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S'informer : un regard critique sur les sources et modes de communication

26 Septembre 2021 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #SPE 1ere

S'informer : un regard critique sur les sources et modes de communication

Il n’a jamais été aussi facile de s’informer qu’aujourd’hui dans nos sociétés. Les citoyens des démocraties contemporaines disposent d’une masse d’informations considérable et aisément accessible.  Mais cette masse est de qualité variable et les citoyens ne sont pas toujours aptes à discerner les sources d’information fiables. Fournir une vision du monde correcte est donc un défi.

Discussion : Comment vous informez-vous ?

Omniprésence de l’information (trop ?) ; Immédiateté de l’information ; diversité des moyens pour transmettre l’information ; types de médias utilisés dépendent de l’âge, du contexte familial (accès individuel ou accès en famille à l’information ?), des médias accessibles (dépendent du contexte culturel et économique). 

1 - Définitions :

Qu’est-ce que l’information ? Etymologiquement l’information est « ce qui donne forme à l’esprit », à la fois le contenu (fait, évènement, renseignement) collecté, vérifié et transmis par des mots, des images, des symboles, ou des sons. La transmission des informations utilise des moyens techniques : les médias.

Qu’est-ce qu’un média ? Les médias sont les moyens techniques, permettant de diffuser massivement une information : la presse, la radio, la télévision, l’internet.

2 - Des médias et des supports de l’information qui n’ont jamais été aussi nombreux et divers.

Une véritable « société de l’information » ?

Dossier page 256-257 

- la multiplication des modes d’information (Q1). Les moyens techniques de transmission des connaissances ou des messages se sont multipliés. On peut distinguer deux groupes (schéma page 267) : les médias traditionnels : radio, presse et télévision ; les nouveaux médias utilisant internet comme support. A noter que les médias traditionnels utilisent aussi internet.

Les modes d’information en France et aux Etats-Unis (documents fiche). Aux Etats-Unis comme en France, la TV demeure la principale source d’information, mais sa part diminue au profit des médias utilisant internet. Dans les deux pays moins d’un habitant sur deux utilise la Tv comme moyen d’information (doc.1). La baisse la plus importante concerne la presse papier, détrônée dans les deux pays occidentaux par tous les autres médias (doc. 1, 2). Toutefois les grands titres de la presse écrite conservent une certaine audience en utilisant internet avec leurs journaux en ligne (doc. 4). Des journaux en ligne existent sans version papier. En France, les radios d‘information sont les plus écoutées, mais la part de la radio reste faible (doc.5). Surtout, c’est internet comme support de l’information qui a connu la plus forte progression et qui devient le second moyen d’accès à l’information. Les autres médias sont présents sur internet (presse, tv, radio) et les réseaux sociaux sont aussi des sources d’information : Facebook, Youtube, Twitter. Or avec les smartphones, l’accès à l’information est possible partout.

Doc. 6 page 261 : pourquoi le smartphone développe-t-il un nouveau rapport à l’information ? (Q3)

Consulter l’information sur son smartphone est une habitude bien ancrée ; les nouvelles informations sont accessibles instantanément créant une surabondance ; les algorithmes connaissent l’usager, ses préférences et peuvent donc sélectionner les informations.

Enfin le smartphone, via les réseaux sociaux, permet de diffuser, de partager une information.

Les individus sont donc « abreuvés » d’informations. L’information en continu à la tv y contribue amplement.

Doc. 2 page 258 : quelles sont les conséquences de ces chaînes sur le traitement même des informations ? (Q2)

Des conséquences + : l’actualité brut est accessible à tous en temps réel, les discours politiques sont connus dans leur globalité. Les citoyens ne dépendent plus des journalistes, des experts qui trient ou interprètent ce qui est transmis au public.

Des conséquences - : l’actualité n’est pas forcément vérifiée, il y a un risque de transmission de fausse information. Pour le citoyen, le débit important d’informations supprime le temps de la réflexion et de l’analyse, les rumeurs peuvent y trouver les conditions pour s’y développer.       

- paradoxe : abondance d’informations et désintérêt ou perte de confiance pour de nombreux médias…

Doc. 2 de la fiche : un peu partout dans le monde, il y a une perte de confiance dans les médias ou un manque d’intérêt plus ou moins grand pour l’actualité (sauf pour les évènements marquants). En Russie, les médias sont traditionnellement associés au pouvoir de l’Etat, ce qui explique que seuls les sites internet d’information et les réseaux sociaux semblent progresser. En France, 1 Français sur 2 n’a pas confiance dans les médias. Surtout les Français semblent se désintéresser de l’actualité. Le désintérêt peut s’expliquer par la surabondance d’information, la surexposition de certains sujets récents (gilets jaunes, attentats, covid 19), la propriété privée des médias (grands industriels et financiers) et leurs liens avec les gouvernements, voire le dénigrement des médias par certains hommes politiques eux-mêmes.        

- … et la facilité d’accès à l’information n’existe pas partout. Pourquoi ?

La liberté d’expression et la liberté de la presse -et des médias en général- ne sont pas présentes partout. Ces libertés sont respectées dans les démocraties libérales d’Occident (Europe occidentale, Australie, N-Z, Canada, Afrique australe). Ces libertés sont mises à mal ou inexistantes dans les Etats autoritaires ou les Etats oeuvrant contre les libertés fondamentales. Dans certains pays, c’est la vie même des journalistes qui est menacée, de nombreux journalistes meurent ou sont mis en prison chaque année (Chine, Turquie, Arabie saoudite, Egypte…). Enfin, partout dans le monde, l’accès à une information libre et diversifiée est difficile pour des raisons techniques et économiques : coût d’accès aux médias ; survie financière des médias traditionnels est difficile ; indépendance des médias face aux intérêts économiques et politiques.    

3 - Des pratiques d’information différenciées selon les individus, les groupes sociaux et les territoires.

Dans les pays où l’information est diversifiée et facile d’accès, il n’existe pas pour autant de « société de l’information ». Au contraire, il y a une diversité non seulement des formats, des usages, des expériences de lecture de l’information. Deux exemples :

- selon l’appartenance politique (doc. 3 fiche). En France, les réseaux sociaux connaissent un grand succès parmi les électorats des partis aux marges de l’échiquier politique (FFI, RN) ou les citoyens les plus critiques à l’égard du système politique. Entre les deux, l’usage des médias dépend de la sociologie des électeurs (âge, niveau de vie …).

- selon l’âge : dossier pages 262-263. Pourquoi peut-on parler d’un nouveau rapport des jeunes à l’information ? (Q2). A aucun autre moment dans l’histoire les jeunes n’ont eu aussi facilement accès à l’information (doc. 5). Pourtant, « les jeunes s’intéressent de moins en moins à l’actualité » (doc. 4). Ceux qui s’y intéressent privilégient d’abord les réseaux sociaux (doc. 1), les images, les vidéos accessibles sur leur smartphone (doc 4).  Aussi, la télévision, la presse papier, comme supports, ne les « attirent guère plus » (doc.4). L’éloignement de l’écrit fait que certains thèmes d’actualité plus exigeants (politique, société, économie, science) sont moins consultés (doc. 6). Dans les réseaux sociaux, information souvent issue d’un professionnel, communication d’un « people » et point de vue d’un usager sont mélangés. Or les trois n’ont pas la même valeur et leur mélange peut générer la confusion chez des jeunes ne sachant pas comment se construit une information (doc. 5).

- et bien évidemment selon les milieux sociaux et culturels

Problématique générale du thème

Comment s’informe-t-on aujourd’hui ? Comment se construisent les conditions d’accès à une information libre et fiable ? Comment évoluent-elles ?

Axe 1 – Les grandes révolutions techniques de l’information

 

Problématique de l’axe 1

Comment les évolutions techniques ont-elles, de l’invention de l’imprimerie à celle d’Internet, transformé l’information et ses modes de production, de diffusion et de consommation dans les sociétés occidentales ?

 

Jalon 1 - L’information imprimée : de la diffusion de l’imprimerie à la presse à grand tirage

 

                 

Frise chronologique 1 : Selena T, 2021

Bilan :

L’âge d’or de la presse correspond au tournant du XXe s. avec une multitude de titres dont plusieurs tirant à plus d’1M d’exemplaires chaque jour. La presse magazine nait dans l’entre-deux-guerres et connait un grand succès durant le XXe s.

La fin de la seconde guerre mondiale marque un tournant. Les titres qui ont collaboré avec les nazis et le régime de Vichy sont interdits, de nouveaux journaux apparaissent, notamment des hebdomadaires régionaux.

La fin du XXe s. correspond à une période de déclin de la presse écrite. Elle subit d’abord la concurrence de la radio, de la TV puis d’internet ; le nombre des lecteurs diminue. Les journaux s’endettent et sont souvent repris par des investisseurs privés, notamment des groupes industriels et financiers. La question de leur indépendance éditoriale se pose. Les journaux se diversifient, paraissent sur internet mais leur santé économique demeure fragile… 

 

Jalon 2 - L’information par le son et l’image : radio et télévision au XXe siècle

 

Frise chronologique 2 : d’après Analia D. 2021

 

Bilan :

La radio et la tv sont deux médias plus récents longtemps restés sous le contrôle de l’Etat en France. La loi sur l’audiovisuel de 1982 accorde la liberté d’émettre et permet la multiplication des chaînes.

Les années 80-90 sont celles de la multiplication des chaînes privées, souvent sous le contrôle de groupes industriels et financiers (Arnault, Bouygues, Bolloré…). En France, le groupe public France Télévision naît.

Les années 2010-2020 sont celles de la concurrence d’internet qui capte une part grandissante de la publicité. Les chaines diversifient leur offre, des chaînes totalement dédiées à l’information apparaissent.            

 

Jalon 3 - L’information mondialisée et individualisée : naissance et extension du réseau Internet

 

Frise : Capucine B. 2021

Bilan :

C’est le média le plus récent (années 1990-2000) qui connait une expansion rapide et dont le contrôle est le plus difficile. Internet est dominé par quelques grands groupes privés très puissants : Google, Facebook…

Support devenu incontournable pour les autres médias, la radio, les journaux et la TV sont présents sur internet.

Les réseaux sociaux sont devenus des transmetteurs (et créateurs) d’informations. Le contrôle de l’information sur internet est difficile et devient un enjeu pour les démocraties.

Frise 1 : presse (Selena T.)

Frise 1 : presse (Selena T.)

Frise 2 : radio TV (Analia D.)

Frise 2 : radio TV (Analia D.)

Frise 3 : Internet (Capucine B.)

Frise 3 : Internet (Capucine B.)

Axe 2 - Liberté ou contrôle de l’information : un débat politique fondamental

                  A l’époque contemporaine, dans les démocraties occidentales, la question de la liberté ou du contrôle de l’information est posée de façon récurrente : alors que journalistes mais aussi citoyens, leaders politiques et instances internationales réaffirment inlassablement l’importance de la liberté d’informer et de s’informer, les tentatives pour limiter, orienter et contrôler le « quatrième pouvoir » perdurent. Car les médias d’information sont un pouvoir exerçant une réelle influence sur le fonctionnement politique des Etats.

Quels sont les enjeux politiques de l’information dans les sociétés démocratiques contemporaines ?

Jalon 1 - L’information dépendante de l’opinion ? L’affaire Dreyfus et la presse

En 1894, après avoir été condamné pour espionnage au profit de l’Allemagne, Alfred Dreyfus ne trouve aucun soutien dans l’opinion publique malgré les efforts de quelques proches pour révéler l’erreur de l’armée. A partir de 1898, informée par une presse écrite abondante et lue par toutes les couches de la société, la population se déchire entre dreyfusards et antidreyfusards. Comment la presse écrite influence-t-elle l’opinion publique pendant l’Affaire Dreyfus ?

1) Résumé de l’Affaire Dreyfus (1894-1906)

                  Officier français d'origine alsacienne et de confession juive, Alfred Dreyfus (1859-1935) a été la principale victime de cette affaire judiciaire clé de la Troisième République. L'épisode a eu lieu entre 1894 et 1906, entraînant la création de deux camps : les dreyfusards et les antidreyfusards. Il s'est produit dans un contexte bien particulier, puisqu'au moment de l'affaire Dreyfus l'Alsace est allemande depuis 1871. Alfred Dreyfus est accusé d'espionnage en faveur de l'Allemagne et donc de trahison. Le 5 janvier 1895, Alfred Dreyfus perd son titre de capitaine dans la cour d'honneur de l'école militaire, à Paris, devant 4 000 soldats et 20 000 civils. Il est emprisonné à perpétuité dans un bagne de l'Ile du Diable, en Guyane. Malgré son innocence avérée après la découverte du coupable et la reconnaissance de la falsification du dossier d’accusation, le conseil de guerre le condamne à nouveau en 1899. Il lui faudra attendre 1906 pour être finalement innocenté et pouvoir réintégrer l’armée. 

 

2) La presse pendant l’Affaire Dreyfus

Journal

Positionnement pendant l’affaire

Analyse des images, textes 

Ce que l’on apprend de l’état de l’opinion publique, de la vie politique, des idéologies et de la place de l’armée

Le Petit Journal,

1895

Journal à grand tirage, position neutre en accord avec l’opinion publique = antidreyfusard au début

Les insignes militaires du capitaine Dreyfus sont retirés (« dégradation ») ; cérémonie militaire officielle à Paris aux Invalides. Dignité du capitaine juif

Journal et opinion publique convaincus de la culpabilité ; Institution militaire ne peut se tromper !

La Petit Journal, 1898

Journal à grand tirage, position en accord avec l’opinion publique

Le député socialiste est l’objet de violences verbales et menaces physiques à la Chambre des députés. Jaurès est un dreyfusard, convaincu de l’innocence de Dreyfus.

Division des politiques et de l’opinion publique ; violence des propos

La Libre Parole, 1894

Journal nationalise antisémite à grand tirage

Dessin de presse qui traduit la nature de l’antisémitisme en France :  racial (caractères morphologiques supposés du juif), économique (sacs de pièces de monnaie), politique (lien avec les francs-maçons). La traitrise de Dreyfus, inscrite sur son front, tente d’être effacée avec de l’argent. Cela ne peut fonctionner selon le dessinateur, seul le « sang » peut le faire selon la légende.

Grande liberté de presse en France : propos raciste portant atteinte à la dignité de la personne en 1ere page et appel au meurtre.

Le Figaro, 1898

Journal neutre, constate la division de l’opinion publique

Un repas de famille dégénère dès que l’on évoque la question de la culpabilité de Dreyfus. La scène traduit la violence de la division des Français. 

Population française divisée par l’Affaire entre dreyfusard et antidreyfusards. Traduit aussi une évolution de l’opinion publique

L’Aurore,

1898

Une du journal républicain dreyfusard

Zola accuse ouvertement l’armée (de falsification de preuves, de mensonges), des politiques (de « fautes ») et certains journaux (« égaré l’opinion publique »). Il cherche à être condamné et conduit devant les tribunaux pour évoquer l’Affaire.

Des lettrés, des artistes s’engagent en faveur de Dreyfus : on les appelle les « intellectuels » engagés. Zola est condamné !

 

Jalon 2 - L’information entre le marché et l’État : histoire de l’Agence Havas et de l’AFP

L’agence de presse est un acteur déterminant du monde de l’information depuis presque deux siècles. Elle alimente en informations venant du monde entier des journaux (souvent régionaux) qui n’ont pas les moyens d’avoir un réseau mondial de correspondants ou d’envoyer leurs journalistes partout dans le monde. Aussi, l’agence de presse représente un enjeu politique, dont l’objectif, pour les gouvernants, est de contrôler ce média qui en alimente beaucoup d’autres.

Bilan : à l’aide des documents rédigez deux paragraphes expliquant l’origine et la particularité de l’AFP, puis comment elle couvre l’actualité mondiale. Vous conclurez en évoquant les limites de la neutralité et l’objectivité de l’agence  

Prenant la succession de l’Agence Havas en 1944, l’Agence France Presse est un établissement public placé sous l’autorité du gouvernement et financé exclusivement par l’État. En 1957, son statut est modifié et sa gestion implique désormais des professionnels de la presse écrite et audiovisuelle. Le contrôle de l’État demeure par sa présence au Conseil d’administration et sa dotation financière. Le fonctionnement de l’AFP constitue un enjeu considérable, puis qu’elle centralise une information considérée comme fiable. Or pour l’Etat ou les journalistes il se résumer à : contrôler un média qui en alimente beaucoup d’autres ou garantir sa liberté. Les règles que l’agence s’impose doivent garantir une information claire, précise et objective. Les dépêches sont des textes informatifs et descriptifs qui évitent les « clichés » et les « opinions personnelles »

Dans ce but, l’AFP dispose de moyens modernes et considérables pour envoyer des informations dans le monde entier très rapidement. Elle est présente quasiment dans tous les Etats du monde et emploie plus de 1500 journalistes qui produisent des dépêches en 6 langues (français, anglais, allemand, espagnol, portugais et arabe). Ses dépêches utilisent tous les supports possibles : écrit, vidéo, images, et sont destinées à 5000 clients dans le monde entier.

Comme tous médias, l’AFP est soumise à des critiques concernant la neutralité des informations transmises lorsqu’il s’agit d’évoquer les intérêts de la France et de couvrir les hommes politiques. De plus, l’entreprise est soumise à la concurrence d’internet et des réseaux sociaux, son modèle économique est fragilisé et son financement est un enjeu considérable. La tentation est grande d’ouvrir son capital ou de la privatiser.

La célèbre photo de Nick Ut non recadrée

La célèbre photo de Nick Ut non recadrée

Jalon 3 - Les médias et la guerre du Vietnam, entre information et propagande

Les évolutions techniques que connaissent les médias à partir de la fin du XIXe siècle transforment profondément l’usage et la diffusion de l’information en temps de guerre. En parallèle, l’enracinement d’une culture démocratique dans les pays occidentaux rend de plus en plus inacceptable la censure ou les horreurs de la guerre quand les médias peuvent en rendre compte. Les gouvernements démocratiques en temps de guerre sont ainsi condamnés à rechercher un équilibre difficile entre le respect de la liberté d’informer et la nécessité de mobiliser la population pour une adhésion minimale. En outre ces gouvernements sont souvent confrontés à des adversaires qui n’ont pas ces préoccupations démocratiques (Allemagne nazie, URSS et Chine communistes par exemple).

La guerre du Vietnam (1962-1975) marque une nouvelle étape dans l’évolution technique de l’information et dans le rapport entre le pouvoir exécutif, l’armée, les journalistes et l’opinion.

La guerre du Vietnam oppose à l’origine la République Démocratique du Nord-Vietnam et la République du Sud Vietnam. La première est soutenue par l’URSS puis la Chine, la seconde par les E-U, surtout après 1965.

1 – La guerre du Vietnam

1) Au Vietnam se déroulent des combats entre une armée américaine puissante utilisant des moyens considérables (plus de 500 000 hommes en 1968), dont des armes très destructrices pour les hommes et l’environnement (bombardements aérien massifs, utilisation du napalm et des herbicides) et une armée vietnamienne communiste, soutenue par une partie de la population sud-vietnamienne (les Vietcongs), pratiquant la guérilla (combats répétés rapides de petite intensité). C’est un affrontement disproportionné par les moyens !

2) Dans le contexte de l’opposition idéologique de la guerre froide entre Occidentaux et Communistes, la guerre est perçue comme nécessaire au début pour réduire l’extension du communisme en Asie. Mais avec l’enlisement du conflit, face aux pertes humaines et à son coût économique, l’opinion publique a admis que l’engagement « était une erreur ». Surtout après l’offensive du Tête en janvier 1968 qui révèle l’incapacité des Américains à empêcher une offensive de grande ampleur communiste.

3) L’opinion publique a pu inciter le gouvernement américain à se désengager du conflit après 1968.

2 – Les médias et la guerre du Vietnam

1)    Le recours à la censure est repoussé par les présidents américains et ce conflit, couvert par un nombre croissant de journalistes internationaux dépêchés sur place, est largement relayé par la presse, abondamment illustrée de photographies. Or les photos montrent souvent l’horreur du conflit et la souffrance des militaires et des civils.

La photo de Nick Ut, photographe vietnamien aujourd’hui réfugié aux Etats-Unis, a été prise le 8 juin 1972 pendant le bombardement au napalm du village de Trang Bang par l’aviation sud-vietnamienne qui se trompe de cibles. La jeune Kim Phuc qui quitte le village avec d’autres personnes –certaines portent des enfants morts- est et brûlée profondément. Des journalistes de plusieurs nations sont présents sur le site et photographient les victimes. Sur la photo de Nick ut, la fillette qui crie « trop chaud » est nue puisque ces vêtements ont fondu à cause du napalm. Des journalistes lui portent secours et Nick Ut se propose de la conduire à l’hôpital. Un autre journaliste témoin, l’anglais Christopher Wain, la retrouve quelques jours plus tard et met tout en œuvre pour qu’elle soit soignée dans un hôpital pour grands brûlés. Or la photo recadrée de Nick Ut acquiert vite une grande renommée et le gouvernement sud-vietnamien accepte mal que cet épisode soit utilisé contre lui. En effet la photo va devenir iconique et être utilisée pour dénoncer la guerre aux Etats-Unis et servir les intérêts de la propagande communiste pour montrer les violences commises par le régime sud-vietnamien et son allié américain. Plus tard, la vie de Kim Phuc est totalement contrôlée par le nouveau régime communiste qui profite de sa renommée, elle profite donc d’une escale au Canada en 1992 pour demander l’asile au pays. Source :  

 https://www.nouvelobs.com/photo/20160728.OBS5483/la-fille-de-la-photo-l-incroyable-destin-de-kim-phuc-la-survivante-du-napalm.html   

71 journalistes seraient morts pendant la guerre du Vietnam.

Aujourd’hui, en moyenne 70 journalistes meurent toujours chaque année dans l’exercice de leur fonction, souvent dans des pays en guerre ! (doc 2 page 295).

2) La télévision suit l’opinion publique : d’abord très favorable à la guerre en montrant des images des soldats au Vietnam ; après 1968, comme l’opinion publique, elle se montre moins favorable au conflit et montre des images moins « héroïques » de la guerre. Pourtant, jamais la télévision ne portera un regard très critique et s’opposera à la guerre. Cette posture est utilisée par le gouvernement américain qui peut continuer à défendre ses choix militaires et politiques à la Tv tout en sachant qu’ils sont mauvais. Ainsi Richard Nixon démontrant à la Tv la nécessité de bombarder le Cambodge alors qu’il sait que cette solution est inefficace.

3)   Il est difficile de dire dans quelle mesure l’opinion publique a été influencée par les médias. Grâce au progrès technologiques, les images du conflit sont pratiquement transmises en temps réel et l’armée américaine se dote d’un service de presse et d’une infrastructure qui accompagne les journalistes sur les théâtres du conflit. Même si les journalistes sont surveillés ils transmettent rapidement des reportages montrant l’enlisement et la violence du conflit qui peuvent permettre de douter du discours officiel.  La photo de Nick Ut et l’attention portée à la jeune brulée par les journalistes présents en sont une parfaite illustration (Q1). Les mots utilisés pour qualifier la guerre changent, ils présentent une réalité moins édulcorée et glorieuse et décrivent le bourbier du conflit. Les témoignages poignants des vétérans ont pu également contribué à faire évoluer.  

Finalement, pour certains politiques américains, les informations sur les aspects concrets de la guerre sont vues comme un élément expliquant la faible adhésion de l’opinion américaine au conflit, voire, la défaite. Ce qui s’est passé pendant la guerre du Vietnam est un épisode fondamental de la relation entre le pouvoir politique et la presse en temps de guerre, qui trouve ensuite des prolongements très différents lors de la guerre du Golfe (Coalition internationale menée par les EU contre l’Irak en 1990-91). Recherche : la place des médias pendant la guerre du Golfe (idée de sujet pour le grand oral de term)

4) En 1971, le New-York Times publie Des documents classés secret-défense qui montrent que le président des EU et les militaires ont engagé le pays dans une guerre de grande ampleur en connaissant son coût économique et humain sans en présenter la réalité aux parlementaires. Le lanceur d’alerte Daniel Ellsberg est accusé, mais les journaux défient le pouvoir politique et publient les documents. Le gouvernement a porté l’affaire devant la justice, jusqu’à la cour suprême, pour empêcher la publication de documents « touchant à la sécurité nationale ». Les juges divisés rappellent la nécessité de respecter le 1er amendement, la liberté d’expression. « Intérêt national, sécurité national » et liberté d’expression continuent à s’opposer aux EU, des lois permettent à l’Etat d’accuser d’espionnage, de condamner les propos lui portant atteinte et d’écouter les communications (cf exposé sur Snowden)…   

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