanique et chimique permettent de créer de nouveaux produits et substances. La suppression des normes et des règles sur la production s’accompagne de l’hygiénisme, une théorie sociale qui prétend que la croissance apporte l’emploi, la réduction de la pauvreté et donc d’une augmentation du bien-être et de la santé. Pourtant la combustion du charbon accroit les émissions de CO2, de particules fines, de métaux et de gaz dangereux pour la santé. D’abord localisées dans les sites industriels, ces pollutions s’étendent dans les grandes villes européennes et les grandes concentrations humaines, car l’industrialisation provoque la concentration des hommes. Les déchets de production s’accumulent dans le sol, dans les eaux et le climat est modifié localement.

 

    Au XXe s., les échelles de l’industrialisation grandissent : continentale –d’abord européenne- puis mondiale. Les ressources sont recherchées dans le monde entier, la production s’internationalise et les produits sont vendus partout, les impacts sur l’environnement connaissent également un changement d’échelle. Le phénomène s’accélère avec l’utilisation du pétrole qui s’ajoute au charbon sans vraiment le remplacer. De nouveaux secteurs industriels et de nouveaux produits apparaissent : transport automobile, transport aérien, pétrochimie, industrie mécanique et électrique. Les guerres du siècle ont un impact considérable sur l’environnement. Au-delà des pollutions qu’elles engendrent et des ressources considérables qu’elles utilisent, l’innovation technologique qu’elles ont créée a une capacité de nuisance considérable sur l’environnement : énergie nucléaire, produits chimiques. En outre, elles font entrer l’humanité dans l’ère de la consommation de masse qui provoque un accroissement des déchets, l’épuisement des ressources et la destruction de la biodiversité. Les risques sociaux, sanitaires et climatiques concernent dorénavant le monde entier.

Le changement climatique et ses conséquences

Le changement climatique et ses conséquences

Axe 2 : le changement climatique : approches historiques et géopolitiques

 

Analyse des termes du sujet

Changement climatique : modification durable des paramètres du climat terrestre (échelle régionale et mondiale)

Approche historique : interrogation sur les grandes évolutions climatiques dans le temps historique mais aussi sur la place de la recherche historique dans la connaissance de ces évolutions

Approche géopolitique : interrogation sur les impacts du changement climatique sur les relations internationales : Nouvelle source de tensions ? possibilités de coopération ?

 

Comment les sociétés s’organisent-elles pour faire face au réchauffement climatique depuis le Moyen Âge ?  

 

 

Jalon 1 : l’évolution du climat du Moyen-Âge au XIXe s.

 

Problématique : Comment les hommes ont-ils fait face aux variations climatiques depuis le Moyen - Age ?

 

- Préambule : les fluctuations climatiques anciennes, une prise de conscience récente

Le climat de la terre varie avec une alternance de périodes glaciaire et interglaciaire, ce phénomène a été mis en évidence et expliqué par le scientifique Milankovic dans la première moitié du XX° siècle et admise depuis les années 1970.

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=FTzmqjDNMmM

Quels sont les 3 paramètres orbitaux influençant le climat mis en évidence par Milankovic ?

 - Obliquité de la terre variant tous les 41 000 ans. Plus l’axe de la terre est incliné, plus les saisons sont marquées. 

 -   Excentricité : Trajectoire de la terre oscillant tous les 100 000 ans, donc la terre est plus ou moins éloignée du soleil.

 - Précession des équinoxes : l’axe de rotation de la terre décrit un cercle, comme une toupie, sur une période de 23 000 ans, qui fait changer de direction l’axe de rotation de la terre et accentue les saisons. C’est le phénomène astronomique qui marque le plus l’évolution du climat.

La conjugaison des facteurs peut faire que les points la terre reçoivent ¼ d’énergie en plus ou en moins du soleil. Les grandes périodes glaciaires correspondent à une période les continents reçoivent moins d’énergie. La terre se situe dans une période interglaciaire. Les périodes interglaciaires sont plus courtes que les périodes glaciaires.

Les historiens du climat (discipline récente née dans les années 1980) travaillent sur les variations « à échelle humaine ». Ils travaillent surtout sur l’histoire du climat à partir du Moyen-Âge, car ils disposent de sources écrites plus nombreuses, d’observations et de mesures (thermomètres et relevés de températures à partir de la fin du 17e s.). Ils travaillent aussi à partir d’études issues des sciences de la vie et de la terre (exposé et doc. 2 p. 306) qui mettent en évidence les autres facteurs explicatifs du forçage climatique, c’est–à-dire la perturbation de la quantité d’énergie reçue sur terre. Ces autres facteurs sont : les éruptions volcaniques (forçage négatif) ; les déplacements des masses d’eau chaude et froide dans les océans (forçage négatif ou positif) ; la variation de l’activité solaire, c’est-à-dire du rayonnement reçu (forçage négatif ou positif). Les émissions de gaz à effet de serre imputable à l’homme sont un forçage positif.

 

- Les variations climatiques ont - elles influencé les événements historiques ?

De nombreuses variations majeures de températures sur des périodes courtes liées aux éruptions volcaniques, à la modification du rayonnement solaire ou à des anomalies de température dans les océans ont des conséquences historiques importantes. Surtout lorsqu’il s’agit de refroidissements brusques sur quelques semaines ou quelques mois. Comme les populations sont souvent vulnérables aux aléas, il y a un risque pour celles-ci.

Vocabulaire :  

Aléa météorologique / climatique : évènement météorologique ou climatique frappant des groupes humains

Vulnérabilité : niveau de fragilité d’une société face aux aléas

Risque : rencontre entre l’aléa et la vulnérabilité = catastrophe lorsque ce risque devient réel.

 

Aux époques médiévales et modernes ? Doc. 1 et 3 p. 306

1) Quelles sont les deux périodes climatiques caractérisant la période allant du Moyen Age au XIX° siècle ? Indiquez leurs caractéristiques

  • Une première phase de réchauffement : Petit optimum médiéval

L'optimum climatique médiéval correspond à une période de réchauffement climatique. Qualifiée par les scientifiques « d’anomalie climatique médiévale », elle s'étend de 900 à 1300 environ et se caractérise par des étés un peu plus chauds et des hivers plus doux. Particulièrement marqué dans les régions de l'hémisphère Nord, ce phénomène n'empêche pas de fortes variabilités, avec parfois des hivers très rigoureux qui provoquent des famines.

Cette période a permis à des populations de s'installer dans des régions aujourd'hui considérées comme trop difficiles sur le plan climatique. Par exemple, la colonisation du Groenland par les Vikings a été possible. Partout en Europe, les paysans ont mis en exploitation de nouvelles terres, la population a augmenté.

  • Une phase de refroidissement :  Petit âge glaciaire

Le petit âge glaciaire désigne une période de refroidissement relatif qui touche l’Europe occidentale et l’Amérique du nord, du XIVème siècle au milieu du XIXème siècle. Il est caractérisé par une avancée des glaciers européens, des températures hivernales très froides. La lagune de Venise est gelée durant l’hiver 1709, il fait -23°c à Bordeaux. La Seine est gelée presque 2 mois entre décembre 1788 et janvier 1789. Les printemps et étés sont souvent humides et frais, les pluies plus nombreuses provoquent parfois des inondations, par exemple à Paris en 1658. Au cours de cette longue période, les variabilités sont également très fortes. Ce refroidissement a des conséquences sur les sociétés. Lorsque les étés sont froids et très humides, les récoltes sont faibles, ce qui provoque une augmentation du prix des céréales et des crises alimentaires. A Paris, les prix du blé sont multipliés par 2 ou 3 en 1693 et 1694.

Doc. 6 p. 307 : les liens entre le changement climatique et la Fronde :

2) Quel lien peut-on établir entre le changement climatique et la Fronde, la révolte nobiliaire contre la monarchie ?

La Fronde est une révolte des parlementaires et des nobles contre l’autorité du roi à l’époque de la Régence d’Anne d’Autriche/Mazarin. La France sort de la guerre de 30 ans qui a éprouvé les finances du pays (d’où une pression fiscale pour remplir les caisses de l’Etat) et la population

La France, dans ce « Petit âge glaciaire », connaît une succession d’hivers très froids (1648-149) et d’étés frais et humides (1640-1643 et 1649) entrainant de mauvaises récoltes.

Ces mauvaises récoltes conduisent à des crises de subsistance et à une forte mortalité : augmentation du prix du pain et des biens courants

L’augmentation des impôts par le pouvoir royal n’est pas acceptée par une population qui se révolte contre le pouvoir royal (« émeutes de subsistance »).

 

Et aujourd’hui ?

Les phénomènes cités plus haut s’accompagnent du dérèglement climatique d’origine anthropique aux conséquences multiples et qui constituent un risque pour des sociétés plus développées mais toujours aussi vulnérables.

Article : : https://consortiumnews.com/2016/06/18/global-warming-adds-to-mideast-hot-zone/

3) Quel lien peut-on établir entre dérèglement climatique, printemps arabes et conflits au Moyen-Orient ?

De mauvaises récoltes se sont produites durant les années 2007-2008, 2009-2010 dans plusieurs grands pays producteurs de céréales générant une augmentation des prix. L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, qui sont des régions important massivement des céréales, ont connu une sécheresse importante durant la même période. L’Egypte, la Syrie et l’Irak dévasté par la guerre ont été particulièrement touchés. Dans ces pays l’augmentation du prix des céréales a une conséquence importante sur le pouvoir d’achat des habitants. La sécheresse a poussé les paysans pauvres vers les villes, la guerre en Irak a accru le nombre de réfugiés. La crise alimentaire « a nourri le mécontentement populaire » contre les gouvernements autoritaires et est l’un des facteurs des manifestations massives des printemps arabes de 2010-2011.    

 

Jalon 2 : Les enjeux internationaux du réchauffement climatique

 

En quoi le changement climatique global constitue-t-il un enjeu majeur des relations internationales ?  

 

Dossier documentaire page 308-309 et Dessous des cartes : https://www.youtube.com/watch?v=zBSINdM_Ixc   Le dérèglement c’est maintenant ! :

 

    Présentez les impacts possibles du réchauffement climatique, les régions concernées et les conséquences géopolitiques envisageables à toutes les échelles.

Les impacts sont de plusieurs types : la fonte des glaciers, de la banquise et élévation du niveau de la mer et des cours d’eau qui menacent les estuaires et les vallées des grands fleuves de submersion et de crues. Mais aussi des phénomènes météorologiques plus extrêmes et longs : périodes de sècheresses, de canicules ; voire parfois des périodes froides ou de précipitations fortes ; des cyclones et tempêtes. Phénomènes météorologiques et climatiques provoquant des mégafeux, des modifications générales de l’écosystème, notamment la répartition de la faune, et de la végétation et la propagation des bactéries et virus porteurs de maladies.

Toutes les régions du monde sont concernées. Certaines sont cependant plus vulnérables car très peuplées ou vitales pour les économies : les littoraux et les îles soumis à la montée des eaux ; les vallées et les deltas des grands fleuves face aux risques de submersion et de crues ; les régions tropicales sèches face aux pénuries d’eau ; les grandes plaines agricoles face au risque de désertification (dégradation des sols) ; les villes face aux risques d’inondation ou de submersion (carte p. 308)…

Les conséquences géopolitiques peuvent être importantes (carte p. 309) : la baisse de la production agricole peut entrainer des crises alimentaires, facteurs de crises sociale et politique. Ces crises peuvent entrainer la défaillance des Etats, incapables de secourir leurs populations, voire des guerres civiles. Le manque d’eau, la dégradation des terres peut générer de la spéculation sur les ressources et des tensions entre les Etats. Des évènements climatiques extrêmes –catastrophes- peuvent interrompre le fonctionnement des institutions d’un pays, c’est-à-dire une disruption. Enfin, les réfugiés climatiques et les migrants pourraient être de plus en plus nombreux et entrainer des tensions ethniques et des courants xénophobes dans les Etats d’accueil.      

 

Dossier documentaire : Atlas de l’Anthropocène, François Gemenne, Alksandar Rankovic, Atelier de Cartographie de Science Po, Presses de Sciences Po, 2019 (extraits).

Montrez quels sont les étapes, les acteurs et les limites de la régulation du changement climatique à l’échelle internationale

Les étapes (cf introduction). 3 grandes étapes. Les années 1970-80 avec la prise en compte par les institutions internationales du changement climatique, la naissance des grandes ONG de protection de l’environnement et la création du GIEC. La seconde étape, dans la années 1990, concerne la création d’un droit et la reconnaissance d’objectifs communs à atteindre en matière de réduction des émissions des GES. Cette seconde étape est marquée par de grands sommets internationaux : RIO 1992, Kyoto, 1997. La dernière étape est le sommet de Paris en 2015 qui se fixe des objectifs ambitieux de limitation de la hausse des températures et d’aide financière aux PED pour faciliter leur transition énergétique.

Les acteurs de la régulation du changement sont d’abord la communauté internationale avec les institutions internationales et les sommets organisés régulièrement depuis 1995, les COP. Puis, les Etats sont les acteurs principaux parce que c’est de la volonté des chefs d’Etat et de leur majorité parlementaire que sont acceptées et ratifiées les décisions prises à l’échelle internationale. Les premiers ministères de l’environnement sont apparus dans les années 1970 et la demande des opinions publiques les obligent à agir. Car c’est la société civile, constituée des citoyens, des associations, des ONG, qui œuvre le plus pour que soient pris en compte les préoccupations environnementales dans les décisions politiques. La problématique environnementale divise les opinions publiques et accroit les clivages politiques dans les Etats où elle peut s’exprimer librement (E-U, UE…).

Car les limites de la régulation du changement climatique sont nombreuses. D’abord l’inertie de nombreux gouvernements qui par intérêt politique et manque de soutien n’agissent pas ou peu. La ratification des accords internationaux par les assemblées nationales n’est pas toujours obtenue (E-U pour les accords de Kyoto) ou les changements de majorité peuvent s’accompagner d’un revirement (EU de D. Trump quittant les accords de Paris ; Biden les confirmant en 2021). Les postures des gouvernements nationaux dépendent du contexte économique et social ; partout, en période de crise, les enjeux économiques et sociaux priment. Aussi, les négociations et l’application des accords sont longues et compliquées. La mise en oeuvre des accords de Kyoto n’intervient pleinement qu’en 2005, à un moment où la hiérarchie des puissances et des émetteurs de GES avait évolué ! Or les réticences des Etats émergents et des PED s’expriment car ils ne veulent pas voir leur développement économique entravé par des mesures considérées comme trop contraignantes pour eux, alors que de nombreux Etats développés n’ont pas respecté les leurs (E-U, Canada, Australie…). Enfin de nombreuses firmes industrielles n’ont pas intérêt à ce que ces engagements soient mis en œuvre rapidement. Elle soutiennent financièrement les discours climato-sceptiques radicaux, exercent un lobbying important dans les débats politiques.      

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