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La République, trois républiques (2eme partie)

29 Mai 2015 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #1ere S

II – Les combats de la Résistance et la refondation républicaine (1940-1946)

 

 

A – Le Régime de Vichy, négation de la République

- Carte page 274.

22 juin 1940 : l’armistice est signé après quelques semaines combats. La France est occupée dans sa partie nord et sur son littoral, l’Alsace-Moselle est annexée au Reich et 1.5 M de prisonniers sont détenus en Allemagne. Hitler veut maintenir un Etat « souverain » en France…

 La débâcle militaire provoque une crise du régime, le président appelle le Maréchal Pétain, le héros militaire du Premier conflit mondial, le 16 juin pour constituer un gouvernement favorable à l’arrêt des combats. Le 10 juillet, il obtient les pleins pouvoirs des Parlementaires présents pour constituer un nouveau régime. La IIIe République n’est plus, le maréchal semble être « l’homme providentiel », celui qui va défendre les intérêts de la France face à Hitler. Il met en place un régime anti-républicain avec une idéologie nouvelle : la « Révolution nationale ». 

- Film : le Service d’Ordre de la Légion (SOL), film de propagande du régime de Vichy en faveur de la Milice (créée en 1943).

- Quelle image du régime de Vichy et du SOL, ce film donne-t-il ?

Un régime qui accuse la IIIe République d’avoir conduit la France à la défaite militaire ; un régime antisémite et anticommuniste accusant les juifs et les communistes d’avoir corrompu la République ; un régime anticapitaliste ; un régime au service de la restauration de la nation (« Révolution nationale ») avec des valeurs conservatrices : le travail, le sacrifice, la nation, la religion, l’ordre …

- La nature du régime

Le régime de Vichy est antirépublicain et anti-démocratique. Les pouvoirs sont concentrées entre les mains de quelques hommes : Maréchal Pétain, Pierre Laval… ; les libertés fondamentales sont suspendues (liberté d’expression, de presse, de circulation, droit de vote …).

Le régime est répressif contre les ennemis de l’intérieur (communistes, résistants), contre les étrangers et les juifs. Contre ces derniers, il prend des mesures dès l’automne 1940, participe à leur enfermement et à leur déportation.

Doc. 4 p. 277 : Document de propagande allemand. 1940 : Vichy collabore avec le régime nazi. Une collaboration d’Etat est instituée dans l’espoir de préserver les intérêts de la France dans l’Europe nazie. Cette collaboration est économique, les entreprises françaises travaillent pour l’Allemagne, les ressources sont prélevées et les jeunes contraints à travailler en Allemagne (Service du Travail Obligatoire, 1942). Elle aussi policière, la France arrête, enferme et déporte opposants, juifs.

 

B – Les résistances au régime de Vichy et à l’occupation allemande

- Documents pages 278-279 : les motivations et les modes d’actions des résistants

Les motivations

Les modes d’actions

1940 : la non-acceptation de la défaite = départ de militaires et civils vers le R-U (Général de Gaulle dès juin 1940)

1941 : invasion de l’URSS, les communistes entrent dans la résistance

1942 : création du STO, invasion de la zone libre, durcissement du régime de Vichy  accroissent les effectifs de la résistance

Les effectifs de la résistance demeurent limités, plus de 250 000 personnes en 1944 en France, au R-U et dans les colonies.

- Renseignement des Alliés

- publication d’affiches, tracts, journaux, émission de radio (Londres) = contre propagande

- Aide aux aviateurs alliés, aux étrangers, aux juifs par la population civile.

- Action armée : attentats, sabotages, évasions, guérillas… La résistance intérieure joue un rôle important dans la libération de la France en 1944.

Jusqu’en 1943, la résistance est constituée de groupes autonomes, épars et souvent divisés.

- La Résistance unifiée et le Conseil National de la Résistance (CNR, 1943-4)

Dossier pages 280-1

1) Les buts du CNR sont d’unir les différents mouvements de résistance afin d’agir plus efficacement contre Vichy et les forces allemandes, d’envisager la formation d’un gouvernement provisoire au moment de la libération regroupant les différents courants politiques et de proposer un programme politique, social et économique commun.

2) Son atout est de réunir des représentants des différentes forces politiques non compromises dans la collaboration (des républicains de droite aux communistes), des grands syndicats et des représentants des groupes de résistance. Sa faiblesse : les divisions idéologiques, les « différents » (texte 5) entre les personnes, sur les méthodes et les projets.

3) Le programme du CNR est un programme commun, de compromis entre les différents acteurs. Il veut le retour à la démocratie (« au suffrage universel » = droit des votes des femmes) et aux libertés fondamentales (suspendues par le régime de Vichy). Gaullistes, socialistes, communistes et syndicalistes s’entendent sur l’établissement d’une démocratie sociale qui accorde aux citoyens « tous les moyens d’existence » (sécurité sociale, école, travail …) et qui confie à l’Etat les moyens de reconstruire le pays et de diriger l’économie (nationalisation des entreprises et des banques, établissement de plans de cinq ans fixant des objectifs économiques et de développement).

Juin 1944 : le gouvernement provisoire de la République française (GPRF) est institué et gouverne la France jusqu’à la fin de l’année 1946. Il a la charge de mettre en place de nouvelles institutions républicaines et d’entamer les réformes économiques et sociales souhaitées par le CNR.

 

C – La refondation républicaine (1944-46)

- Le contexte de la refondation

Une transition entre le régime de Vichy et le GPRF qui s’opère efficacement, les hauts fonctionnaires du régime de vichy sont remplacés. 100 000 personnes sont condamnées (doc. 2 page 285), mais 10 000 personnes sont exécutées sommairement pendant l’épuration.

Le suffrage universel est réinstauré, étendu aux femmes. Les Français, par référendum,  refusent de revenir à la IIIème République et une Assemblée constituante –chargée de rédiger la Constitution- est élue le 21 octobre 1945.

Document 1 page 284.

1) Les forces de gauche (PC, SFIO –socialistes- et radicaux) dominent l’Assemblée en 1945, le PC est le premier parti de France.

2) Le PCF passe pour le parti de la Résistance, celui des fusillés (doc. 4), bénéficie du prestige de Staline en Europe et incarne l’espoir d’une France nouvelle (« le Parti de la Renaissance française »).

- Une nouvelle République démocratique et sociale

Dossier page 286-7 doc. 1 et 4

Q1 : Un ensemble de droits sont affirmés dans le Préambule de la Constitution en faveur du travailleur et de sa famille. Certains sont écrits dans l’ordonnance de la création de Sécurité sociale (octobre 1945).

D’abord le droit à un emploi, le droit à l’adhésion à un syndicat, l’absence de ségrégation au travail, le droit à exprimer son avis dans le choix des conditions de travail dans l’entreprise (conventions collectives).

Puis, le Préambule affirme le droit de tout homme à la protection et au soutien de la nation. D’abord le travailleur en cas de maladie, d’accident de travail, et de retraite ; puis sa famille par un ensemble de prestations sociales ; enfin, ceux qui ne peuvent travailler ont aussi droit à la protection de la nation. Ce sont ces principes qui correspondent à la création de la Sécurité sociale.

Le Préambule de la Constitution affirme aussi les droits à l’instruction, à l’accès à la culture et établit l’égalité homme-femme. En cela il reprend les principes énoncés dans le Programme du CNR.

- mais une nouvelle République fragile

Le Général de Gaulle est opposé au projet de Constitution. Doc. 1 page 285.

1) De Gaulle critique la dépendance du gouvernement à l’Assemblée nationale. 2) Il souhaiterait que celui-ci dépende du Chef de l’Etat, situé au-dessus des partis, garant de la séparation des pouvoirs. De Gaulle veut éviter l’instabilité ministérielle de la IIIe République car l’Assemblée intervenait dans la formation des gouvernements et pouvait les renverser. En désaccord avec l’Assemblée nationale constituante, le Général de Gaulle venait de démissionner de la présidence du GPRF au moment où il prononce ce discours.

Doc. 2 page 286. Finalement, la nouvelle constitution n’est approuvée que par un peu plus d’un tiers des électeurs inscrits, un autre tiers n’est pas venu voter !

Doc 5 page 287 Q4. La IVe République fonctionne comme la IIIe. Le mode de scrutin –la proportionnelle- ne permet pas d’obtenir de majorité forte, des compromis et des alliances sont nécessaires pour soutenir les gouvernements. Le Président du Conseil doit constamment chercher des soutiens à l’Assemblée pour constituer son gouvernement et mettre en œuvre sa politique. Le gouvernement redevient dépendant du pouvoir législatif.

1947 : Avec le début de la guerre froide, le PC est exclu du gouvernement et se positionne en opposant au régime. De Gaulle crée le RPF (Rassemblement du Peuple Français), le rassemblement de ceux qui sont opposés à la nouvelle république. Les principaux acteurs de la Libération rejettent le régime, la IVe République s’en trouve fragilisée…  

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