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THEME 2 : FAIRE LA GUERRE, FAIRE LA PAIX : FORMES DE CONFLITS ET MODES DE RESOLUTION (2ème partie du cours)

22 Octobre 2020 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #Term HGGSP

C. Willey, C. Gracia, 2020

C. Willey, C. Gracia, 2020

Axe 2 : La difficile construction de la paix

 

Jalon 1 - Faire la paix par les traités : les traités de Westphalie (1648)

 

- la guerre de Trente Ans : nature, acteurs, intensité, étendue

Vidéo :

Schéma 1 ci-dessous

Face à l’ampleur des pertes humaines et matérielles, les longues négociations (1643-48) qui aboutissent aux traités signés à Münster et Osnabrück en Westphalie tentent de construire un ordre européen qualifié depuis de « westphalien ».

- Les conditions des négociations, un tournant dans la construction de la paix en Europe 

Doc. 4 p. 112 : quelles sont les conditions des négociations, quels en sont les obstacles ?

- Le nombre des Etats, principautés participant aux négociations : 16 Etats, 140 principautés du Saint-Empire romain germanique (sous l’autorité de l’empereur Habsbourg), vainqueurs et défaits militaires ensemble. C’est le premier rassemblement pour la paix de dimension européenne.

- la participation de principautés, d’Etats non impliqués dans la guerre, dont Venise

- Le nombre, la place des juristes et des diplomates dans les négociations. Il s’agit donc de construire un ordre juridique reposant sur des obligations réciproques pour les participants formulés dans un traité de paix.

- Une volonté de négocier malgré des obstacles nombreux : Catholiques et protestants refusent de négocier ensemble ; éloignement des deux villes de négociations ; éloignement des diplomates et des capitales d’Etat ou de principautés, manque de sûreté des routes pour les négociateurs et transporteurs de correspondances ; fausses nouvelles, espionnage… 

Doc. 6 p. 113. En quoi les deux premiers articles manifestent-ils le désir de construire une paix positive ?

Il s’agit pour les signataires de ces traités de montrer qu’ils veulent construire une paix positive, c’est-à-dire créer les conditions pour une paix durable. Pour cela, il compte sur une « paix Chrétienne, universelle et perpétuelle ». Il s’agit donc de réconcilier d’instaurer la tolérance religieuse au sein d’une chrétienté divisée entre catholiques et protestants. Ensuite il s’agit de faire taire les rancœurs anciennes, de favoriser « l’oubli » et « l’amnistie » pour les fautes commises, y compris les « violences et dommages » afin de ne pas créer de « prétexte » à de nouveaux affrontements. Les conditions sont donc énoncées pour une paix durable à grande échelle.

- Le nouvel ordre européen westphalien (1648)

Cartes pages 110-111 ; dossier page 114-115 et retour sur la fin de la vidéo.

Q 3 page 111 : montrez que les traités de Westphalie modifient la carte de l’Europe.

C’est d’abord un remodelage de la carte de l’Europe avec un Saint-Empire romain germanique moins étendu et affaibli et donc une dynastie des Habsbourg moins puissante en Autriche (et en Espagne). Puis la reconnaissance de nouveaux Etats indépendants : Les Provinces Unies, la Suisse. Des principautés allemandes, la France et la Suède s’agrandissent.

Doc. 2 page 114 : Quelles sont les clauses politiques des traités de Westphalie ?

Tous les princes de l’empire, quel que-soit leur rang, ont des droits politiques égaux. Les rois et empereur, plus puissants, ne peuvent interférer dans leurs affaires. Ce droit s’étend aux villes autonomes et libres de l’empire. Les traités de Westphalie instaurent un droit fondé sur l’égalité entre les Etats, rompant avec les lois du plus fort qui dominaient les relations internationales jusqu’à cette date.

Doc. 3 page 114 : Quelles sont les clauses religieuses des traités ?

Le principe de la religion du souverain est la religion de son peuple est maintenu. Cependant aucun habitant ne peut être inquiété pour sa religion, bénéficie des libertés de conscience et de culte. Comme pour les clauses politiques, ces règles s’appliquent à toutes les principautés allemandes. Elles traduisent la défaite des puissances catholiques (Espagne, Autiche) et de la papauté.

Doc. 5 page 115 : En quoi consiste le « système westphalien » dans l’histoire des relations internationales ? Trois principes sont reconnus :

« l’équilibre des puissances » pour promouvoir un ordre international marqué par la coopération des Etats et l’absence de puissance hégémonique qui impose ses règles. Ce principe révèle l’émergence de nouveaux Etats sur la scène européenne : Provinces-Unies, Suède, Danemark … ;

« l’inviolabilité de la souveraineté des Etats » permet aux gouvernements d’exercer leurs droits, leur autorité sur leur territoire, de revendiquer leur indépendance, et d’avoir recours à la force armée pour les défendre en se réclamant de la guerre juste et légitime.

« Le principe de non-ingérence » qui interdit aux Etats d’intervenir dans les affaires intérieures d’un autre Etat. Ce principe confirme la souveraineté des Etats en plaçant celui qui ne respecterait pas ce principe comme agresseur.

Pendant plus de trois siècles, l’ordre international se fonde sur ses principes avec plus ou moins de succès. Les négociations de paix incluent les belligérants et les grands Etats pour rechercher la paix et rétablir l’équilibre. Quelques traités de paix vus au lycée :

- Le congrès de Vienne (1815) pour créer un équilibre européen après les guerres napoléoniennes. La monarchie est rétablie en France, le pays n’est pas lourdement sanctionné. Un équilibre est trouvé entre monarchies et empires européens.

- La conférence de Berlin pour l’Afrique (1885) pour éviter la guerre entre Etats colonisateurs et organiser le partage de l’Afrique. Les grands pays européens sont conviés à la conférence, même si Allemands, Belges, Anglais et Français imposent leurs choix. L’équilibre est trouvé au détriment des populations africaines 

- Le Congrès de Berlin (1878) pour tenter de régler les guerres balkaniques. Les aspirations à la liberté des peuples balkaniques soutenus par les puissances européennes déstabilisent l’empire ottoman. Un équilibre est trouvé au détriment de ce dernier.

- Les Traités de Versailles, Saint-Germain en Laye, Sèvres (1919-20) pour créer de nouvelles frontières en Europe après la chute des empires allemands, austro-hongrois et ottoman. Les conditions d’une paix positive ne sont pas réunies à cause des sanctions infligées à l’Allemagne et des nouvelles frontières qui ne satisfont pas les peuples. 

 

Jalon 2 - Faire la paix par la sécurité collective : les actions de l’ONU sous les mandats de Kofi Annan (1997-2006)

 

- Qu’est-ce que l’ONU ?

Doc 5 p. 85 : les principes libéraux étendu au monde entier

Selon les libéraux, quels principes doivent conduire à « l’apaisement des relations internationales » et favoriser une paix positive ?

- « L’interdépendance lié à des échanges commerciaux » : des Etats économiquement liés ne peuvent être en conflit car cela nuirait à leurs intérêts.

- « Le caractère démocratique d’un régime politique agit comme une entrave à la guerre » : des peuples libres et souverains ne souhaitent pas la guerre.

- « L’exigence d’organisations internationales » : des peuples libres coopérant vont créer des organisations ayant pour mission de « pacifier les relations internationales ». C’est ce qu’ont cherché à faire les vainqueurs en 1919 avec la SDN et en 1945 avec l’ONU, l’Organisation des Nations Unies. Cette dernière promeut la paix par la sécurité collective, c’est-à-dire le principe considérant que la paix est l’affaire de tous les Etats.

Reproduire le schéma : schéma 2 ci-dessous

Schéma 1

Schéma 1

Schéma 2

Schéma 2

- L’action de Kofi Annan à la tête de l’ONU (1997-2006)

 

Kofi Annan (Ghana, 1938-2018) a eu une longue carrière au sein de l’ONU. Elle a débuté au début des années 60 et parvient à son sommet dans les années 1990 comme sous-secrétaire général, puis comme secrétaire général en 1997. Il a donc des responsabilités importantes au moment où l’organisation retrouve sa liberté d’action (l’ONU était paralysée pendant la guerre froide).

 

Bilan critique des actions de l’ONU sous les mandats de Kofi Annan

Dossier pages 116-117 et vidéo

 

De nouveaux outils et objectifs

Des actions en faveur du développement humain : « les objectifs du millénaire pour le développement » (2000)

Pour protéger les populations civiles par le principe « de responsabilité de protéger » (remise en cause du droit de non-ingérence pour protéger des civils)

Pour défendre la liberté de la presse et le dessin de presse avec l’association Cartooning for Peace.

Pour mener une diplomatie préventive afin de prévenir les conflits et les empêcher ;

 

De nouvelles institutions

Encourage la création de Cour Pénale Internationale pour juger les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Création du Conseil des droits de l’homme pour promouvoir les droits de l’homme dans le monde.

 

Des opérations pour maintenir la paix

Augmentation du nombre de casques bleus

Médiation en Irak en 1998, s’oppose à la guerre de 2003

Médiateur en Afrique, nombreuses opérations de maintien de la paix en Afrique (Sierra Leone, Côte d’Ivoire, RDC, Burundi, Soudan, Erythrée…)

 

Des échecs dans le maintien de la paix

Avant 1997 : guerre civile et génocide au Rwanda ; la guerre en Yougoslavie (massacre de Srebrenica) 

Echec de l’opération de l’ONU Pétrole contre nourriture en Irak (condamnation pour corruption de nombreux fonctionnaires de l’ONU, dont le fils de K. Annan. Lui est innocenté)

N’a pas d’influence sur le conflit israélo-palestinien

Ne peut empêcher l’intervention américaine en Irak en 2003. La guerre est déclarée illégale en 2004.

Obstacles et opposants à l’action de K. Annan

Les Etats-Unis : le gouvernement républicain de G W Bush après 2001

Bilan :

Une des dernières actions de K. Annan pour l’ONU fut de tenter d’arrêter la guerre civile naissante en Syrie en 2012. Ses mandats furent l’apogée du multilatéralisme et de la sécurité collective. Depuis, les relations internationales reviennent vers un système plus westphalien de puissances (Etats-Unis, Russie, Chine…) cherchant un équilibre par des relations d’abord unilatérales et s’affrontant sur des théâtres d’opération secondaires.

Rappel :

Unilatéralisme : attitude qui consiste pour un Etat à prendre seule ses décisions, en fonction de ses propres intérêts, sans concertation avec ses alliés ou la communauté internationale.

Multilatéralisme : attitude qui consiste pour un Etat à prendre les décisions en accord avec la communauté internationale, à respecter les règles communes.

 

 

Travail conclusif 

Conflits régionaux et tentatives de paix impliquant des acteurs internationaux au Moyen-Orient

 

Comment expliquer la persistance des conflits et la difficulté à bâtir la paix au Moyen-Orient ?

Vidéo : Le Moyen-Orient, un espace géopolitique conflictuel

1) Jusqu’où s’étend le Moyen-Orient ? De l’Egypte à la Mer noire, du Yémen à l’Afghanistan et au Pakistan.

2) Quels sont les principaux peuples habitant le Moyen-Orient ? 

Populations arabes ou arabisées en Egypte, dans la péninsule arabique, en Jordanie, Syrie et Irak.

Population kurde partagée entre l’Iran, l’Irak, la Syrie et la Turquie : 30-40 millions de personnes...

Population du groupe perse en Iran, Afghanistan, Pakistan

Population turque en Turquie, Caucase, Iran, Asie centrale.

3) Quelles sont les principales religions du Moyen-Orient ? L’islam est majoritaire et est divisé en plusieurs familles spirituelles : l’islam sunnite chez les Arabes, kurdes et turcs ; l’islam chiite en Iran, Irak et à Bahreïn. Des minorités chiites sont présentes presque partout et sont souvent marginalisées, victimes de la rivalité entre Arabie Saoudite et Iran.

Les Chrétiens sont minoritaires partout. Des communautés juives ont toujours été présentes au Moyen Orient. Leurs effectifs ont diminué avec la création de l’Etat d’Israël en 1948. Cet Etat est majoritairement juif.

4) Quelles influences, quels évènements ont marqué cet espace de 1919 à 2003 ?

1919 : fin de l’influence ottomane avec le démantèlement de l’empire

1920 : tutelles de la France et du Royaume-Uni sur les nouveaux Etats : Liban, Syrie (France), Irak, Jordanie, Palestine, Koweït (Royaume-Uni).

1945 : tutelle états-unienne liée à l’exploitation du pétrole en Arabie Saoudite et en Iran ; alliance avec le nouvel Etat d’Israël. France et R-U perdent leur influence au Moyen-Orient.

1948 : création de l’Etat d’Israël, Etat ennemi des Etats arabes avec lesquelles le nouveau pays est en guerre à 4 reprises : 1948-1956, 1967, 1973.

1979 : année des basculements : révolution islamique chiite en Iran contre les E-U et l’Occident ; choc pétrolier (augmentation rapide du prix du pétrole) ; invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques ; Israël conclut son 1er accord diplomatique avec un Etat arabe, l’Egypte.

1980-1988 : guerre Irak / Iran. L’Irak, encouragé par les Occidentaux, attaque l’Iran chiite. Affaibli par la guerre, le pays annexe le Koweït.

1990 : coalition arabe et occidentale contre l’Irak. Le pays est vaincu et évacue le Koweït. L’influence des E-U au Moyen-Orient est à son apogée…

2001 : attentats aux Etats-Unis revendiqués par Al-Qaida. Des mouvements islamistes politiques et islamistes religieux radicaux se développent dans des pays en crise politique, sociale et économique. Ces mouvements rejettent les valeurs occidentales et les régimes moyen-orientaux qui traitent avec eux.

2001-2003 : interventions américaines en Afghanistan contre Al-Qaida et en Irak, un Etat considéré par les Etats-Unis comme dangereux pour l’ordre international.    

 

Jalon 1 : Les deux guerres du Golfe (1991 et 2003) et leurs prolongements : d’une guerre interétatique à un conflit asymétrique

Problématique du Jalon : comment cette région du Moyen-Orient est-elle à l’origine de guerres ayant une résonnance mondiale ?

- La guerre du Golfe, une guerre interétatique, asymétrique, tournant dans l’histoire des relations internationales (1990-1991)

Vidéos :

Dossier pages 132-133

1) Replacez l’invasion de l’Irak dans son contexte historique régional et mondial (Q1).

Fin de la guerre froide, fin du monde bipolaire. URSS éclatée, Chine émergente = hégémonie américaine dans l’ordre mondial et espoir d’un ordre international fondé sur les valeurs libérales américaines (libéralisme économique, démocratie) et sur le multilatéralisme (doc. 1).

Irak affaiblie par la guerre contre l’Iran (1989-88). Pays utilisé par les Occidentaux contre l’islamisme iranien. Un chef d’Etat autoritaire, Saddam Hussein, qui a cherché à se faire passer pour un leader de tous les Arabes sunnites (panarabe) (doc.1)

2 août 1990 : invasion du Koweït par l’Irak, qui cherche à s’approprier ses ressources pétrolières et influencer le prix de la matière première. Formation d’une coalition internationale d’Etats occidentaux et arabes (Egypte, Arabie Saoudite, Syrie, Jordanie) sous l’égide de l’ONU contre l’Irak (carte p. 127).

2) Présentez les caractéristiques des opérations militaires de la guerre du Golfe (Q4).

Une guerre asymétrique malgré les discours tenus en Occident sur l’importance de l’armée irakienne : disproportion des moyens utilisés avec usage des bombardements massifs (« autoroute du désert » extrait film Jarhead) malgré l’affichage médiatique des « frappes chirurgicales » ; guerre technologique (avions furtifs, missiles guidés…) ; intensité de l’affrontement et disproportion du nombre de victimes (controverse sur le nombre de victimes irakiennes) ; une guerre très médiatisée (début des chaines d’information en continu) mais l’information transmise est très contrôlée.

3) En quoi s’agit-il de l’un des derniers exemples de guerre réelle telle qu’elle est définie par Clausewitz ?

Il s’agit d’un conflit interétatique ; il s’agit d’un conflit à dimension politique importante : contraindre un Etat à évacuer un territoire envahi ; la guerre est le dernier recours, après l’échec des négociations diplomatiques sous l’égide de l’ONU ; la guerre est arrêtée lorsque l’objectif politique est atteint.

4) Pourquoi peut-on dire que cet affrontement constitue un tournant de l’histoire contemporaine (doc. 5 et vidéo introductive) ?

L’influence américaine au Moyen-Orient atteint son apogée. Cette influence va contribuer au développement de l’islamisme. La présence occidentale dans la péninsule arabique est perçue comme un affront à l’islam, elle conforte des régimes alliés arabes non démocratiques et bloque toutes les évolutions politiques et sociales.

Après 1990, l’ONU retrouve sa liberté d’action, c’est aussi l’apogée de la sécurité collective, du multilatéralisme. C’est l’« ère des interventions » des armées occidentales sous l’égide de l’ONU avec des actions militaires (Kosovo), les casques bleus pour s’interposer, protéger les civils, apporter de l’aide humanitaire (Ex-Yougoslavie).

Mais la paix avec l’Irak est fragile. Le Nord du pays, kurde, acquiert son autonomie, mais des ingérences étrangères y ont lieu (Iran, Turquie). Surtout la population civile subit les conséquences du double-jeu de Saddam Hussein et de l’embargo imposé à l’Irak (mortalité infantile, sous-nutrition …). Le programme « Pétrole contre nourriture » est dénoncé, des membres de l’ONU, des hommes politiques occidentaux et des entreprises sont accusés de corruption (film Trahison d’Etat).

- La guerre d’Irak et ses prolongements (2003-2011) 

Après les attentats du 11/09/2001, la guerre contre le terrorisme est présentée comme une « guerre juste », une « guerre absolue » visant à l’anéantissement d’un adversaire qualifié de criminel (cf Axe 1 Jalon 2). L’Irak de Saddam Hussein est accusé de détenir « des armes de destruction massive » et de soutenir Al-Qaïda, les E-U envahissent le pays en mars 2003…

Dossier pages 134-5

Q2 :  La guerre fut courte (2mois) car les moyens militaires étaient disproportionnés. Les troupes américaines stationnaient déjà au Moyen-Orient (Qatar, Bahreïn …) et elles ont pu compter sur l’aide de la rébellion kurde au Nord du pays. La guerre fut condamnée par l’ONU et des alliés traditionnels des EU –France, Allemagne- ont refusé d’y participer. Les pertes de la coalition s’élèvent à 580 morts, les pertes irakiennes sont difficiles à évaluer. Le régime s’effondre, Saddam Hussein est arrêté et jugé, son parti, le Baas, est dissout et de nombreux fonctionnaires et militaires se retrouvent au chômage.

Q3 : l’intervention militaire s’est transformée en guerre asymétrique. La fin officielle des combats ne signifie pas la fin de la guerre. Les pertes sont supérieures les années suivantes (800 à 1000 morts / an) de 2004 à 2008. La guérilla se poursuit et des attentats ont lieu tous les jours visant les Occidentaux et les civils irakiens. En 2006, 100 civils meurent par jour en Irak (doc. 1) et la barre des 4000 morts est franchi pour la coalition en 2008. Le groupe Al-Qaïda se nourrit de la situation, des attentats sont commis par des milices sunnites ralliées au groupe terroriste. Les cibles sont autant les populations kurdes, chiites que les Occidentaux.

Q4. Les troupes américaines quittent l’Irak en 2011, retrait qui fait clairement apparaitre « le déclin relatif » de la puissance américaine au Moyen-Orient (déclin confirmé par le refus d’Obama d’intervenir en Syrie, en 2012, lorsque le gouvernement syrien franchit la « ligne rouge » de l’utilisation des armes chimiques).

Les Etats-Unis laissent un pays divisé sans gouvernement reconnu par l’ensemble de la population, le state-building (définition page 134) en Irak a échoué. Les anciens militaires et fonctionnaires de Saddam Hussein ont été évincés pendant de nombreuses années, les chiites –auparavant opprimés- ont accaparé le pouvoir. Les violences entre communautés ont augmenté (Arabes sunnites, Arabes chiites, Kurdes), alimentées par des puissances étrangères (Iran, Turquie) ou par les groupes terroristes (Al -Qaïda, puis Daech).  

Bilan : la situation en Irak depuis 2011 (extrait Dessous des cartes). La question de la construction d’un Etat nation irakien se pose toujours, les gouvernements de coalition ont du mal à se maintenir, tant les divisons sont importantes entre les partis et la menace des groupes terroristes présente. Surtout, l’Irak demeure sous l’influence de l’Iran et des Etats-Unis (quelques milliers de soldats encore présents pour la lutte contre Daech).

 

Jalon 2 : Du conflit israélo-arabe au conflit israélo-palestinien : les tentatives de résolution, de la création de l’Etat d’Israël à nos jours

Problématique du Jalon : comment la succession et l’emboitement des conflits impliquant le nouvel Etat d’Israël à ses voisins rendent les accords de paix fragiles ?

- Les relations entre Israël et les Etats arabes de 1948 à nos jours

Document vidéo et cartes page 126 et frise chronologique page 128.

Légende et croquis ci-dessous :

 

Bilan : Les guerres israélo-arabes sont d’abord un conflit politique et territorial, puis elles deviennent un affrontement absolu quand les Etats arabes refusent de reconnaître l’existence d’Israël au Moyen-Orient et appellent à sa destruction. En conquérant des territoires, les Israéliens chassent les populations palestiniennes ou les maintiennent dans une situation de soumission.

La construction de la paix entre ces Etats illustre l’échec de la sécurité collective dans cette partie du monde. Lorsque l’ONU parvient à prendre une résolution, celle-ci est sans effet, comme la résolution 242 de 1967. Les processus de paix sont enclenchés secrètement sous l’égide des Etats-Unis, seule puissance capable de convaincre les différents camps, et sont souvent liés aux contextes géopolitique et géoéconomique qui forcent les rapprochements. En 2020, ce sont les attitudes de l’Iran et de la Turquie qui forcent certains Etats arabes à se rapprocher d’Israël. Même le Liban, pour exploiter le gaz découvert en Méditerranée, se rapproche de son voisin, pays avec lequel il n’avait plus de relations depuis la guerre de 1982. Dans tous les cas, on ne peut parler de paix positive, mais de paix imposée par l’évolution du contexte.

- Les conflits israélo-palestiniens de 1948 à nos jours

Les Palestiniens : dessous des cartes, la diaspora palestinienne, jusqu’à 3’30.

Qui sont les Palestiniens ? Où vivent-ils ? Que souhaitent-ils ? Comment expriment-ils leur revendication (diapos) ?

Les Palestiniens sont les habitants de la Palestine mandataire, pays qui a disparu en 1949. Maintenant les Palestiniens, environ 10M de personnes, sont dispersés entre Israël (ils sont citoyens israéliens), la Cisjordanie et Gaza (territoires dépendant plus ou moins de l’Autorité palestinienne), les Etats arabes voisins (Jordanie, Liban, Syrie) et le reste du monde. Les Palestiniens chassés en 1949 et 1967 ont le statut de réfugiés.

Les Palestiniens souhaitent retrouver leur terre –et donc chasser les Israéliens-. Leurs modes d’action sont ceux du conflit asymétrique. D’abord les actions terroristes de l’Organisation de Libération de la Palestine dans les années 70 et 80 (détournement d’avions, prises d’otages…) ; puis les actions se diversifient après la reconnaissance mutuelle des Israéliens et de l’OLP dans les années 90 : acte terroriste isolé, attaque terroriste du Hamas (p. 137) à partir de Gaza, manifestations très médiatisées qui dégénèrent fréquemment et qui entrainent la mort de Palestiniens. 

Les accords d’Oslo de 1993 auraient pu constituer un tournant dans les tentatives de résolution de conflit au Proche-Orient.

Doc. 4 page 131 : dans quel contexte régional et internationale ces accords sont-ils négociés ?

- la fin de la guerre froide, l’intervention contre l’Irak ; l’hégémonie mondiale des E-U qui militent pour l’action collective au sein de l’ONU

- Un changement politique en Israël avec l’arrivée au pouvoir Y. Rabin qui met en œuvre les conditions pour négocier avec l’OLP ; OLP, en opposition avec la Hamas (groupe armé islamiste palestinien), soutenue par l’opinion publique dans de nombreux pays du monde, accepte également de négocier.

Document 2 page 130 : en quoi consiste les Accords d’Oslo ? Ils consistent en la création d’une Autorité palestinienne transitoire, en la libération progressive des territoires palestiniens (d’abord Gaza et la région de Jéricho), c’est-à-dire l’application des résolutions de l’ONU. Le but étant la création prochaine d’un Etat palestinien.

Mais de nombreux obstacles demeurent :

Doc. 5 page 131 : l’opposition d’une partie des populations dans les deux Etats. Y Rabin est assassiné en 1995 par un extrémiste juif. Le Hamas remporte les élections à Gaza en 2007 et chasse l’Autorité palestinienne.   

La solution à deux Etats ? vidéo

Quels sont les obstacles pour une solution à deux Etats ?

Palestiniens divisés entre Hamas (Gaza) et Autorité palestinienne (en Cisjordanie) ; Gaza subit un blocus car le Hamas rejette Israël.

Gouvernement israélien de droite nationaliste de Netanyahou hostile à l’existence d’un Etat palestinien. S’il veut rester au pouvoir, Netanyahou doit contenter les colons et la droite religieuse.

Plan de Trump qui réduit l’Etat palestinien à peau de chagrin. Vidéo:

En effet l’obstacle principal demeure celui du partage territoire, notamment de la Cisjordanie.  Car :

(Vidéo) La Cisjordanie est en fait un territoire émietté par des colonies de peuplement israéliennes, lesquelles sont souvent protégées par un mur de séparation. En outre, l’armée israélienne est encore très présente en Cisjordanie notamment dans la vallée du Jourdain (pour contrôler l’accès à l’eau).

(Vidéo) Il n’y a pas d’accord sur le statut de Jérusalem, les deux veulent en faire leur capitale. Les Israéliens cherchent à s’approprier Jérusalem-Est. Jérusalem est une capitale religieuse pour les juifs, les chrétiens et les musulmans. Son annexion totale par Israël pourrait raviver les tensions au Moyen-Orient, Erdogan ayant par exemple clairement exprimé son hostilité au plan Trump concernant la ville. 

 

Légende du croquis : Les relations d'Israël et des Etats armes de 1947 à nos jours

1. La création de l’Etat d’Israël et les conflits israélo-arabes (1947-1973) 

- L’émigration de population juive vers la Palestine sous mandat anglais          

- La proposition onusienne d’Etat juif en 1947

- Etats arabes en guerre contre le nouvel Etat israélien (1948-49) : 

- La ligne verte, nouvelle frontière de l’Etat israélien en 1949

- Les guerres de 1967 et de 1973 : les territoires occupés et annexés

- Les guerres de 1967 et de 1973 : les territoires occupés puis restitués par Israël

 

2. La question palestinienne crée une instabilité régionale

- Des résolutions de l’ONU condamnent l’occupation israélienne des territoires palestinien et syrien et l’expulsion des habitants.

- Camps de réfugiés palestiniens, foyers des attaques contre Israël

- L’OLP, Organisation de Libération de la Palestine soutenue par les Etats arabes

- 1982 Israël envahit le Liban pour y chasser l’OLP et les combattants palestiniens

 

3. La normalisation des relations avec les Etats arabes

- L’action des Etats-Unis en faveur du processus de rapprochement des Etats arabes avec Israël

- Normalisation progressive des relations avec :

            1979, avec l’Egypte

            1994, avec la Jordanie

            2020, avec les Emirats Arabes Unis, Bahreïn et l’Arabie Saoudite

- 1993, Reconnaissance mutuelle d’Israël et de l’OLP. Naissance de l’Autorité palestinienne

- Un adversaire commun à Israël et aux Etats arabes : l’Iran

Réalisation A. Folly, E. Al-Salhi, 2020

Réalisation A. Folly, E. Al-Salhi, 2020

Conclusion : Clausewitz et les guerres actuelles. Clausewitz peut-il être encore utilisé pour caractériser les conflits actuels ? Reprenons les trois dimensions.

            La dimension militaire. L’arme nucléaire a changé la donne. La recherche de la bataille décisive n’est plus possible. La stratégie des militaires évite donc les batailles de grande ampleur, préfère les attaques limitées, économes en moyens et en vies humaines. Pourtant, des individus, des groupes n’hésitent pas à attaquer les Etats, pratiquant une guerre irrégulière. Cette forme non conventionnelle et asymétrique des conflits armés déstabilise les stratèges militaires.

            La dimension politique. L’arme nucléaire réduit les ambitions politiques des Etats puisque les risques de destructions sont immenses. Le rejet des accords de limitation des armes et réarmement récent de nombreux Etats sont probablement une impasse politique. Pourtant certains Etats autoritaires affichent une véritable politique de puissance qui se manifeste par une attitude belliqueuse et une volonté d’expansion territoriale (Turquie, Chine). Puis les démocraties, affaiblies par les problèmes sociaux et économiques, par l’évolution des mentalités face à la violence, paraissent démunies face aux guerres non conventionnelles contre des acteurs qui ne sont pas des Etats. Tout comme Clausewitz qui n’entrevoyait la guerre réelle qu’entre Etats.

            La dimension individuelle. Les individus, ou les groupes d’individus, en dehors de tout cadre étatique sont aujourd’hui les acteurs de premier plan des conflits armés. Ils appartiennent à des minorités séparatistes, des groupes religieux, des trafiquants ; ils profitent de la faiblesse ou de la défaillance de nombreux Etats et sont capables de mener des conflits de forte intensité à une échelle vaste. La violence est souvent inscrite dans leur idéologie et leur mode de fonctionnement.

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