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Comprendre un régime politique : la démocratie (v. 2021)

26 Mars 2021 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #SPE 1ere

Comprendre un régime politique : la démocratie (v. 2021)

« Démocratie » est le terme qu’on invoque le plus souvent dans le discours politique contemporain.

Tout le monde a une idée de ce qu’est ou de ce que n’est pas la démocratie. Il s’agit néanmoins dans ce thème de vous amener à une définition plus précise.

Introduction

1. Qu’est-ce qu’une démocratie ? Un terme dont le sens a évolué

Activité :

1) Rédiger la présentation d’un article scientifique

L’auteure du texte est Anne-Marie Le Pourhiet

Son titre est « définir la démocratie »

Il s’agit d’un article extrait d’une revue française, Revue Française de Droit Constitutionnel, N° 87, 3e numéro de l’année 2011, pages 453 à 464.

La notion étudiée est la démocratie

L’auteure part du constat que le sens du terme démocratie est aujourd’hui très éloigné de son sens originel, elle se demande dans quelle mesure on a le droit de le changer autant.

L’article comporte en deux parties clairement énoncées.

Ils sont des notes de bas de page, elles donnent la source des citations utilisées.

2) Etudier le texte

Cf diaporama

Thucydide (vu en seconde) : homme politique et historien athénien du Ve s. qui a écrit un récit de la guerre du Péloponnèse

Jean-Jacques Rousseau, écrivain et philosophe né en Suisse du XVIIIe s. qui s’est intéressé à la démocratie, notamment dans le Contrat social où il questionne la souveraineté du peuple.

Montesquieu, écrivain, philosophe du XVIII e s. qui s’intéresse aux régimes politiques et notamment à la démocratie.

Sieyès, homme politique de la Révolution française qui défend la démocratie représentative.

Relever des informations du texte en fonction des questions.

1) Pour les auteurs anciens quelle est la définition de la démocratie ?

Citations du texte : « Étymologiquement la démocratie est issue du terme grec demos-kratos qui désigne le gouvernement de tous » ; « le pouvoir est entre les mains non d’une minorité, mais du plus grand nombre » « le dépôt du gouvernement à tout le peuple ou à la plus grande partie du peuple » ; la démocratie supposait l’exercice direct du pouvoir par les citoyens, appelés à prendre eux-mêmes les décisions publiques ».

Explications : La définition est claire, dans l’Antiquité, chez les Grecs, une démocratie est une forme d’organisation politique où le pouvoir est exercé directement par le plus grand nombre possible de personnes.

2) A quels régimes s’oppose la démocratie ? Présentez-les.

Citations du texte : « par opposition au gouvernement de quelques-uns (aristocratie) et au gouvernement d’un seul (monarchie) ».

Explications : L’aristocratie est une forme d’oligarchie, c’est-à-dire une forme d’organisation politique où le pouvoir est exercé par un groupe, une minorité de personnes. Dans l’aristocratie cette minorité veut se distinguer par ses qualités supposées, son origine, ses vertus. Les aristoï sont les « meilleurs »

La monarchie est une forme d’organisation politique où le pouvoir est incarné par une seule personne, le monarque. 

3) Comment a évolué la définition de la démocratie ? Relevez les notions qui traduisent cette évolution.

Citations du texte : « La représentation va alors être intégrée dans la démocratie, au lieu de lui être opposée, sur la base d’une distinction devenue classique entre la démocratie directe et la démocratie représentative » ; « l’on considère désormais de façon unanime que la démocratie désigne la souveraineté de tous mais qu’elle peut s’exercer soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants élus ».

Explications : Originellement la démocratie directe est opposée à l’idée d’une minorité –les représentants- qui exercerait le pouvoir au nom du peuple. Puis la définition évolue et à la fin du 19e s., cette idée est acceptée. Le peuple serait « souverain » mais délèguerait son pouvoir souverain à des représentants qui l’exercerait en son nom. Au XXe s. la démocratie représentative n’est plus remise en cause.

4) Pourquoi cette évolution de la définition est-elle devenue acceptable alors qu’elle s’oppose au sens originel du terme « démocratie » ?

Citations du texte : « Le grand avantage des représentants c’est qu’ils savent discuter les affaires, le peuple n’y est point du tout propre » ; « Nous sommes forcés de ne voir dans la plupart des hommes que des machines de travail » ; « De lui-même le peuple veut toujours le bien mais de lui-même. La volonté générale est toujours droite, mais le jugement qui la guide n’est pas toujours éclairé » ; surtout : « S’il y avait un peuple de dieux il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas aux hommes ».

Explications : Les auteurs expliquent cette nécessaire évolution par les défauts de l’individu –citoyen : manque de temps à consacrer à l’exercice du pouvoir, manque d’éducation politique, plus porté sur ses intérêts personnels que sur l’intérêt collectif. Les individus ne seraient pas suffisamment vertueux pour exercer le pouvoir. 

 

Définitions :

• démocratie représentative : régime dans lequel le pouvoir est attribué par le peuple à des représentants qui l’exercent en son nom ;

• démocratie directe : exercice direct de la souveraineté par le peuple.

 

2. Les caractéristiques de la démocratie d’aujourd’hui

Les démocraties actuelles se distinguent par leur degré de respect de plusieurs principes : la participation des citoyens ; le respect des libertés fondamentales, la séparation des pouvoirs et le multipartisme.

Dossier pages 28-29 : Q1 et Q2 présentées sous la forme d’un tableau

Les fondements

Manifestations, exemples

Epoque d’énoncé du principe et/ou de mise en œuvre

La participation au pouvoir directement (démocratie directe) ou indirectement (démocratie représentative)

Les citoyens exercent la souveraineté à l’occasion d’élections libres de représentants ou donnent directement leur avis (vote de lois à Athènes ; référendum en France, votation en Suisse) ; Les citoyens exercent leur souveraineté en se présentant aux élections, en participant aux initiatives citoyennes que permettent parfois les constitutions (pétitions, consultations locales …).

Ve s. (démocratie directe) ; XVIIIe-XIXe s. (démocratie représentative)

La séparation des pouvoirs

Les 3 pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire (1), ne peuvent être concentrés entre les mains d’un groupe d’hommes ou d’un seul homme. Principe partiellement respecté en France, régime où le président de la République occupe une place considérable (page 33)

XVII-XVIIIe s. C’est la critique principale portée contre la monarchie absolue

Le respect des libertés fondamentales

Egalité entre tous les hommes ; Liberté d’expression, de presse, de conscience ; interdiction des discriminations et des arrestations arbitraires…

XVIIe s. – XVIIIe s. Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen

Le multipartisme et l’alternance politique

Plusieurs partis sont autorisés et des élections libres permettent l’alternance des partis au pouvoir afin d’éviter la confiscation du pouvoir par l’un d’eux.

XVIIIe s.

(1) Pouvoir exécutif : pouvoir de faire appliquer les lois ; pouvoir législatif : pouvoir de faire et voter les lois.

Les démocraties où ces principes sont bien respectés sont qualifiées de démocraties libérales. Si de nombreux Etats sont par leurs textes constitutionnels des démocraties ; beaucoup moins en respectent véritablement les fondements libéraux. Pour ces derniers, on parle de démocratie « illibérale », voire de « démocrature ».

 

3. Régimes démocratiques, régimes non démocratiques dans le monde d’aujourd’hui

Document 4 page 31. Comment évolue la démocratie dans le monde depuis 1987 ?

Le nombre de pays libres augmente jusqu’en 2007 ; depuis ce nombre diminue. La fin de la guerre froide et la diffusion des idées libérales occidentales dans le monde expliquent cette évolution. Puis les crises économiques, sociales et politiques dans le monde, depuis 2008, fragilisent les démocraties.

Document 1 page 30 : où ces principes démocratiques sont-ils les mieux respectés en 2018 ? en Amérique du N, au Brésil, Argentine et Chili, en Europe occidentale, en Afrique australe, en Inde, en Australe et Nouvelle-Zélande.

Ce classement est évolutif et dépend des données utilisées.

Comparaison de la carte avec celle du diaporama : principes démocratiques, république et monarchie. Que remarque-vos ?

Des démocraties libérales sont des « monarchies » parlementaires et constitutionnelles, dans lequel le chef de l’Etat, le roi, n’a qu’un rôle très limité, souvent cérémoniel. C’est le cas au R-U, en Espagne, au Canada, en Australie, au japon, aux Pays-Bas, en Suède, Norvège…

Cependant, certaines monarchies ont un souverain qui exerce le pouvoir plus intensément, les principes démocratiques y sont moins respectés –Maroc, Thaïlande-.

Les démocraties libérales sont souvent des républiques. Une république est un régime politique où les détenteurs du pouvoir sont élus par le peuple. La République est l’opposée de la monarchie. C’est le cas en Amérique, en Europe, en Afrique australe, en Inde, en Corée du Sud.

Cependant, toutes les républiques ne sont pas des démocraties respectant les principes libéraux : Russie, Turquie, Etats d’Asie centrale, majorité des Etats d’Afrique, Venezuela, Mexique… Mais, tous se définissent comme démocratiques.

Un Etat à parti unique peut se dire démocratique : la Chine

Certains Etats sont par essence non démocratiques :  les monarchie absolues, l’Arabie Saoudite par exemple.

Bilan de l’introduction : la définition de la démocratie a évolué avec le temps. Le respect des libertés fondamentales et la séparation des pouvoirs en sont aujourd’hui des fondements importants. 

 

Problématique générale du thème :

Comment caractériser la démocratie et comprendre ses évolutions ?

Critique de la démocratie représentative

Critique de la démocratie représentative

AXE 1 : Penser la démocratie : démocratie directe et démocratie représentative

Problématique de l’axe 1

Quels sont les enjeux du débat entre démocratie directe et démocratie représentative ?

1) Présentez le document 1 page 52. Faites des recherches pour présenter correctement l’auteur et le contexte historique. Biographie page 50.

En 1819, A l’Athénée royal de Paris, une école d’enseignement secondaire, Benjamin Constant, homme de lettre et député libéral de la Sarthe prononce un discours, publié par la suite avec le titre de la Liberté des Anciens comparée à celle des modernes. L’auteur oppose la démocratie antique à celle de son temps et leur conception de la liberté. L’auteur a vécu les expériences politiques françaises de la Révolution et de l’Empire et en défend les acquis libéraux. En 1819, dans la monarchie constitutionnelle, il est donc un opposant à la majorité royaliste, ultra et légitimiste, qui les conteste.

2) Quelles sont les deux conceptions de la liberté selon Benjamin Constant ? Qu’est-ce qui les différencie ?  

La 1ere, celle des Anciens, est la liberté d’«exercer collectivement plusieurs parties de la souveraineté ». Il s’agit donc de la liberté de participer à la vie politique de la cité. Mais pour Constant cette liberté a une contrepartie, celle de soumettre l’individu aux nécessités de la collectivité et de le priver se ses « droits et jouissances individuelles ».

La liberté des Modernes, ce sont d’abord les libertés individuelles : « le droit de dire son opinion » = liberté d’expression, de presse, « de choisir son industrie » = liberté d’entreprendre, de commercer, « d’aller et de venir » = liberté de circulation, de disposer de sa propriété, « de se réunir à d’autres individus » = droit d’association, liberté syndicale ». Puis c’est le « droit d’influer sur l’administration du gouvernement » = droit de voter pour des représentants. Ces libertés individuelles procurent à l’individu la « jouissance », c’est-à-dire la possibilité de profiter pleinement de la vie.

Pour illustrer la « liberté des Anciens », l’exemple athénien occupe une place considérable dans la réflexion de Benjamin Constant.

Jalon 1 - Une démocratie directe mais limitée : être citoyen à Athènes au Ve siècle.

- Les citoyens et la démocratie à Athènes

Document 2 page 46 : montrez que la définition du citoyen par Aristote illustre la liberté des Anciens de B. Constant.

Pour Aristote, le caractère qui définit le mieux le citoyen c’est « la participation à l’exercice des pouvoirs de juge et de magistrat ». B. Constant y voit là la « liberté des Anciens », celle de participer au pouvoir.

Document 4 p. 45 : Comment et où les citoyens exercent-ils le pouvoir ?

« participer au pouvoir délibératif » : à l’Ecclésia, les citoyens en Assemblée, votent les lois, le budget, la guerre), ils élisent certains magistrats, dont les stratèges. Certains citoyens sont tirés au sort pour préparer les projets de lois au sein de la Boulé et veiller au bon fonctionnement de l’assemblée (machine de tirage au sort page 49).

« participer au pouvoir judiciaire » : les citoyens peuvent soumettre et voter à l’assemblée une action judiciaire contre des citoyens, laquelle sera soumise au tribunal si le vote est positif (procédure d’eisangélie p. 47). Certains citoyens sont tirés au sort pour devenir jurés dans les tribunaux populaires. Les citoyens votent l’ostracisme (exclusion de la cité pour 10 ans d’un citoyen coupable d’une action contre la cité).

- Athènes une démocratie critiquée

Cf activité

La démocratie athénienne

Principes, atouts

Faiblesses, dérives

Tous les citoyens ont des droits politiques égaux (isonomie)

… Mais tous les citoyens n’ont pas la même instruction, les mêmes revenus et le même temps à consacrer à la vie politique (doc. 1 du livre)

Tous les citoyens peuvent prendre la parole à l’assemblée

… Mais tous les citoyens n’ont pas la même instruction, la même capacité à prendre la parole et à s’exprimer clairement (éloquence). Citoyens peuvent être trompés par un orateur dont les manières et les propos ne visent qu’à plaire à son auditoire (démagogue) Doc. 1 livre, doc. 4 fiche.

Tous les citoyens peuvent demander une action en justice contre un mauvais citoyen ou voter l’ostracisme d’un citoyen jugé dangereux

Les citoyens peuvent être influencés, les clans peuvent s’opposer pour attaquer en justice ou ostraciser des citoyens influents. La justice populaire peut être implacable, violente (Doc 4 du livre).

Tous les citoyens perçoivent une indemnité, le misthos, pour leur participation à la vie politique

Les citoyens ne peuvent être intéressés que par l’indemnité financière (Doc. 3 de la fiche).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jalon – 2 : Benjamin Constant et la « liberté des Modernes ».

B. Constant est un libéral marqué par la Révolution française, surtout par les Montagnards et leur vision autoritaire de la politique, qui avait alors sacrifié la liberté individuelle au service de l’Etat révolutionnaire, lors de l’épisode de la Terreur. Il a ainsi la profonde conviction que la démocratie antique ne peut être reproduite dans des Etats vastes et peuplés. La liberté des modernes, c’est d’abord la protection des droits de l’individu face aux empiétements du pouvoir.  Mais il en conçoit aussi les faiblesses et les limites ….

Lire les documents 1, 3 et 5 pages 52-53. Complétez le tableau avec les expressions suivantes

« Les citoyens peuvent se consacrer à leur enrichissement, à leur travail » ; « Les citoyens sont assurés que l’Etat et la société n’empiètent pas sur leur autonomie, leurs libertés individuelles » ; « Société individualiste, « l’existence individuelle prime sur la vie en société » ; « Les citoyens délaissent la vie politique, s’abstiennent, oublient leurs droits politiques »

Correction

La démocratie moderne représentative

Principes, atouts

Faiblesses, dérives

Les citoyens « jouissent de leur indépendance privée » par des droits et liberté nombreux

Société individualiste, « l’existence individuelle prime sur la vie en société »

Les citoyens peuvent se consacrer à leur enrichissement, au travail

L’activité économique, l’enrichissement priment

Les citoyens confient le pouvoir à des représentants qui agissent en leur nom

Les citoyens délaissent la vie politique, s’abstiennent, oublient leurs droits politiques

Les citoyens sont assurés que l’Etat et la société n’empiètent pas sur leur autonomie, leurs libertés individuelles

Rejet, désobéissance, révolte lorsque l’action de l’Etat remet en cause cette autonomie

Individuelle.  

 

                  Bilan : B. Constant souligne ainsi dans sa conclusion que l’affadissement de la liberté politique au profit de la liberté individuelle est un risque, et qu’il ne faut pas sacrifier complètement une des dimensions de la liberté à une autre. Pour Constant, la nécessité d’un équilibre entre le politique et l’économique, entre la représentation et la participation, entre la liberté individuelle et la liberté collective, est la conclusion de ce texte

 

Axe 2 : Avancées et reculs des démocraties

La démocratie est instable, elle connait des « avancées » mais aussi de possibles « reculs ». On peut dès lors interroger les forces et fragilités du régime démocratique.

Jalon 1 : L’inquiétude de Tocqueville : de la démocratie à la tyrannie ? Une analyse politique.

Comment, selon Tocqueville, la démocratie peut-elle se transformer en régime tyrannique ou despotique ?

- La « tyrannie de la majorité »

Dans la Grèce antique, la tyrannie est le gouvernement d’un seul homme qui agit en fonction de ses intérêts. Comment une démocratie peut-elle conduire à la « tyrannie de la majorité » ?

Doc. 1 p. 60 et Q. 1

Citation : « Si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser pour ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose contre une majorité ?»

Explication : Selon Tocqueville, le danger est que la démocratie devienne « inique, déraisonnable » pour la minorité car elle ne serait pas représentée et la majorité dominerait la justice et la « force publique », c'est-à-dire la police.

Diapo :

Dans la démocratie française, à cause du mode de scrutin, le nombre de sièges à l’Assemblée nationale ne reflète pas le nombre de voix obtenu lors des élections. Le parti gagnant des élections obtient la majorité des sièges sans forcément obtenir la majorité des voix. Les autres partis, surtout s’ils obtiennent peu de voix, sont sous-représentés, voire non représentés. Pourtant, dans ce cas, les partis minoritaires sont la majorité en nombre de suffrages exprimés.  

Dans les démocraties fondées sur les élections à la majorité des suffrages, les opinions des minorités sont en effet écrasées par la majorité. Certains citoyens ne sont ainsi jamais (ou peu) représentés parce qu’ils n’accèdent pas à la majorité des voix. Surtout, les gouvernements installés par les majorités peuvent ignorer totalement les opinions minoritaires en se contentant de gouverner dans l’intérêt de la majorité. Les inégalités qui en découleraient pourraient être considérées comme insupportables et fragiliser la démocratie si la minorité ne peut être représentée n’a d’autre moyen que la révolte pour se faire entendre.

- Le « despotisme démocratique »

Le despotisme est un régime dirigé par une seule personne qui possède tous les pouvoirs. Dans le cas du « despotisme démocratique », c’est le gouvernement qui exerce tous les pouvoirs au nom du peuple, ce dernier ayant librement accepté d’abandonner son contrôle sur l’action de l’Etat. Comment une telle évolution est-elle possible selon Tocqueville ?

Texte 3 page 61

Pour Tocqueville, les étapes de cette évolution sont :

Lignes 1 à 7 : Le peuple aspire à l’égalité et au bonheur ; le progrès social satisfait ses demandes individuelles « de vulgaires plaisirs »…

Lignes 7 à 21 : … parce que le gouvernement, « pouvoir immense et tutélaire », met tout en œuvre pour assurer l’emploi, les besoins et garantir « la jouissance » des personnes. Tocqueville y discerne une stratégie de l’Etat pour fixer les citoyens « dans l’enfance », « être leur seul arbitre », c’est-à-dire décider pour eux ce qui est bon pour leur sécurité et leurs affaires….

Lignes 22 à la fin : … Aussi, les citoyens sont moins enclins à utiliser leurs capacités de choisir, à être des citoyens responsables. Ils sont même prêts à renoncer à leur liberté pour maintenir cet état apparent de bonheur et de sécurité. Les citoyens se détourneraient de la vie politique. … et ne constitueraient qu’un « troupeau d’animaux timides et industrieux dont le gouvernement est le berger ».  

Bilan : Tocqueville expose dans De la démocratie en Amérique les solutions à ces maux : un peu plus de démocratie participative et des contre-pouvoirs entre l’Etat et le citoyen.

Jalon 2 – Crise et fin des démocraties : le Chili de 1970 à 1973

Jalon 3 – D’un régime autoritaire à la démocratie : le Portugal et l’Espagne de 1974 à 1982

Comprendre un régime politique : la démocratie (v. 2021)
lire "déstabilisateur"

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