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Histoire et mémoires (thème 3)

14 Janvier 2022 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #Term HGGSP

Histoire et mémoires (thème 3)
Histoire et mémoires (thème 3)

1) Les termes du sujet

Qu’est-ce que la mémoire ? C’est la faculté pour un individu, un groupe de conserver et de se remémorer des connaissances, des évènements, des faits. Ces derniers sont triés, sélectionnés, la mémoire est donc un rapport subjectif au passé. La mémoire est individuelle ou collective (groupe, Etat). Elle permet d’unir les membres d’une collectivité, l’Etat peut donc avoir une politique mémorielle, donner un point de vue officiel sur un évènement ou un fait, le commémorer (le rappeler officiellement) et instaurer un devoir de mémoire, c’est-à-dire une obligation morale de s’en souvenir. Des lois mémorielles vont exprimer ce point de vue et permettre de lutter contre ceux qui le nie (négationnistes). Des mémoires de groupes différents peuvent se heurter, on parle de conflits mémoriels.

L’histoire est une connaissance et une écriture du passé qui se veut la plus objective possible, qui prétend fournir une compréhension ou une interprétation du passé. Elle travaille à partir d’un questionnement et de sources. Elle peut donc utiliser les mémoires comme sources, mais aura forcément un regard critique sur celles-ci. L’historien peut donc entrer en opposition avec les mémoires portées par des groupes, voire par l’Etat.

 

Quels rapports la mémoire et l’histoire entretiennent-elles ? Comment ces deux modalités de rapport au passé sont-elles utilisées par les pouvoirs politiques ?

 

2) histoire et mémoire du Second Conflit Mondial en Russie : ses usages politiques par Vladimir Poutine

 

- Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=2uiNFLSpib0 Reportage Arte : la Russie, la mémoire contrariée, 2021.

 

                  1) Quelles mémoires et récits historiques se heurtent dans la célébration de la fin de la « grande guerre patriotique » (9 mai 1945) ? Se heurtent les mémoires et récits des Européens face à ceux des Russes. L’opposition porte sur l’action du gouvernement soviétique pendant le second conflit mondial, notamment lors son déclenchement et sur la part qui incombe à l’Armée rouge dans la victoire finale. Les Européens, pour répondre aux souhaits des Etats de l’Est (Pologne, Etats baltes) mettent en cause Staline et le régime soviétique pour la première partie du conflit (1939-41 : alliance avec régime nazi, invasion de la Pologne…) et minimisent l’action de l’Armée rouge dans la libération finale.

                  2) Quelle politique mémorielle l’Etat russe met-il en œuvre ? L’Etat russe réhabilite l’action de Staline, minimise son alliance avec l’Allemagne nazie, minimise les purges et exactions commises par le régime et glorifie l’action de l’armée rouge, le sacrifice de millions de Soviétiques pour apporter la victoire finale (pertes militaires totales de 8-10M de morts ou disparus). 

                  3) Quels usages politiques V. Poutine fait-il de cette opposition des mémoires et des récits historiques ? Poutine veut faire de La Russie une grande puissance, un statut perdu en 1991 avec la chute de l’URSS. Au reste du monde, il rappelle le rôle joué par l’URSS pendant la 2ème guerre mondiale pour apporter la paix et créer un nouvel ordre mondial stable. Pour se maintenir au pouvoir, il exalte le patriotisme russe en rappelant les sacrifices passés et unit les Russes avec un discours qui présente les Occidentaux comme une menace pour la Russie.

                  4) Quelle est la crainte des historiens russes ? Pour les historiens russes, la crainte est que le récit officiel sur le régime stalinien et la 2ème Guerre mondiale ne corresponde plus aux recherches menées. Les historiens peuvent être empêchés de poursuivre leur travail et les associations qui enquêtent sur les crimes staliniens peuvent être dissoutes. A la fin de l’année 2021, l’ONG défendant les droits de l’homme « Memorial », qui travaille sur les exactions du régime soviétique, est considérée comme « agent de l’étranger » et interdite. Au même moment l’historien du goulag Iouri Dimitriev est condamné pour violences sexuelles. Ses défenseurs y voient une « mesure de représailles ». 

 

                                3) HISTOIRE ET JUSTICE.

 

- Le contexte historique de la création des notions juridiques pour qualifier et juger les crimes de masse. A partir du dossier pages 154-155 et de la carte pages 150-151, complétez le schéma ci-dessous.

 

 

- La place des historiens dans les grands procès pour crime de masse

Quelle place pour les historiens dans les tribunaux chargés de juger les accusés de crime de guerre ou de crime contre l’humanité ? Cette place est reconnue. Les historiens peuvent apporter leur expertise, leur connaissance des évènements. Ils sont considérés comme étant proches de la « vérité », leur parole n’est pas un simple « témoignage », comme celui du témoin ou de la victime.

Pourtant, l’intervention de l’historien peut ne pas être utilisée à bon escient. Lui veut faire émerger une vérité claire sur les évènements et éventuellement lui attribuer une « fonction pédagogique » pour le grand public. La victime veut une réparation et la condamnation des coupables, le juge veut pouvoir trancher entre culpabilité ou innocence en respectant des règles juridiques. Or l’historien peut s’enliser dans les oppositions multiples quand ses recherches ne permettent pas de répondre aux questions de la justice car il ignore « la vérité » ou que les débats judiciaires ignorent des pans entiers de la réalité historique.

Le jugement des crimes de masse

Le jugement des crimes de masse

Axe 1 : histoire et mémoires des conflits

 

 

                  Comment les conflits et leurs récits historiques s’inscrivent-ile dans les mémoires dans les mémoires des populations ?

 

                  Jalon 1 : un débat historiographique et ses implications politiques : les causes de la 1ere Guerre mondiale

 

Pourquoi la question des causes de la Grande Guerre constitue-telle un enjeu historique et politique ?

https://www.youtube.com/watch?v=am62S6SaMxk&t=615s Vidéo (de 2 min. 15 s.  à 9 min. 15 s. ). 

 

1. Dites quelle place occupe le débat sur les origines de la guerre selon l'historien Stanislas Jeannesson dans l'historiographie et précisez quels enjeux cette question soulève. 

L’historiographie est la discipline qui étudie les historiens dans leur contexte politique et culturelle, leur conception de l’histoire, leur méthode et les usages de leur récit.

Cette place est fondamentale car ce débat pose la question de la responsabilité et de la culpabilité.

2. Dites quelles sont les différentes réponses qu'il est possible d'apporter aux origines de la guerre. 1) la responsabilité des empires centraux, de l’Allemagne surtout (art. 231 de Versailles) ; le choc des impérialismes (thèse marxiste) ; la montée des nationalismes, les tensions et le système des alliances

3. Dites quelle réserve l'historien Stanislas Jeannesson émet sur toutes ces explications. Il présente la guerre comme inévitable, les historiens cherchent plus à démontrer (la responsabilité de …) qu’à comprendre. Il insiste sur la nécessité d'appréhender tous les mécanismes qui ont conduit au déclenchement de la guerre.

Dossier pages 162-163 :

https://www.youtube.com/watch?v=WcSCGt_YGbQ Vidéo Gerd Krumeich, le feu aux poudres…

Complétez la chronologie à partir des vidéos et des documents du livre

Chronologie des débats historiques sur les causes du premier conflit mondial

Chronologie des débats historiques sur les causes du premier conflit mondial

L’exemple de la 1ere guerre mondiale montre comment le récit des historiens s’inscrit dans son contexte historique et culturel.

Après la 1ere GM, à la suite du Traité de Versailles, la recherche des causes coïncide avec celle de la responsabilité-culpabilité de l’Allemagne. 

Dans les années 30, pour ménager les nazis et défendre la paix, les discours sont moins vindicatifs et les responsabilités partagées. Ce point de vue coïncide avec celui des auteurs marxistes.

Après la 2e guerre mondiale, la thèse des causes multiples et des responsabilités partagées s’impose dans un contexte de construction européenne. Voilà pourquoi l’ouvrage de Fischer a constitué un choc, l’auteur jugeant sévèrement l’Allemagne, de Bismarck à Hitler, pour les conflits du début du XXe s.

Les débats sont relancés au début du XXIe s. pour le centenaire de la 1ere guerre mondiale avec des approches différentes.

Pour en savoir plus :  https://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p1_2030053/les-causes-de-la-premiere-guerre-mondiale-les-implications-politiques-d-un-debat-historique    

Il en est de même en France pour l’écriture de l’histoire de la 2e Guerre mondiale et du génocide juif (cf travail conclusif)

 

 

                  Jalon 2 : Mémoires et histoire d’un conflit, la guerre d’Algérie

https://www.dailymotion.com/video/xp5y7x  Extraits du documentaire de B. Tavernier, la guerre sans nom, 1992.

https://www.franceinter.fr/emissions/le-7-9/le-7-9-du-jeudi-09-decembre-2021 01h22 30” 01h 32’ 35”

Comment les mémoires de la guerre d’Algérie émergent-elles progressivement dans le débat public en France ? Quelles sont les modalités et le politique mémorielle menée en France ?

 

- Les acteurs des « évènements d’Algérie »

Les acteurs de la guerre et leur positionnement

Les acteurs de la guerre et leur positionnement

Après 1962, il y a une réelle volonté d’oubli de la part de l’Etat français et des Français. Dans les années 1990-2000, ces mémoires blessées émergent sous l’impulsion des acteurs et de leurs descendants, d’historiens n’ayant peu ou pas connu les évènements et d’hommes politiques, simples appelés ou nés après la guerre (J. Chirac, E. Macron).

 

Dossier pages 165-165 : 

 

1) Ces groupes sont nombreux, souvent opposés, et concernent plusieurs générations :

- les Harkis, supplétifs algériens de l’armée française, et enfants de Harkis ; Pieds noirs et enfants de pieds noirs rejetés d’Algérie et souvent mal accueillis en France ; dont les juifs d’Algérie naturalisés en 1870 et quelques musulmans naturalisés qui ont fait le choix de partir en France.

- les immigrés algériens en France et enfants d’immigrés. Des exactions ont été commises contre ces immigrés pour leur supposée connivence avec le FLN (massacre du 17 octobre 1961)

- soldats professionnels et soldats du contingent plus ou moins impliqués ou témoins actes de crimes de guerre

-En France : partisans de l’Algérie française : politiques, membres de l’OAS face aux partisans de l’indépendance (politiques, sympathisants du FLN ou « porteurs de valise »), certains ayant été persécutés par l’Etat français.   

 

2) Il s'agit de "mémoires blessées" parce qu’elles sont marquées par la violence, la guerre et le rejet. Parce qu’elles sont marquées par l’oubli et le déni qui ont fait que cette mémoire a été occultée sur une durée plus ou moins longue. Tous ces éléments font donc que ces mémoires sont blessées. De plus, parce que les acteurs et leurs descendants pèsent sur l’écriture historique et font qu’elle est difficile. Parce qu’ils pèsent aussi sur la construction d’une mémoire officielle d’Etat. Parce qu’ils pèsent sur le débat politique, notamment à droite.

 

3) Les premiers travaux remontent au temps de la guerre et soulignent rapidement les exactions commises par l’armée française. Ces travaux sont le fait d’historiens qui ont connu et souvent dénoncé le conflit. Puis, les historiens qui ont connu le conflit pendant leur enfance, comme Benjamin Stora ou ne l’ont pas connu, comme Guy Pervillé, sont sollicités pour les commémorations et tenter de réconcilier les mémoires. Ainsi Benjamin Stora, en 2021, produit un rapport pour le président de la république dans lequel il formule des préconisations pour cette réconciliation.  

 

4) Par les reportages, les documentaires, les films, les rencontres entre les témoins et/ ou descendants des témoins…

Le cinéma de la guerre d’Algérie :

- les films et documentaires sont anciens, contemporains de la guerre elle-même et parfois interdits.

- Une production cinématographique importante avec des films et documentaires marquants : le petit soldat (1960), la bataille d’Alger (1966), Avoir 20 ans dans les Aurès (1971), l’ennemi intime (2007) et le documentaire de Bertrand tavernier, la Guerre sans nom (1992)…

 

Dossier pages 166-167 :

1) Le 18 octobre 1999, l’Etat français reconnait officiellement que les « évènements d’Algérie » sont une « guerre ». C’est la reconnaissance pour les soldats de métier, les appelés, les blessés et les familles des morts que leur engagement est comparable à celui des combattants des autres guerres. Ce texte vaut également pour les « supplétifs », c’est-à-dire les harkis.

2) Le devoir de mémoire se fait par :

Le fixation d’une date commémoration qui fasse consensus en 2012 : le 19 mars, journée nationale du souvenir et de recueillement ». Cette date, celle du cessez le feu en Algérie, a été contestée car pour beaucoup (harkis, pieds-noirs) elle ne symbolise pas la fin des exactions et des traumatismes.

Des gestes politiques et symboliques forts : reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans la pratique de la torture et de la mort de Français opposés au conflit (Maurice Audin par Emmanuel Macron en 2018) ; plaques commémoratives, comme celle du Pont saint Michel en 2001 pour rappeler la mort de manifestants algériens à Paris le 17/10/1961.

La construction d’un lieu de mémoire, un mémorial national, pour les combattants de la guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie, à paris en 2002.

 

Bilan :

Il n’y a pas de mémoire consensuelle sur la guerre d’Algérie :

Parce que les mémoires des acteurs et de leurs descendants s’opposent toujours, il y a un conflit mémoriel entre ces groupes en quête de reconnaissance politique et sociale ;

Parce que les actions de l’Etat en faveur de ces groupes sont l’objet de vives tensions politiques ;

Parce que ce travail de mémoire et de vérité n’a pas été fait en Algérie et que les tensions entre les deux pays demeurent vives (cf Article du Monde).

Histoire et mémoires (thème 3)

Axe 2 : histoire, mémoire et justice

 

Comment la justice se saisit-elle des génocides et crimes de masse ?

 

                  Jalon 1 : les tribunaux gacaca face au génocide des Tutsis. (1994-2012)

 

https://www.franceculture.fr/politique/le-regard-du-pouvoir-rwandais-sur-la-france-et-le-genocide-de-1994

Le contexte :

- Une guerre civile entre deux parties de la population du Rwanda : les Tutsis et les Hutus. A partir de l’Ouganda les Tutsis, dirigés par Paul Kagame, tentent la conquête du pouvoir, la majorité hutue est radicalisée par des extrémistes.

- La destruction de l’avion du président rwandais, le 6/04/1994, est l’évènement déclencheur (attribuée à l’insurrection tutsie) d’une extermination massive de la population tutsie et des Hutus modérés. Le génocide a lieu entre avril et juillet 1994 et fait 800 000 victimes.

- L’ONU envoie des soldats, essentiellement Français, dans le S-O du pays. L’action des Français est critiquée car leur zone est à la fois un refuge pour les Tutsis et un point de passage pour les Hutus coupables de génocide qui s’enfuient vers la RDC devant l’avancée le Front Patriotique Rwandais de Paul Kagame. Des massacres y ont lieu, les armes y circulent. 2021 : le président Macron reconnait l’aveuglement et la responsabilité de la France dans certaines situations.   

- Un TPI pour le Rwanda est mis en œuvre en Tanzanie en novembre 1994 mais son action est critiquée : procédures longues et coûteuses, les principaux responsables n’y sont pas condamnés, les crimes du FPR ne sont pas concernés, les témoins ne sont pas suffisamment considérés … Des accusés sont aussi condamnés dans les pays où ils se sont réfugiés, quand les juridictions nationales sont aptes à entamer des procédures (France, Belgique).

 

Au Rwanda, le système judiciaire est incapable de juger des milliers de prévenus. A partir de 2005, des tribunaux participatifs appelés gacaca, inspirés des assemblées traditionnelles, sont mis en place dans tout le pays.

Comment les gacaca prennent-elles en charge l’œuvre de justice et de réparation après le génocide ?  

1) Les procès sont organisés localement pour juger les habitants coupables. Le génocide n’a pu être organisé qu’avec la participation massive de la population hutue. Ils reprennent la forme des anciennes assemblées locales, sont dirigés par un juge, des chefs locaux et font participer la population. Ce sont des tribunaux populaires qui ont exercé jusqu'en 2012.

2) La procédure privilégiée est celle de la condamnation des coupables mais aussi de la réconciliation par la connaissance précise de tous les évènements. La reconstruction précise du génocide doit souligner les parts de responsabilité du gouvernement hutu, des extrémistes et de la population radicalisée et armée. C’est la solution choisie par le président kagame, meilleure selon lui que l’amnistie générale ou l’épuration revancharde.

3) Les tribunaux ont une grande efficacité, 86% des personnes déférées ont été condamnées. Les critiques portées contre les gacaca concernent les procédures : fausses accusations, qualité de la défense pour les accusés, qualité des témoins, pression du gouvernement lorsque les actions du FPR sont évoquées.

 

                  Bilan : il s’agit dans le cas du Rwanda d’une « justice réparatrice », d’une réconciliation passant par la connaissance des faits et le jugement des coupables. Cette démarche fut aussi celle de l’Afrique du Sud à la fin de l’Apartheid au milieu des années 1990 avec la commission de la vérité et de la réconciliation. Cette voie s’oppose à celle de la France en 1945 qui a connu les purges, quelques procès exemplaires (Pétain et Laval) et finalement les lois d’amnistie.   

 

 

                  Jalon 2 – Le Tribunal Pénal International de l’ex-Yougoslavie (1993-2017)

Devant l’impuissance de la communauté internationale à mettre fin aux conflits et aux violences de masse qui les accompagnent, l’ONU crée, en plein conflit, un tribunal afin de faire savoir aux protagonistes qu’ils vont y comparaître : le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).  

Comment le TPIY a-t-il transformé le paysage du droit international humanitaire ?

 

https://www.youtube.com/watch?v=mK-en73K6-E (Jusqu’à 26’40) Vidéos HG/ 2000 et aujourd’hui

Dossier pages 180-181

1) Le Tribunal est créé en pleine guerre dans l’ex-Yougoslavie (1992-2000), notamment pendant les affrontements entre communautés en Bosnie Herzégovine (1992-1995). La République de Bosnie qui se déclare indépendante est peuplée de Bosniaques, de Serbes et de Croates. Les Serbes de Bosnie, soutenue par la Serbie, font sécession et déclenche la guerre en 1992. Les missions du tribunal sont de montrer aux militaires et politiques de l’ex-Yougoslavie que leurs actes peuvent les conduire devant la justice internationale. Le président Milosevic qui signe les Accords de Dayton en 1995 est mis en accusation dès 1999…

2) Crimes de guerre et crime contre l’humanité, notamment pour nettoyage/épuration ethnique. Les Belligérants, serbes surtout, souhaitant créer des zones ethniquement homogènes, ont déplacé des populations, créé des camps de concentration et commis des massacres. 

3) Le bilan semble positif, les principaux acteurs, Slobodan Milosevic, Radovan Karadzic (président des Serbes de Bosnie) et Ratko Mladic sont mis en accusation et condamnés, pour les deux derniers, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Le TPIY a montré que les militaires et politiques ne sont pas à l’abri de poursuites et de condamnations par des tribunaux.  

4) Le dessinateur met en cause l’ONU, notamment l’action des forces armées, les casques bleus. Ces derniers ne pouvant intervenir, parce que leur action était humanitaire (soigner et ravitailler les populations civiles), ont laissé se perpétrer les actions en cours : massacre de Srebrenica, siège de Sarajevo.

 

https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-des-idees/le-journal-des-idees-jeudi-23-novembre-2017

Bilan : une justice internationale qui a surtout condamné les Serbes et qui a ignoré les exactions commises par les autres camps (Kosovars, Croates …), qui n’a pas évoqué la position des forces dans l’ONU pendant la guerre. La paix de 1995 n’a pas empêché la poursuite de l’homogénéisation ethnique des territoires par déplacements souvent définitifs de populations.

Une action longue de la justice qui n’a pas permis la réconciliation et la construction d’une mémoire des évènements qui pourraient empêcher de nouvelles violences.

 

Surtout, les TPI fonctionnent que si la communauté internationale s’accorde pour juger les criminels. Depuis, elle a montré son désaccord lorsque plus récemment elle a souhaité juger les crimes commis par les régimes syrien et birman.

Le statut de Rome est le traité international qui a conduit à la création de CPI en 1998; La CPI est entrée en vigueur en 2002

Le statut de Rome est le traité international qui a conduit à la création de CPI en 1998; La CPI est entrée en vigueur en 2002

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