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La guerre froide, conflit idéologique, conflit de puissances

27 Mars 2017 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #1ere ES

 

1945, les régimes nazi et fasciste sont anéantis. Mais, la Grande alliance née de l’affrontement contre l’Axe est affaiblie, les divergences apparaissent très vite entre les démocraties libérales victorieuses et le régime soviétique de Staline. Ainsi, immédiatement, un nouveau type de conflit s’impose, surtout idéologique, sans affrontement armé direct, c’est la guerre froid. Ainsi, les deux puissances, E-U et URSS, en mesure de mener un nouvel affrontement global, instaurent une relation complexe.

Quelles sont les nouvelles modalités d’affrontements après 1945 ? Comment cet affrontement divise le monde ? Quelles évolutions connait l’opposition Est-Ouest entre 1945 et 1991 ?

 

I – Les rythmes d’un affrontement d’abord idéologique

Cet affrontement montre les aspects d’une guerre totale : poids des complexes militaro-industriels, rôle de la science, usage de la propagande, encadrement idéologique, répression des dissensions internes….

A – Un affrontement idéologique

- Deux idéologies antagonistes face à face.

 

Modèle occidental (E-U)

Modèle soviétique (URSS)

Politique

La Démocratie libérale : une démocratie qui respecte le pluralisme politique, la séparation des pouvoirs et les droits de l’homme

 

Etat soviétique dominé par le Parti Communiste. Domination qui s’étend aux différentes républiques composant l’URSS ainsi qu’aux démocraties populaires d’Europe de l’Est.

Economique

Le libéralisme économique : la libre entreprise, la propriété privée, l’engagement limité de l’Etat. Le capitalisme.

Absence de propriété privée ; propriété collective des moyens de production, activité économique contrôlée par l’Etat.

Société

Société libérale mais inégalitaire. Etat intervient pour réduire ces inégalités.

Société communiste égalitaire, sans classes sociales.

 

- La dénonciation de l’idéologie concurrente ; la défense de son modèle par la propagande.

Page 111.

Cette affiche soviétique de 1950 critique le modèle de la démocratie libérale en niant le respect des libertés fondamentales par l’Etat américain.

Le cadenas sur la bouche de la statue de la liberté souligne l’absence de liberté d’expression ; la première vignette à gauche souligne la soumission de la presse aux intérêts politiques et financiers (wall street) ; la seconde rappelle que l’on peut y être emprisonné pour ses opinions politiques (communistes) ; le policier et les vignettes de droite montre un état policier raciste qui accorde moins de droits aux Noirs (Ku Klux Klan) et refuse le droit de manifester aux travailleurs.

Affiche française du mouvement paix et liberté de 1951. Ce dessin représentant une carte illustrée de l’URSS utilise la caricature et le dessin humoristique pour dénoncer le système soviétique : le pouvoir absolu de Staline et du PC, la propagande et l’encadrement de la société ; la militarisation du pays et surtout la répression et le système du Goulag.

Voir aussi le tableau d’A Fougeron, la civilisation atlantique, 1953 (AP : histoire des Arts)

- La propagande sert aussi à défendre son modèle, souligner le danger représenté par l’adversaire…

Du côté américain, les Comics (la bande dessinée) patriotiques apparus pendant la Seconde guerre mondiale, mettent en scène des super héros qui défendent les E-U contre communisme (page 110). Le comic-book « is this tomorrow » imagine ce que seraient les E-U sous un régime communiste. Mais aussi : les jeux de société (Victory over communism, 1964) ; le cinéma hollywoodien (I married a communist, 1949). Le cinéma américain adopte un code moral et patriotique, ce qui limite sa liberté de création.

Des deux côté un climat de psychose et de terreur s’installe. Aux Etats-Unis, au début des années 1950, le sénateur McCarthy instaure une commission qui enquête sur toutes les personnes influentes, les fonctionnaires et établit une liste de suspects communistes. Le climat d’anticommunisme atteint son point culminant en 1953-4, et est symbolisé par l’exécution des époux Rosenberg, un couple de communistes new-yorkais accusés de trahison (diapo).

B – Une alternance de périodes de tensions fortes et de périodes de détente

Schéma. La guerre froide est une succession de phases de tensions fortes, de crises opposant ouvertement les deux Grands et de phases de tensions faibles, de dégel des relations, de détente avec toutefois des conflits secondaires ou périphériques…

Phases

Evènements

Chefs d’Etat américains

Chefs d’Etat soviétiques

1945-1953 : hausse des tensions

Plan Marshall ; Blocus de Berlin (1948) ; guerre de Corée (1950-53)

H. Truman

Staline

1953-1960 : baisse

 

 

 

N. Khrouchtchev

1961-1962 : hausse

 

Crises de Berlin (1961) et de Cuba (1962)

J.F. Kennedy

N. Khrouchtchev

1962-1979 : baisse

 

 

DETENTE

Guerre du Vietnam

 

R. Nixon

J. Carter

L. Brejnev

1980-1986 : hausse

 

Crise des missiles en Europe

R. Reagan

J. Bush

 

1986-1991 : fin de la guerre froide

 

Crise des missiles en Europe ; chute du mur de Berlin (1989) ; fin de l’URSS (1991)

 

M. Gorbatchev

 

II – Un conflit de dimension mondiale …

Peu d’Etats sont restés à l’écart de l’opposition Est/Ouest.

A – La stratégie de l’endiguement et la constitution de Blocs territoriaux

1945 : la Seconde guerre mondiale s’achève sans accord de paix, les rencontres entre vainqueurs n’aboutissent pas à des accords et un statu quo est établit autour des positions militaires des Alliés : l’Est de l’Europe reste sous occupation soviétique, l’Ouest sous contrôle anglo-américain. En 1946, Churchill dénonce le « rideau de fer » qui s’établit en Europe. A l’Est, le retour à la démocratie est contrarié par l’URSS qui veut imposer des régimes communistes. Les Etats-Unis du Président Truman décident de réagir …

- Doc. 2 p. 118 : la doctrine Truman du containment ou de l’endiguement. Le président veut contenir l’expansion du communisme dans le monde.

1) Truman oppose la démocratie libérale (un régime où le peuple est souverain, élit des représentants et qui respecte les libertés fondamentales) et le régime soviétique qui en est son exact contraire (gouvernement autoritaire d’un groupe, libertés fondamentales non respectées)

2) Truman veut aider matériellement et financièrement les Etats qui connaissent des difficultés après la guerre. Les E-U veulent contenir les crises économiques, sociales qui créent une situation politique favorable aux partis communistes. Selon Truman, ils entendent agir en respectant les droits des peuples souverains, c’est-à-dire conformément « aux principes de la Chartes des Nations unies ». Le Plan Marshall de 1947, une aide matérielle et financière aux Etats d’Europe de l’Ouest, est la concrétisation de cette politique d’aide.

L’attitude des E-U suscite une réaction en URSS : c’est la doctrine Jdanov.

1) Jdanov veut engager la résistance contre l’ « impérialisme américain » en soutenant les PC du monde entier. La politique américaine est qualifiée d’impérialiste, c’est-à-dire de domination politique, militaire, économique et culturelle sur le monde entier.

Les deux doctrines aboutissent à la constitution d’alliances entre Etats et à la formation de blocs idéologiques et territoriaux : le bloc occidental / bloc communiste, de l’Est.

- Cartes p. 112-3 : le monde est divisé en deux blocs

1) Bloc de l’Est à partir de l’URSS et de la Chine (1949) qui s’étend en Europe orientale (alliance militaire du Pacte de Varsovie, 1955)

Bloc de l’Ouest à partir des E-U qui s’étend au continent américain, à l’Europe occidentale (alliance militaire de l’OTAN, 1949), au Moyen-Orient, au Japon, à la Corée du Sud, à l’Australie et NZ avec lesquels les E-U ont aussi établi des alliances militaires (doc. 3 p. 112).

Diapo. Pour le bloc communiste, il y a un véritable sentiment d’encerclement par les Occidentaux. L’URSS et la Chine vont tenter de le rompre en établissant des relations et des alliances avec des Etats d’Amérique, d’Afrique et d’Asie du Sud.

2) La logique des blocs Est-Ouest s’impose presque au monde entier, notamment au tiers Monde, le « troisième monde » en développement issu de la décolonisation.

- Entre les deux blocs : Berlin, théâtre de la Guerre froide. Dossier pages 114-115.

1) Berlin est une enclave occidentale en plein bloc de l’Est (partie de l’Allemagne occupée par l’armée rouge = future RDA). Les deux modèles y sont face à face et Berlin est le symbole de l’incapacité des deux camps à s’entendre sur le sort à réserver à l’Allemagne vaincue.

2) Les Soviétiques mettent en avant les « actions hostiles » des Occidentaux contre le bloc communiste pour justifier le blocus de la ville en 1948 et la construction du mur en 1961. Les Occidentaux menaceraient la population et l’Etat Est-allemand.

3) Les Allemands de l’Est peuvent comparer l’évolution des deux parties de la ville et constatent les progrès réalisés en Occident, alors que leurs mouvements sociaux sont réprimés par l’Etat et les Soviétiques (1953). Jusqu’à la construction du mur, ils migrent massivement en Occident en passant par Berlin-Ouest.

4) Ils est construit pour de fausses raisons, divise les Berlinois et sépare totalement les deux blocs, les deux modèles en Europe, jusqu’en…. 1989.

 

B – L’enjeu du tiers monde

- Avec la décolonisation, le nombre des Etats augmente en Asie et en Afrique. Ceux-ci n’ont souvent que deux choix : s’allier à l’un des deux Grands, leader des blocs, ou rester indépendant, neutre, dans le groupe des pays non-alignés. Cette dernière position était difficile à maintenir tant l’influence idéologique des blocs est forte et les nouveaux Etats avaient besoin d’aides et de soutiens pour se développer. Ainsi les Etats décolonisés du tiers monde devinrent un enjeu pour les Etats-Unis, l’URSS ou la Chine.

Carte page 127 : l’Afrique, lieu d’affrontement entre l’Est et l’Ouest. Peu d’Etats ont pu demeurer neutres. C’est par l’intermédiaire de Cuba que le bloc communiste est intervenu dans certains Etats africains (Angola, Mozambique).

- Un exemple pages 124-125: la guerre du Vietnam (1955-1975)

qui oppose l’Etat nord-vietnamien avec le Viêt-Cong (sud-vietnamiens favorables à l’unification) soutenus par le bloc communiste à l’Etat sud-vietnamien soutenu par les E-U.

1) Les E-U veulent empêcher l’expansion du communisme en Asie du S-E. Ils entendent aider financièrement, économiquement, militairement l’Etat sud vietnamien même si « il doit rester libre de pouvoir l’accepter » (doc.1). Dans les faits, les E-U dès le milieu des années 50 envoient des soldats et construisent des bases militaires au Vietnam. Le gouvernement sud-vietnamien était très impopulaire, le gouvernement américain encourage les coups d’Etat et soutient les nouveaux dirigeants… En 1964-65, les E-U engagent officiellement des troupes sur le terrain.

2) Il prend diverses formes. D’abord les bombardements massifs au N Vietnam dès 1964, avec l’utilisation des armes chimiques (agent orange) et du napalm. Les soldats du Viêt-Cong utilisent la guérilla, l’affrontement est donc asymétrique (opposant des forces militaires très inégales) et très violent (doc3). Les soldats communistes sont néanmoins capables de lancer une grande offensive en 1968 (offensive du Têt) qui a plus un impact psychologique que militaire. Des deux côtés les victimes civiles sont nombreuses, notamment à cause des massacres et des bombardements (doc.4).

3) L’impact de l’offensive du Têt en 1968 est d’abord psychologique, l’opposition à la guerre s’accroît aux E-U et dans le reste du monde. Une partie de la jeunesse américaine rejette le conflit parce qu’il ne respecte pas les principes et les valeurs défendus en Occident, parce que l’engagement militaire s’accompagne de la mobilisation croissante de jeunes appelés (plus de 500 000 soldats américains en 1968).

4) La guerre du Vietnam oppose indirectement les deux blocs, même si des soldats chinois et soviétiques étaient en fait présents sur le terrain et certains ont pris part aux combats. La guerre était une démonstration de puissance pour les E-U, qualifiée d’impérialisme par les communistes. Les pertes humaines (57000 morts), le coût de la guerre et finalement la première défaite de leur histoire provoquent une crise morale et politique aux E-U dans les années 1970. Au contraire le bloc communiste est à son apogée, surtout pour la Chine qui devient un leader des pays du Tiers monde …

III – … sans affrontement direct

A – Eviter l’affrontement direct : la dissuasion nucléaire

- Les deux camps se lancent dans une « course aux armements » classiques et nucléaires (doc. 2 page 120). L’URSS se dote de la bombe atomique en 1949, les E-U de la puissante bombe H en 1952, puis le R-U, la Chine et la France deviennent aussi des puissances nucléaires. Chaque camp possède des dizaines de milliers de têtes nucléaires dans les années 70 et 80. Un véritable « équilibre de la terreur » s’installe, la réalité d’une guerre nucléaire est omniprésente (diapo).

- Le déploiement des missiles nucléaires provoque de nombreuses crises : dans les années 80 en Europe (doc 3 p. 127), mais surtout à Cuba en 1962.

Dossier pages 120-121.

1) La crise débute lorsque les Américains découvrent que Castro voulant se protéger d’un nouveau débarquement américain accepte l’installation de missiles nucléaires soviétiques sur l’île de Cuba. Les E-U en font part à l’ONU afin de légitimer leur réaction ferme.

2) L’opinion publique occidentale a suivi en direct le déroulement de la crise grâce au nouveau media, la tv, et a pris conscience de la gravité de la situation et des espoirs que suscite sa résolution rapide.

3) Par la négociation rapide et efficace entre deux chefs d’Etat sages et conscients des risques qu’ils prenaient : N. Khrouchtchev et J.F. Kennedy.

4) Chaque camp considère l’issue comme un succès : Kennedy parce que la menace est écartée et que l’URSS a reculé même si le président américain «a eu la sagesse de dominer son succès » ; Le chef d’Etat soviétique parce que les Américains ont retiré leurs missiles de Turquie et se sont engagés à ne pas envahir Cuba. F. Castro se considère comme le perdant car il n’a pas eu son mot à dire dans les négociations (doc. 5).

5) Les deux camps s’attribuent le prestige d’avoir évité la guerre nucléaire. Afin qu’une telle situation ne se reproduise pas, ils décident d’engager une détente diplomatique et de développer les échanges et les contacts. Des traités sur la limitation des armes nucléaires sont négociés (Accords SALT), des accords sont conclus sur des principes et attitudes communs (accords d’Helsinki de 1975) et chacun s’engage à contrôler son bloc afin d’éviter les conflits qui pourraient rompre l’équilibre trouvé.

B- Les autres formes d’oppositions

… L’opposition se poursuit sur d’autres formes :

- la compétition économique ;

- la compétition technologique ;

-la conquête spatiale. Débutée par l’URSS avec le premier satellite et le premier homme dans l’espace (1957 et 1961), elle s’accéléra avec la volonté étatsunienne de poser un pied sur la lune avant la fin des années 60 (Apollo 11 en 1969). Elle se poursuivit dans les années 70-80 avec des programmes d’exploration du système solaire, de stations spatiales (Mir/Skylab) et de navettes spatiales, c’est-à-dire de lanceurs réutilisables.

-l’espionnage, les actions militaires et politiques secrètes. Chaque camp installe ou renverse des gouvernements, soutien des partis politiques, des dictateurs, des mouvements de résistance ou des guérillas (cf diapo).

 

CCL. 1989-1991, le bloc de l’Est et l’Urss s’écroulent de façon rapide et inattendue. La victoire américaine est complète et le président des E-U G. Bush affirme qu’un nouvel ordre mondial est possible…

Affiche du mouvement « Paix et liberté », 1951.

Affiche du mouvement « Paix et liberté », 1951.

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