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Les États-Unis et le monde depuis 1945 (Term. S)

11 Février 2015 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #Term. S

 

 

Dans l’entre-deux-guerres, les Etats-Unis sont déjà une grande puissance, mais c’est la Seconde guerre mondiale, puis la guerre froide qui les imposent comme la première puissance mondiale.

 

Quels sont les facteurs et les manifestations de la puissance américaine depuis 1945 ?

 

I - Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis assument leur puissance

 

Les Etats-Unis sortent de l’isolationnisme et s’engagent pour la première fois dans le monde en temps de paix. Ils assument leur puissance et impulsent un nouvel ordre mondial qui repose sur l’ONU.

- d’abord, la première puissance économique

Dossier p. 54-55

1.  1945 : espoirs que le libre-échange et la coopération économique peuvent garantir la paix et faciliter la reconstruction économique. Un nouveau système économique mondial est ratifié aux accords de Bretton Woods (juillet 44). = mise en place d’un Système monétaire international fondé sur le dollar (monnaie des échanges, monnaie de réserve convertible en or). Ce SMI doit garantir la parité des monnaies entre-elles, le FMI aidera les Etats en difficulté et la Banque Internationale de Reconstruction et de Développement (future Banque mondiale) facilitera la reconstruction et le développement des Etats ravagés.

2. Pendant les années 50-60, les Etats Unis s’endettent, ils le font car ils contrôlent la monnaie qui leur permet de s’endetter, le dollar. De plus leur déficit commercial augmente, ainsi la quantité de dollar possédée par les pays étrangers augmente et dépasse le volume d’or de la Réserve Fédérale américaine. Or le dollar est la seule monnaie qui peut être échangée contre de l’or. Craignant l’épuisement de leur réserve, les E-U suspendent la convertibilité du dollar et provoquent la chute de leur monnaie.

3. Le dollar reste la monnaie des échanges commerciaux et la principale monnaie de réserve dans les banques centrales des pays du monde.

- Les leaders d’un nouvel ordre mondial

Les Etats-Unis sont une grande puissance militaire et diplomatique. Ils possèdent une grande avance technologique, ont construit la bombe atomique et ont implanté des bases militaires sur tous les continents et océans.

Surtout ils sont les promoteurs d’un nouvel ordre mondial fondé sur le libre-échange et la démocratie libérale.

Ils encouragent la fondation de l’ONU en 1945 (siège à New York), condamnent la colonisation, défendent les Droits de l’Homme (Déclaration Universelle des DH, 1949) et la démocratie libérale (qui respecte le multipartisme et la séparation des pouvoirs).

Ils débutent une vague de négociations pour la réduction des droits de douanes à l’échelle mondiale (Accords du GATT), ils aident les pays européens dans leur reconstruction économique et sociale (Plan Marshall, 1947).

 Mais l’ordre mondial qu’ils défendent les conduit à s’opposer à l’URSS et à ses alliés communistes.

 

 

II – Les Etats-Unis dans le contexte de la guerre froide

 

 La force de leur économie leur permet de développer les autres facettes d’une puissance sans précédent (militaire, technologique, financière mais aussi culturelle à travers le « soft power ») qui, en retour, soutiennent la croissance ;

- La puissance militaire et technologique : le hard power

Cette puissance est mise au service de l’endiguement (p. 49) du communisme (politique du containment de H. Truman, 1947), de la défense de la démocratie et des libertés.

Doc. 1 p. 52 : Les  E-U s’allient avec les Etats européens et le Canada pour la défense de la démocratie et des libertés. Ce traité est une alliance militaire qui vise à défendre ses membres de toute agression. En  Europe = OTAN, 1949 ; des alliances équivalentes existent avec l’Amérique latine, les Etats du Moyen Orient et d’Océanie…

Diapo : Elle se manifeste par une course aux armements (conventionnels et nucléaires) et à l’espace, des interventions militaires (Corée, Vietnam), les soutiens à des guérillas anti-communistes (Afghanistan, Amérique latine), l’installation et le soutien à des dictateurs (Amérique Latine).

 

- Le modèle culturel et idéologique : le soft power

Un affrontement idéologique : défense du modèle américain (démocratie libérale, capitalisme, un mode de vie individualiste, puritain, consumériste), rejet du modèle communiste qui apparait comme une menace pour les Américains.

L’Etat fédéral fait de la protection de la nation américaine une priorité : création d’institutions (CIA), lois protectrices, recherche des personnes suspectes et espions (Maccarthysme), préparation de la population à l’affrontement militaire.

Utilisation du cinéma à des fins de propagande.

Doc 2 p. 66 Q 4 : Le cinéma doit montrer des valeurs et des actes positifs, humanistes. Toutes  les attitudes immorales doit être évitée (crimes, sexualité, non-respect de la religion, des lois, du drapeau …).

Toutefois, pour des raisons économiques, le cinéma américain a su s’adapter aux exigences des spectateurs, refléter leurs préoccupations et n’hésita pas à contester ce modèle (années 60-70).

Le cinéma américain des années 80 donne l’image d’une Amérique triomphante. Les E-U de R. Reagan et de G. Bush l’emportent : le modèle économique libéral et capitaliste s’impose ; La Chine s’ouvre ; la démocratie se répand ;  le bloc soviétique s’effondre en Europe (1989) et l’URSS implose.

 

 

III – De la promesse d’un « nouvel ordre mondial » après l’effondrement du bloc communiste…. aux doutes et contestations après 2001.

 

- Une hyperpuissance gendarme du monde ?

Documents 1 et 4 : Q1

Les E-U sortent renforcés de la guerre froide car ils sont une puissance complète, une « hyperpuissance » selon H. Védrine.

Une puissance militaire (seule puissance capable de se projeter partout dans le monde), une puissance économique ($, FTN, domination des institutions économiques) constituent le Hard power. Les E-U peuvent contraindre les autres Etats à modifier leur position politique ou économique.

Carte p. 51. La puissance technologique (industries des nouvelles technologies, surtout des NTIC, Universités, pôles technologiques), culturelle (FTN de l’industrie culturelle, langue), un modèle politique (démocratie libérale) et un mode de vie copié constituent le Soft power, la puissance que d’autres pays veulent « suivre ».

Lire pages 68-69 : la puissance culturelle des E-U au XXe s.

 

Docs 3 et 4 : Q3 : Quels sont les choix de politique étrangère qui s’offrent aux Etats-Unis ?

S’engager militairement et politiquement pour la « paix et le changement » doc. 3 : Les E-U interviennent ainsi au Koweït contre l’Irak en 1990-1 (carte p. 50-51), en Somalie, dans l’ex-Yougoslavie (1995-1999) ; rapprocher Palestiniens et Israéliens (Accords d’Oslo, 1993)

Ne pas intervenir, limiter leur engagement : l’intervention des E-U dans l’Ex-Yougoslavie, en Bosnie et en Serbie a essentiellement été constituée de raids aériens …

Diapo : En 1997, Bill Clinton dit que les E-U ne peuvent être « les gendarmes du monde ». La priorité de leur engagement : défendre leurs intérêts économiques et stratégiques, poursuivre leurs alliances militaires et économiques ; promouvoir la démocratie et le libre-échange qui garantissent la paix entre les Etats.

Agir seul en tenant seulement compte de leurs intérêts = unilatéralisme

Agir avec les autres nations ou avec l’ONU = multilatéralisme.

Dans la situation compliquée de l’après-guerre froide, les E-U semblent hésiter, alors que d’autres défis apparaissent : les trafics (armes, drogues), la criminalité mondialisée, le terrorisme …

 

- Une puissance fragilisée et contestée après 2001.

11 septembre 2001 : Attentats aux E-U (3000 morts). Réaction brutale des E-U : intervention militaire en Afghanistan (2001), en Irak (2003), désignation d’Etats ennemis : l’Axe du mal

Intervention en Irak sans l’accord de la communauté internationale et les E-U ne respectent pas les idéaux qu’ils ont toujours défendus face aux nouveaux lieux et formes des conflits, leurs exactions sont condamnées…

La réaction brutale des États-Unis après le 11 septembre 2001 se produit au moment même où les fondements de leur puissance sont remis en cause de manière spectaculaire, ne leur permettant plus de jouer le rôle qui était jusqu’à présent le leur.  La situation économique se dégrade : déficit commercial, déficit budgétaire, crise industrielle, crise financière, augmentation des inégalités sociales (modèle remis en cause). Alors que des puissances émergent sur le plan économique, lesquelles n’hésitent  pas à contester la suprématie étatsunienne : Brésil, Chine, Russie…

Leur conception des relations internationales se heurte à des résistances de plus en plus vives. En Amérique latine (Brésil, Bolivie/Venezuela/Cuba/Equateur), en Extrême-Orient (Chine), en Europe de l’Est (Russie), au Moyen Orient (Etats islamiques, islamisme radical) etc…

Barack Obama qui arrive au pouvoir en 2008, organise le retrait d’Afghanistan et d’Irak pour satisfaire l’opinion publique. Mais sa politique extérieure est critiquée : inaction en Syrie, Etats afghans et irakiens très fragiles après le départ des forces coalisées, statu quo de la situation israélo-palestinienne, détérioration de la situation en Asie orientale et des relations avec la Russie.

Même leur influence économique est contestée : leur leadership dans les organisations internationales (cf cours sur la gouvernance mondiale) ; accords commerciaux bilatéraux avec l’UE avec l’Asie orientale incertains…

 

CCL : Etats-Unis, une puissance complète qui peine à garder son rang. Les défis sont nombreux, complexes, la suprématie réelle ou fantasmée des E-U  est de plus en plus contestée et leur modèle  attire de moins en moins…  

Dessin de Daryl Cagle, 17 septembre 2001

Dessin de Daryl Cagle, 17 septembre 2001

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