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Thème 3 : histoire et mémoires, objet de travail conclusif

20 Janvier 2022 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #Term HGGSP

Thème 3 : histoire et mémoires, objet de travail conclusif

L’histoire et les mémoires du génocide des Juifs et des Tsiganes

 

Comment l’histoire du génocide des Juifs et des Tsiganes s’inscrit-elle dans la mémoire collective ?

 

Introduction : l’écriture de l’histoire et l’affirmation des mémoires de la seconde guerre mondiale en France 

Dans l'immédiat après-guerre, il y a eu une collecte d’informations sur la guerre et la déportation, pourtant elle n'a pas permis l'affirmation de toutes les mémoires. C’est la nécessité de pacifier le pays, d’effacer les divisions issues de la période du régime de Vichy qui va déterminer la construction des premières mémoires.

Est élaborée une mémoire officielle qui minimise la collaboration du régime avec les nazis -Pétain aurait préservé l’indépendance de la France- et qui met en valeur la mémoire de la résistance des Français. Les historiens utiliseront le néologisme résistancialisme pour désigner le mythe selon lequel les Français auraient unanimement et naturellement résisté depuis le début de la Seconde Guerre mondiale. Même s’ils n’y croient pas, les Français adhèrent à ce discours mémoriel.

Lors de son retour en politique (1958), De Gaulle utilise la mémoire de la résistance à des fins politiques. Le parallèle avec la vie politique en France au début de la Vème République est évident. De Gaulle veut dépasser les clivages politiques et rassembler tous les Français, comme cela a été fait après 1945. De Gaulle entretient cette mémoire : Lieux de mémoire (Mont valérien), cérémonies de commémoration (cendres de J. Moulin au Panthéon) ; Concours national de la Résistance en 1961.

Les autres mémoires sont refoulées, notamment celle des victimes des génocides, les Juifs et les Tsiganes. Personne pour écouter, prendre en charge les rescapés revenus des camps (env. 2500/80 000). Lesquels ont la plus grande difficulté à s’exprimer, récupérer des biens et à trouver des coupables à leur déportation. Les documentaires, comme Nuit et Brouillard, évoquent à peine les déportés raciaux, effacent la collaboration de la France.

 

Les années 70 sont une période de doutes et de contestations de l’ordre politique et social d’après-guerre. C’est une période de retournement de la mémoire (ou tournant mémoriel), avec la prise de conscience de la collaboration, de l’ampleur du martyr des juifs.

Un documentaire de Marcel Ophuls, le Chagrin et la Pitié, 1971, montre l’occupation comme une période de passivité ou de collaboration. Le travail des historiens montre l’ampleur de celle-ci. D’abord, le travail de l’historien américain R. Paxton en 1973, qui démontre que le régime de Vichy était profondément conservateur, réactionnaire, collaborateur et antisémite …

Les années 1980-1990 sont donc une période de soupçons et de recherche de coupables avec les grands procèsdes fonctionnaires de Vichy : Paul Touvier, Maurice Papon. Les historiens participent aux procès (cf introduction).

Depuis les années 80, avec l’influence des associations commémoratives, des productions cinématographiques (notamment Shoah de Claude Lanzmann), une mémoire propre au génocide juif se met en place.

Mais le 16 juillet 1995, le Président J. Chirac reconnait officiellement le rôle de l’Etat français dans la déportation des Juifs. Un devoir de mémoire s’impose. En 1990, la loi Gayssot permet de condamner les négationnistes.  Un devoir de mémoire est instauré par l’Etat (cf Jalon1).

 

Jalon 3 : le génocide dans la littérature et au cinéma

 

- Au cinéma  

 

1) Quelle question fondamentale soulève l’allusion à la shoah au cinéma ? La question principale demeure la représentation de la shoah au cinéma. Pour certains cette réalité est indicible, non représentable ; pour d’autres, tout drame, tout chagrin peut être transformé en histoire.

 

2) A partir de l’article et des documents du livre pages 200-201, complétez le tableau ci-dessous avec des arguments et exemples

 

 

Argument en faveur

Argument contre

Exemple de film/série, ce qui est accepté, dénoncé

Fiction

Irréaliste

Toutes les violences, tous les traumatismes peuvent être transformées en fiction

 

Ne pas laisser la mémoire du génocide aux seuls témoignages des survivants et de leurs descendants

 

Possibilité de faire une fiction réaliste sur les camps sans en représenter l’horreur et faire du sensationnalisme

Réalisme impossible, réalité atténuée pour être supportable ;

 

 

Esthétisation de la violence et de la mort

 

Mélange entre réalité et fiction encourage le discours négationniste en créant confusion

 

Banalisation de la violence : spectacle, voyeurisme,

Série Hunters 2020 (scène de barbarie nazie non réelle), série Holocauste, 1978 (représentation mise à mort) ; film La Vie est belle, 1997 (comédie dans le cadre des camps)

Plus réaliste

Kapo, 1960 ; La liste de Schindler, 1993 (représentations de la violence, de l’horreur)

Le fils de Saül (point de vue d’un sonderkommando, pas de vision claire de l’horreur environnante)

 

 

Film-documentaire

 

 

 

 

 

 

Montrer des images du génocide

 

Importance donnée aux images et aux témoignages, pas de fiction

Tout repose sur la façon dont sont montrées et commentées les images choisies, sont mis en scène les témoignages. Ne sont pas de véritables documentaires scientifiques

 

Nuit et brouillard, 1956 (images non contextualisées, ne fait pas la distinction entre les camps, évoque à peine les déportés raciaux, jugements dans les commentaires)

Pas d’image du génocide

Shoah, 1985 (seulement des témoignages et des images actuelles)


- dans la littérature : dossier pages 198-199  

 

                  Les mêmes interrogations se posent pour la littérature. Certains considèrent que la littérature doit dépasser les chiffres, la description de la mise à mort ou l’abstraction des études historiques et montrer les destins, la singularité de chaque victime. D’autres considèrent qu’il est « absurde » de décrire les camps avec des mots car « le langage humain a été inventé pour autre chose » (Rüth Klüger, juive autrichienne déportée à Auschwitz en 1944 morte en 2020).

 

2 et 3) Classez les œuvres littéraires sur la shoah en fonction de leur forme et de l’expérience de leur auteur.

 

 

Expérience vécue

Formes et titres

Témoignages de victimes pendant l’extermination

Dans les ghettos, dans la clandestinité, dans les camps

Journal intime : Journal d’Anne Franck (morte à Bergen-Belsen) ; témoignages, poèmes, récits retrouvés dans les ghettos et camps (manuscrits de sonderkommandos d’Auschwitz)

 

Témoignages des survivants

Dans les ghettos, dans les camps

Primo Levi, Si c’est un homme ;

Jean Cayrol qui est l’auteur et le narrateur du documentaire Nuit et Brouillard

Elie Wiesel

Récits de descendants de victimes ou survivants

Aucune. Cherche à combler « l’absence d’histoire » personnelle ; travail à la transmission de la mémoire du génocide

George Perec (orphelin de la shoah), La disparition, W ou le souvenir d’enfance

Art Spiegelman, Maus utilise pour la bande dessinée

Œuvres d’auteurs sans lien avec les évènements narrés

Cherchent un moyen d’évoquer les camps, le génocide, sans description directe considérée comme indécente

 

 

/ par opposition à la

littérature accusée d’exercer un attrait morbide pour la barbarie et banalise le mal.

La littérature évoquant la shoah abondante ; En France : Patrick Modiano dont les thèmes littéraires sont l’absence, la mémoire et qui a écrit le scénario de Lacombe Lucien ;

 

 

 

Littérature française du côté des bourreaux : Robert Merle, La mort est mon métier ; Jonathan Littell, les Bienveillantes … très critiqués

 

 

Jalon 2 : juger les crimes nazis après Nuremberg

 

Quels sont les enjeux judiciaire, historique et mémoriel des procès organisés contre les criminels nazis après 1946 ?

 

5) Les difficultés sont : retrouver les criminels, certains ayant fui à l’étranger (Eichmann en Argentine) ou ayant changé d’identité ; prouver l’ampleur du crime et la présence de l’accusé sur les lieux ; collecter des témoignages et poursuivre les enquêtes dans la durée avant que les accusés et témoins ne meurent. Les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles, en 2021, un gardien de camp de concentration centenaire doit être jugé !

 

Montrez que les procès contre les criminels nazis poursuivent un objectif judiciaire, historique et mémoriel :

Thème 3 : histoire et mémoires, objet de travail conclusif

Jalon 1 : lieux de mémoire du génocide des juifs et des Tsiganes

Quels sont les enjeux de la mise au jour et de la transformation en mémoriaux des lieux du génocide ?

Vocabulaire :

Mémorial : lieu de mise en scène publique de la mémoire

- La mise à jour des lieux des crimes de masse

A partir des documents pages 192-193, complétez le schéma suivant :

Thème 3 : histoire et mémoires, objet de travail conclusif

- Les mémoriaux

 

Dossier page 194-195 :

1) Les mémoriaux peuvent être créés par :

Des individus qui collectent et exposent des archives, objets, témoignages ; des groupes de rescapés, associations qui construisent un monument dans un lieu pour rappeler un crime de masse ; un musée, un organisme chargé de mettre en scène la mémoire du génocide (Le Yad Vashem à Jérusalem) ; un Etat qui reconnait officiellement sa participation à un crime de masse (Allemagne, France…) ou met en scène la mémoire du crime perpétré sur une partie de sa population en construisant un mémorial (musée, monument…). Pour exemples le Mémorial de l’Holocauste à Washington, le Mémorial de la Shoah à Berlin ou le Mémorial de la Shoah à Paris en 2005, qui reprend l’initiative ancienne de collecte d’archives d’Isaac Schneersohn et le Mémorial du Martyr Juif.

2) Collecter des informations, transmettre aux générations futures la mémoire du génocide et la répandre dans le monde entier. 

4) Les mémoriaux attirent des populations du monde entier et le comportement de certains visiteurs n’est pas toujours adapté aux messages transmis. Le tourisme des lieux de catastrophes et de mort s’appelle le Dark Tourism. 

Thème 3 : histoire et mémoires, objet de travail conclusif
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