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Terminale HGGSP : une étude de document à faire et à me rendre à votre retour

29 Novembre 2020 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #Term HGGSP

Terminale HGGSP : une étude de document à faire et à me rendre à votre retour

Exercice d’entrainement au commentaire de documents

 

A l’aide de vos connaissances et du document suivant, vous montrerez les effets de l’industrialisation sur la forêt française au XIX° siècle

 

« Industrialisation et préservation de l’environnement ne font généralement pas bon ménage, et pourtant, c’est bien la révolution industrielle, surtout sensible à partir du milieu du XIXe siècle, qui met un terme au recul de la forêt française. Le « charbon de terre » (la houille) devient la principale source d’énergie, le bois est moins utilisé dans les constructions remplacées par l’acier, les briques ou la pierre, la modernisation agricole met le bétail hors des forêts, l’exode rural commence.

L’administration du Second Empire soutient fermement le développement d’une forêt de reconquête, principalement de conifères, mais aussi de feuillus, afin d’assainir les sols, de prévenir les risques et de mettre sur pieds des forêts facilement exploitables pour répondre à la demande industrielle de bois d’œuvre, de traverses de chemin de fer, d’étais pour les mines et de pâte à papier. La forêt devient un véritable outil d’aménagement du territoire.

La forêt apparait, de plus en plus, comme une ressource permettant de se protéger des risques naturels, en particulier des inondations torrentielles favorisées par le déboisement des montagnes. (…) Paradoxalement, les grandes plantations de conifères vont accroitre les risques d’incendie.

La loi de 1857 prévoit l’assainissement et la mise en culture des landes de Gascogne. Les plantations de pins maritimes permettent de fixer les dunes littorales, d’assécher les zones humides -faisant reculer le paludisme- et de développer la sylviculture et le gemmage. Elles provoquent cependant la disparition du système agro-pastorale traditionnel, incarné par le berger landais. Des politiques similaires d’enrésinement sont menées en Sologne et en Champagne pouilleuse, mais aussi en Normandie, en Bretagne, en Anjou et en région parisienne.

La sylviculture se développe, les semences d’arbres sont sélectionnées, acclimatées, le traitement en taillis-sous-futaie est amélioré et rationalisé. Des milliers de kilomètres de routes forestières sont tracées. La surface des forêts françaises s’accroit, essentiellement sur le domaine privé, singulièrement depuis que la guerre de Sécession a provoqué une hausse subite du prix des résineux. La futaie se développe comme jamais, car, avec l’arrivée du charbon, sa valeur sur le marché devient bien supérieure aux produits du taillis.

Enfin, dans un contexte de déploiement de l’hygiénisme, la fonction récréative des forêts périurbaines s’affirme. Quelque part vers 1840-1850, la perception urbaine de la forêt change. Il s’y glisse, d’abord dans la peinture romantique puis bientôt dans les guides, un regard esthétique. En 1855, on retrace le Bois de Vincennes. La forêt devient peu à peu une ressource patrimoniale, c’est-à-dire une ressource dotée de valeurs culturelles communes et que l’on juge nécessaire de recenser et de conserver. C’est l’invention de « l’arbre monument » ou des forêts légendaires des Carnutes et de Brocéliande. »

 

Extrait de « La forêt française depuis Colbert » par Laurent-Sébastien L’Huillier, dans la revue Conflits, 30 Septembre 2020.

 

 

Quelques pistes :

  • Penser à définir et contextualiser l’industrialisation en introduction 
  • Montrer que l’industrialisation est un atout pour la préservation de la forêt
  • Montrer le rôle de l’Etat dans le redéploiement de la forêt ainsi que ses motifs
  • Montrer et expliquer qu’à cette période le regard sur la forêt change

 

 

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