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HGGSP Term. Travail à la maison : la forêt française depuis Colbert

17 Novembre 2020 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #Term HGGSP

HGGSP Term. Travail à la maison : la forêt française depuis Colbert

Jalon 2 - Exploiter et protéger une ressource « naturelle » : la forêt française depuis Colbert

 

Ressources naturelles : mise en valeur d’un capital naturel (ressources minérales, énergétiques, épuisables ou renouvelables)

Forêt : grande étendue couverte d’arbres (territoire d’au moins 5000m2 occupé au moins par 20% de couvert boisé). On distingue la forêt vierge ou primaire (forêt ayant évolué sans intervention humaine) de la forêt secondaire (forêt s’étant reconstituée après l’exploitation de la forêt)

Comment ont évolué les interactions entre la société et la forêt depuis l’Ancien Régime jusqu’à nos jours ?

Préambule : voir diaporama : Evolution de la forêt depuis le Moyen Age : quels constats peuvent être faits ?

 

            Activité n°1 : La forêt française sous Colbert et l’Ancien Régime : une ressource essentielle (notice biographique p 292)

Documents à étudier + diaporama
Les chênes français, le "trésor" de Colbert par Jacques-Marie Vaslin (maître de conférences), Le Monde, 27/04/2011.

« Les forêts françaises abritent aujourd'hui des chênes plusieurs fois centenaires. Ce qui fait le bonheur des promeneurs dans les forêts de Tronçais dans l'Allier, ou de Bercé dans la Sarthe. Ces arbres sont en fait les reliques d'une politique engagée il y a plus de trois siècles par le parangon du mercantilisme en France : Jean-Baptiste Colbert (1619-1683).

Au milieu du XVIIe siècle, la marine française est dans un piètre état, contrecoup de la Fronde. Seuls deux ou trois vaisseaux peuvent affronter la haute mer. La marine doit louer ou acheter des navires étrangers en cas de guerre. Colbert décide alors de réorganiser toute la filière, de la culture du chêne au chantier naval.

La construction d'un grand vaisseau nécessite d'abattre jusqu'à 4 000 chênes centenaires. Or à cette époque, il n'existe pas de politique forestière digne de ce nom. Le défrichage et la surexploitation des forêts royales ont provoqué une baisse régulière de la surface boisée. La forêt s'étend alors sur environ 13 millions d'hectares. Le bois de chêne étant insuffisant, on en importe essentiellement d'Italie et d'Albanie. Le pin, utilisé pour le gréement, provient d'Europe du Nord. En cas de reprise des hostilités, la maîtrise des routes du bois devient stratégique.

Mais toutes ces importations ne conviennent pas au mercantiliste Colbert. Aux yeux de cet homme d'Etat, la forêt constitue à la fois une source de richesse importante, "un trésor qu'il faut soigneusement conserver", et une ressource indispensable pour la construction de navires. On ne la préserve pas pour son écosystème, mais par intérêt militaire et économique. L'ordonnance d'août 1669 scelle une reprise en main vigoureuse des forêts françaises. Un quart de la surface des forêts doit être préservé, l'âge d'abattage des arbres est reculé à vingt ans, 32 baliveaux à l'hectare sont conservés. L'abattage est réglementé. Les résultats ne tardent d'ailleurs pas à se faire sentir : les recettes des forêts royales passent de 50 000 livres en 1662 à 1 million vingt ans plus tard.

Dans la foulée, les chantiers navals sont réorganisés pour que la fabrication d'un navire prenne un rythme industriel. La réalisation de maquettes de bateaux permet de standardiser leur construction. Dans le dessein d'en augmenter la performance, on fait appel aux mathématiciens et aux géomètres. Le personnel est formé dans des écoles navales, on emploie aussi de la main-d'oeuvre étrangère. Au besoin, on a recours à l'espionnage pour percer les secrets de fabrication des ennemis.

L'effort est considérable. Rien qu'en 1673, vingt-six navires et six galères sortent des chantiers de Rochefort, qui emploient alors 20 000 personnes. Dix ans auparavant, ce bourg ne comptait que 500 âmes. En 1677, la marine est en possession de 300 vaisseaux et galères.

Mais la Révolution porte un coup à cette politique. La liberté de coupe, restaurée par une loi de 1791, et l'anarchie ambiante livrent les Pau pillage. Le massif forestier s'en trouve réduit de 500 000 hectares. Le début du XIXe siècle voit le retour d'une politique forestière. C'est ainsi que, depuis près de deux siècles, la France maintient une gestion rigoureuse de son patrimoine forestier. L'héritage légué par Colbert se retrouve dans une administration des forêts efficace, de riches massifs forestiers et une conception de l'économie faisant de l'Etat un acteur à part entière. »

Vocabulaire :

Parangon : modèle

Mercantilisme : Doctrine économique des XVI° et XVII° siècles encourageant le développement du commerce extérieur afin d’enrichir l’Etat et de renforcer sa puissance. L’Etat intervient dans l’économie par des lois protectionnistes et en développant des infrastructures telles que les manufactures.

Fronde : révolte (1648-1653) des nobles du Royaume de France face à la montée de l’autorité monarchique durant la Régence d’Anne d’Autriche (minorité de Louis XIV)

Gréement : équipement relatif à la voilure d’un navire (mât, cordage, voiles…)

Baliveau : jeune arbre réservé pour la construction

Futaie : forêt de grands arbres

Ordonnance : acte législatif émis par le Roi

Document 3 page 293 : Les maîtrises du royaume de France en 1661 : le Royaume de France est divisé en 9 maîtrises, juridictions chargées de gérer les forêts.

Questions :

  1. Qui est Colbert en 1669 ? Quel est le contexte forestier en France au milieu du XVII° siècle ?
  2. Comment la forêt est-elle perçue par Colbert ?
  3. Que décide-t-il d’instaurer pour exploiter avec rationalité la forêt ? Quel doit être le rôle de l’Etat d’après lui ?
  4. Quelles furent les conséquences pour les massifs forestiers français ? pour la stratégie et l’économie françaises ?

           

           

Activité n°2 : La forêt et la révolution industrielle, une rupture dans la relation à l’espace forestier ?

Réflexion à partir de la forêt de la Lande de Gascogne :

 

Document 1 p 294

Document : cf image plus bas dans le blog.

Extrait des Annales de géographie - 1925 : Article de A Cavaillés « A partir d’un livre récent intitulé Transformation des landes de Gascogne et leur situation actuelle » par A Larroquette- 1925

 

Questions :

  1. Dans quelle mesure peut-on dire que la forêt des Landes est une « ressource naturelle » ?
  2. Qui sont les acteurs de la transformation de ce milieu ?
  3. Quel est le principal type d’exploitation de cette forêt ?

 

 

Activité 3 :  La forêt française à l’heure de la transition écologique, un espace multifonctionnel ou disputé ?

Document 5 page 295

Autres documents

            https://www.franceculture.fr/... (la vidéo)

            https://www.franceinter.fr/...(à écouter)

            https://www.francetvinfo.fr/...

                  Environnement : faut-il interdire l’abattage massif dans les forêts ?

Ce vendredi, des dizaines d’affiches seront collées dans le Morvan pour dénoncer les coupes rases. Un enjeu écologique majeur selon les associations.

Une parcelle de forêt abattue où quelques souches d'arbres éparses gisent encore au sol comme autant de cadavres. Des troncs transportés par un engin de chantier sur un vallon ratiboisé par les tronçonneuses. Et en légende de ces photos géantes de 3 m de haut, le même message : « Amazonie? Non, France. Stop aux coupes rases ».

(…) « Le phénomène des coupes à blanc se développe partout sur le territoire, dans le Morvan mais aussi en Auvergne, dans les Landes, en Alsace ou dans le Périgord », dénonce le coordinateur des campagnes de Canopée Sylvain Angerand. D'après les associations, le gouvernement « prévoit d'augmenter la récolte de bois de plus de 70 % entre aujourd'hui et 2050 ». L'objectif de la campagne est d'interpeller les députés et le gouvernement pour obtenir une loi interdisant les coupes rases de plus de 2 ha, sauf en cas de motif sanitaire. (…)

« Chaque hectare récolté doit être intégralement reboisé » « La Suisse a interdit les coupes rases depuis 1976 tandis que l'Allemagne et l'Autriche ont adopté des réglementations très restrictives », affirme l'élue LFI Mathilde Panot du Val-de-Marne. « Il existe actuellement 136 espèces d'arbres dans les forêts françaises mais on s'oriente de plus en plus vers un modèle d'industrialisation de la gestion forestière avec une volonté de faire au maximum de la monoculture de résineux ». (…)

« En décalage avec les enjeux écologiques actuels »

Contactée alors par nos soins lors de cette première opération médiatique, l'Union de la coopération forestière française (UCFF) qui représente 110 000 sylviculteurs forestiers privés, s'était vertement défendue. « Nous n'avons aucun intérêt à saccager les forêts que nous gérons et si nous effectuons des coupes rases, nous le faisons de manière professionnelle et maîtrisée, nous expliquait le secrétaire général de l'UCFF, Julien Bluteau. Par ailleurs, il faut bien comprendre qu'il n'y a pas de déforestation puisque chaque hectare de forêt récolté doit être intégralement reboisé ».

Sauf que les partisans de la diversité en forêt dénoncent les conséquences de ces forêts « artificielles » qui remplacent parfois des massifs de chênes centenaires. « Ces forêts plantées sont moins résistantes aux maladies et au réchauffement, attirent moins d'oiseaux, d'insectes et on y voit moins de champignons, énumère Mathilde Panot. Et puis quel effet terrible sur le paysage quand la coupe rase a été effectuée ». « Ces pratiques ne sont plus acceptées par la société et en décalage avec les enjeux écologiques actuels, estime Sylvain Angerand. Avec cette campagne, nous voulons plus largement ouvrir le débat sur l'avenir des forêts en France ».

            Source : Le Parisien, 05/06/2020 https://www.leparisien.fr/...

 

  1. Qui sont les différents utilisateurs, usagers et quelles sont les différentes fonctions de la forêt en France ?
  2. Quels conflits naissent entre ces différents usagers et utilisateurs de la forêt ?  
  3. Quels sont les enjeux économiques, environnementaux liés à l’utilisation et à la protection de cet espace ?
Extrait des Annales de géographie - 1925 : Article de A Cavaillés « A partir d’un livre récent intitulé Transformation des landes de Gascogne et leur situation actuelle » par A Larroquette- 1925

Extrait des Annales de géographie - 1925 : Article de A Cavaillés « A partir d’un livre récent intitulé Transformation des landes de Gascogne et leur situation actuelle » par A Larroquette- 1925

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