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Thème 1, le travail conclusif. La Chine а la conquête de l’espace, des mers et des océans

14 Octobre 2021 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #Term HGGSP

Thème 1, le travail conclusif. La Chine а la conquête de l’espace, des mers et des océans

Objectif : transformer le texte en croquis

En vous aidant du texte trouvez les éléments du texte qui peuvent retenus dans la légende et mis en croquis ou schéma. Trouver des figurés adaptés et faites des croquis et schéma soignés en vous aidant des cartes et croquis du livre p. 56-61. Vous pouvez recopier votre légende dans une copie double.

 

Le 3 janvier 2019, la Chine est devenue la première nation à réussir l’alunissage d’un module sur la face cachée de la Lune. L’alunissage de ce module, baptisé Chang’e 4, du nom de la déesse de la Lune dans la mythologie traditionnelle chinoise, a fait franchir un pas décisif à l’«empire du Milieu » dans la course à l’espace.

En effet, que ce soit au niveau des mers ou de l’espace, la Chine affiche de plus en plus ouvertement ses ambitions de conquête. Le président Xi Jinping a d’ailleurs assigné un double objectif à son pays à l’horizon 2049 (date qui commémorera les 100 ans de la République Populaire de Chine) : dépasser les États-Unis en devenant la première puissance spatiale et réunifier la Chine, en lui rattachant Taïwan. Les velléités chinoises s’expriment ainsi de manière très concrètes dans un élan d’appropriation des océans et de l’espace.

Dans un premier temps, nous analyserons les ambitions chinoises de conquête de l’espace, puis nous nous intéresserons à l’affirmation de la puissance chinoise par la maîtrise des mers et les océans.

 

La Chine à la conquête de l’espace

                  Si l’URSS parvient à placer en orbite le premier satellite artificiel de l’histoire, le Spoutnik, en 1957, il faut attendre 1970 pour que la Chine réalise un exploit similaire. La RPC est ainsi au second plan de la course à l’espace américano-soviétique

Cependant, depuis le début des années 1990, la Chine a rattrapé son retard et ambitionne de devenir la première puissance spatiale dans un futur proche.

                  La Chine : première puissance spatiale du futur ?

                  Longtemps distancés par les Américains, les Russes et les Européens dans le domaine de l’exploration spatiale, les Chinois ont réalisé un grand bond en avant dans ce domaine depuis le milieu des années 1990.

En 2003, la Chine parvient à envoyer le premier taïkonaute (Nom spécifique donné aux spationautes en Chine) de l’histoire dans l’espace.

Cinq ans plus tard, en 2008, Zhai Zhigang est le premier Chinois à effectuer une sortie extravéhiculaire dans l’espace, démontrant les rapides progrès de la Chine dans le domaine spatial. L’objectif de l’État chinois, tel que défini par l’actuel président, Xi Jinping (arrivé au pouvoir en 2013), est de détrôner les États-Unis dans ce domaine en faisant de la Chine la première puissance spatiale du monde.

Pour y parvenir, la Chine mobilise des moyens financiers et humains considérables. Ainsi 200 000 Chinois travaillent au sein du programme spatial chinois, soit autant de personnes qu’aux États-Unis, et le pays s’est doté d’un lanceur, baptisé Longue Marche, de conception 100 % chinoise et qui compte déjà plus de 300 lancements fructueux.

                  La Chine est ainsi, avec la Russie et son lanceur Soyouz, l’un des deux seuls pays au monde à détenir actuellement un lanceur opérationnel fabriqué à 100 % sur son territoire, ce qui assure l’indépendance de son programme spatial vis-à-vis des autres puissances engagées dans la course à l’espace.

Le programme spatial de la Chine est géré par l'Armée populaire de libération (APL) ce qui lui permet de bénéficier d’un budget conséquent (quoique difficile à évaluer, l’APL ne communicant que très rarement sur la question).

Si elle reste encore loin derrière les États-Unis qui investissent plus de 40 milliards de dollars par an dans l’exploration de l’espace, il est important de noter que la Chine consacre un budget de plus en plus important à son programme spatial (environ 6 ou 8 milliards de dollars par an).

La montée en puissance de la Chine dans le domaine spatial est d’ailleurs déjà visible. Elle est en effet devenue la puissance spatiale qui envoie le plus grand nombre de fusées annuellement (35 en 2020).

                  L’objectif à court terme de l’agence spatiale chinoise (CNSA) est d’envoyer des missions habitées vers la Lune entre 2025 et 2030. Cet objectif s’inscrit dans le cadre du programme Chang’e d’exploration et d’installation de stations de recherche sur le sol lunaire. Le 2 janvier 2019, la sonde Chang’e 4 est parvenue à se poser sur la face cachée de la Lune et a été en mesure d’en explorer le sol grâce à son rover. Ce projet d’exploration lunaire est un tremplin pour Pékin vers d’autres missions, plus ambitieuses encore, à destination de Mars, voire de Vénus et Jupiter. La première étape est atteinte dès le 15 mai 2021, puisque le pays parvient à faire atterrir son rover martien Zhurong (mission de la sonde Tianwen-1 vers Mars).

La mise en service du premier module de la station spatiale chinoise en avril 2021, Tianhe, s’inscrit dans la politique d’indépendance du programme spatial chinois. Des Taïkonautes chinois y résident déjà pour une longue période. L’espace permet également à la Chine d’obtenir son indépendance en matière de système de navigation. En 2020, la Chine a fini de déployer son propre système, Beidou, et peut se démarquer du GPS américain.

                  Marginalisée pendant la course à l’espace à l’époque de la guerre froide, la Chine a accompli d’importants progrès dans le domaine spatial depuis les années 1990, au point de pouvoir mener aujourd’hui un ambitieux programme en toute indépendance. Cet effort répond à la volonté des dirigeants chinois de coloniser l’espace et d’en exploiter les ressources.

                  Une volonté de coloniser l’espace et d’exploiter ses ressources

                  L’alunissage réussi de Chang’e 4 sur la face cachée de la Lune a été l’occasion pour la Chine de se livrer à plusieurs expériences. La mission Chang’e 4 s’est en effet posée sur le site stratégique du bassin Aitken, au pôle Sud, cratère qui abrite d’importantes quantités de glace d’eau, ce qui en ferait le site idéal pour l’installation d’une base lunaire habitée permanente. En 2020, la mission Chang’e 5 est d’analyser le sol et de rapporter des prélèvements de matériau lunaire sur la partie visible du satellite. Une nouvelle mission de prélèvements d’échantillons lunaires au pôle Sud lunaire est prévue pour les années à venir.

                  À travers ces missions, la Chine teste la viabilité de son projet de colonisation (projet d’habitation permanente, et au moins en partie auto-suffisante, d’installation humaine en dehors de la Terre) de la Lune.

Au-delà de préoccupations scientifiques, le projet de colonisation de la Lune par les autorités spatiales chinoises est lié à des considérations plus matérielles, comme l’exploitation des ressources spatiales, et en particulier des minerais. En effet, certains astéroïdes, et très probablement le sous-sol lunaire lui-même, regorgent de métaux, minerais et terres rares indispensables aux industries du numérique, mais également aux industries spatiale et nucléaire.

Dans un avenir plus proche, l’installation d’une base habitée permanente sur la Lune pourrait servir de base de ravitaillement à des expéditions spatiales aux objectifs plus lointains. Outre les métaux et terres rares présents dans l’espace, qui pourraient permettre la construction de vaisseaux spatiaux, l’hélium, l’eau (transformée en hydrogène liquide) et l’oxygène contenu dans l’eau lunaire pourraient servir de carburant à ces vaisseaux.

                  Le programme spatial de la Chine a d’ailleurs son pendant sur terre et sur mer : le développement des nouvelles routes de la soie.

 

L’affirmation de la puissance chinoise à partir des mers et des océans

                  En Chine, les populations et les activités se concentrent sur le littoral : 43 % de la population du pays y vit, la majeure partie des industries de la deuxième puissance économique du monde y sont implantées, et 11 des 15 premiers ports du monde sont chinois. La mondialisation aidant, les mer et océans prennent ainsi de plus en plus d’importance dans l’affirmation d’une puissance.

                  L’affirmation de la Chine comme puissance maritime régionale

Si les tensions autour de la question des frontières maritimes en mer de Chine méridionale sont vives depuis longtemps, ces dernières se sont néanmoins accrues à partir de 1982, date de ratification par les Nations unies de la convention de Montego Bay sur le droit de la mer.

La Chine, qui considère la mer de Chine méridionale comme sa « porte Sud » y revendique donc la possession de l’ensemble des îlots et archipels qui en constellent la surface. Elle entre ainsi en concurrence avec les autres États de la région, c’est-à-dire les Philippines, l’Indonésie, le Vietnam, la Malaisie, Brunei et Taïwan (dont la Chine n’a jamais reconnu la séparation en 1949).

                  Les motivations chinoises sont tout d’abord nationalistes.

La République populaire de Chine ne reconnaît pas la sécession de Taïwan, décrétée de facto en 1949, lorsque le chef du parti nationaliste chinois s’y replie suite à la victoire des communistes après des décennies de guerre civile. Depuis cette date, le Parti communiste chinois a pour dessein d’en reprendre le contrôle.

                  Mais les motivations de la Chine sont également liées aux ressources naturelles et énergétiques exploitables en mer de Chine. Les ressources halieutiques y sont abondantes, bien que surexploitées et menacées. En outre, le Vietnam y exploite des gisements pétroliers off-shore convoités par son puissant voisin.

Deux archipels sont particulièrement au cœur des tensions en raison de leur position géostratégique : l’archipel des îles Paracels, au large du Vietnam, et les îles Spratleys, revendiquées par la Chine, le Vietnam, les Philippines et la Malaisie. Des accrochages et des tensions épisodiques se produisent régulièrement comme l’arrestation et la détention prolongée de pêcheurs égarés ou la construction d’îles artificielles pour y installer des bases aéronavales.

Pour soutenir sa croissance démographique (la Chine est en 2019 le pays le plus peuplé du monde avec 1,4 milliard d’habitants) et sa croissance économique, l’empire du Milieu a besoin de diversifier et de sécuriser ses sources et ses voies d’approvisionnement.

                  Pour ces raisons, la Chine a développé une stratégie qualifiée de stratégie du collier de perles.

Concrètement, cette stratégie consiste pour l’État chinois à établir un maillage de la mer de Chine et de l’océan Indien en achetant, louant ou construisant des installations aéronavales qui s’étendent du littoral chinois aux rives des détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz.

C’est dans ce contexte que la Chine a inauguré en 2017 une base aéronavale à Djibouti où, jusqu’alors, n’étaient présentes que des forces aéronavales américaines et françaises.

Grâce à cette stratégie, la Chine assure la pérennité de son approvisionnement en pétrole depuis le Moyen-Orient et la sécurité de ses exportations en contrôlant des espaces sensibles (notamment du fait de la piraterie), comme le détroit de Malacca ou le large de la Corne de l’Afrique.

Ce déploiement de forces aéronavales lui permet également de soutenir ses revendications territoriales en mer de Chine et dans l’océan Indien en faisant peser une menace constante sur ses rivaux.

                  Pour mener à bien sa stratégie du collier de perles, la Chine modernise et augmente sa flotte de guerre à marche forcée. Le livre blanc chinois sur la défense nationale donne la priorité aux constructions aéronavales depuis 2008. En 2021, le nombre de navires de la flotte chinoise a dépassé celui de la flotte américaine. En outre, le pays a mis en eau un troisième porte-avions afin d’accentuer ses capacités de projection aéronavale et un 4e est en construction.

Si cette stratégie répond à des impératifs géopolitiques, elle est également destinée à affermir la puissance économique chinoise reposant sur les mers et des océans.

                  L’affirmation de la puissance économique chinoise à partir des mers et des océans

                  Les mers et les océans sont également un espace d’affirmation de la puissance chinoise à travers deux vecteurs : l’exploitation des ressources halieutiques, minérales et énergétiques off-shore et le déploiement par Pékin de ses nouvelles routes de la soie.

                  D’après des études indépendantes, la Chine a prélevé entre 3,4 millions et 6,1 millions de tonnes de poissons par an entre 2000 et 2011 en dehors de sa propre ZEE, dont les ressources sont durablement affaiblies par la surpêche. La majorité de ces prises provient donc désormais de zones de pêche en Afrique de l’Est, espace géographique au sein de laquelle Pékin exerce une influente diplomatie. Premier pays consommateur de fruits de mer au monde, la Chine est également la première puissance de pêche et d’aquaculture et ses besoins sont croissants, d’où l’importance des mers et des océans pour l’empire du Milieu.

Cependant, les ressources halieutiques ne sont pas les seules ressources présentes dans les espaces maritimes. Pour soutenir sa croissance, la Chine a un besoin croissant de ressources énergétiques.

Alors que les ressources en hydrocarbures terrestres se raréfient, elle se lance donc dans l’exploration et l’exploitation de ressources offshore situées sous le plancher océanique. Dans ce contexte, la Chine investit massivement dans les technologies d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures offshore.

Elle a notamment développé en 2018 une plateforme flottante géante (baptisée P67) de production, de stockage et de déchargement d’hydrocarbures offshore, capable de forer à une profondeur de plus de 9000 mètres.

                  Le projet de nouvelles routes de la soie, lancé par le président chinois Xi Jinping en 2013, consiste à relier la Chine au reste du monde, en particulier à l’Europe et à l’Afrique par des routes terrestres (routières et ferroviaires) et maritimes.

La route maritime, dont le principal tronçon serpente à travers l’océan Indien et s’étire jusqu’en Afrique de l’Est, avant de remonter plus au nord par la mer Rouge pour atteindre la Méditerranée via le détroit de Bab el-Mandeb et le Canal de Suez, a pour objectif officiel de favoriser les échanges entre la Chine et les régions intégrées au dispositif. En réalité, il s’agit dans un premier temps pour Pékin d’y renforcer son influence et d’écouler ses produits manufacturés et, dans un deuxième temps, de renforcer son hégémonie sur l’océan Indien et d’en contrôler les matières premières.

                  Pour concrétiser son projet, la Chine multiplie les investissements tous azimuts. Elle finance ainsi la construction d’infrastructures dans de nombreux pays au moyen de prêts colossaux. La Chine s’assure ainsi le contrôle de nombreux ports en Europe (le Pirée en Grèce, Trieste en en Italie), mais aussi au Pakistan, au Bangladesh, en Birmanie ou encore Colombo mis à disposition de la Chine par le Sri Lanka pour une durée de 99 ans (en échange de l’annulation des dettes contractées par ce pays auprès de Pékin). Ces ports font ainsi partie du collier de perles chinois. Profitant de la crise économique et sanitaire dans de nombreux Etats, la Chine obtient l’autorisation d’aménager des infrastructures portuaires au Portugal, en Algérie…  

Enfin, pour protéger ces nouvelles routes de la soie, la marine chinoise renforce sa présence dans l’océan Indien et au-delà. C’est dans ce cadre qu’elle participe à la lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden depuis 2009, au sein d’une force opérationnelle internationale, aux côtés notamment de l’armée française.

Grâce à son projet de nouvelles routes de la soie, la Chine tend à imposer son hégémonie sur l’océan Indien et renforce sa puissance commerciale en Méditerranée.

                  La Chine n’est pas en reste dans les autres océans. Dans l’océan Pacifique, elle souhaite établir un corridor commercial vers le Pérou, le Brésil et le Chili. En mai 2021, elle négocie avec le petit Etat-archipel de Kiribati, l’autorisation de construire des infrastructures pour accueillir des navires de commerce et de guerre. Cet ensemble d’îles est à mi-chemin entre Hawaï et l’Australie ! Depuis 2013, elle est membre observateur au Conseil de l’Arctique et multiplie ses investissements pour l’exploitation des ressources en Russie et Groenland (hydrocarbures et ressources halieutiques). Avec le projet route de l’Arctique, elle approche des pays des mer du Nord et Baltique. Son livre blanc de l’Arctique de 2018 la qualifie de « région voisine » et appelle à « utiliser les ressources d’une manière légale et rationnelle ». Il en va de même en Antarctique où Pékin remet systématiquement en cause l’hégémonie occidentale. Elle y installe une 5e base permanente et achève la construction d’un brise-glace à propulsion nucléaire.  

 

Pour en savoir plus : https://theconversation.com/la-chine-a-la-conquete-des-poles-142342 ; https://www.youtube.com/watch?v=q-GbqPLU0bk (grandes ambitions de la chine dans l’espace) ; https://theconversation.com/la-loi-chinoise-sur-les-garde-cotes-va-t-elle-provoquer-de-nouvelles-tensions-sur-les-mers-dasie-155417 (La Chine en Mer de Chine méridionale)

 

Thème 1, le travail conclusif. La Chine а la conquête de l’espace, des mers et des océans
Thème 1, le travail conclusif. La Chine а la conquête de l’espace, des mers et des océans
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