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La guerre et les régimes totalitaires (3ème partie)

12 Décembre 2014 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #1ere S

III – La seconde guerre mondiale, une guerre d’anéantissement

 

La Seconde Guerre mondiale témoigne d’un degré supplémentaire dans la guerre totale par la volonté d’anéantissement de l’adversaire.

Extrait vidéo : Goebbels promet la guerre totale au peuple allemand en 1943 après la défaite de Stalingrad (doc. 7 p. 93).

Dans quelle mesure la Seconde guerre mondiale apparait-elle comme une « guerre d’anéantissement » ?

A – Un degré supplémentaire dans la guerre totale

 

Quelles sont les caractéristiques nouvelles de la guerre ?

- Une guerre mondiale

Carte p. 86-87

Le Second Conflit mondial est une guerre de mouvement, les offensives sont rapides, la France est vaincue en quelques semaines, les Allemands sont aux portes de Moscou dès octobre 41. La tactique allemande, Blitzkrieg (p. 88) explique les succès de la Wehrmacht jusqu’à la fin de l’année 42. Les conquêtes japonaises sont aussi rapides, un vaste empire est constitué en Chine, Asie du S-E et dans le Pacifique en quelques mois, entre décembre 41 et la moitié de l’année 42.  L’extension géographique du conflit est considérable.

1) Les buts de guerre des nazis sont divers. Le principal est économique, il s’agit de donner aux Allemands un espace vital vaste vers l’Est, de conquérir des territoires riches en matières premières (minerais de Norvège, pétrole du Moyen Orient et de la mer Caspienne etc …). Le Japon entre en guerre contre les E-U car ceux-ci leur ont imposé un embargo économique et l’empire conquis doit leur fournir les ressources nécessaires pour se développer.

2) Aidés matériellement par les Alliés occidentaux les Soviétiques supportent le plus gros effort. Les conquêtes des années 43 et 44 permettent de libérer l’URSS, la Pologne. Les Anglais se battent en Afrique du Nord pour repousser l’offensive allemande en Egypte.

Les E-U entament la reconquête des îles du Pacifique dès l’été 1942. La résistance japonaise est importante, les conquêtes se font ile par ile, jusqu’en 1945.

Les Anglo-américains, aidés des armées alliées libres, ouvrent un front en Afrique du Nord à la fin de l’année 42 et libèrent le Sud de l’Italie en 1943.

Le second Front important en Europe occidental n’est ouvert qu’au milieu de l’année 44, en France (Normandie et Provence).

Dans les deux camps, les armées intègrent des populations de diverses nations.

Extrait vidéo : Apocalypse, la Seconde guerre mondiale,  III 40’45-43’10 : Européens dans la waffen SS

- guerre technique et industrielle

Doc. 2 p. 91 : l’effort de guerre est considérable, de 30 à 70% du PNB des Etats. La recherche des ressources est un but de guerre et le pillage des pays vaincus est clairement énoncé.

Doc. 4 p. 89 Q2 : les territoires vaincus doivent leurs ressources aux Allemands qui se battent pour l’Europe. Le sort des populations n’intéresse pas Goering, le successeur du Führer, chef de la Luftwaffe.

Extrait vidéo : Id., bataille de Koursk (III - 43’25’’)

Les engagements militaires concernent des centaines de milliers de combattants, des milliers de chars et d’avions. La bataille de Koursk durant l’été 43 est l’affrontement le plus important sur le front de l’Est. Pourquoi ? C’est la plus grande bataille industrielle de l’histoire : plus de 2M de combattants, 6000 chars et plus de 5000 avions sont concernés sur un front de 200 km de long. Les Allemands mettent en scène leur nouveau char Tigre, qui se montre supérieur aux blindés soviétiques, mais leur offensive est connue depuis que les Alliés possèdent leur machine à crypter Enigma. Les Soviétiques  organisent la défense et contraignent les Allemands à reculer sur plusieurs centaines de kms. Après Koursk,  les troupes allemandes seront constamment sur la défensive.

Extrait vidéo : la bataille de Midway  (id., II, 1h 22’). Juin 42, les Japonais décident d’attaquer les forces aéronavales américaines présentes sur l’atoll de Midway avec 8 porte-avions et une flotte de soutien. Les 4 porte- avions qui participent à la bataille sont mis hors combat par les avions américains. C’est un coup d’arrêt de l’expansion japonaise.

- La place des idéologies : des combats d’une violence extrême

L’anéantissement militaire, physique et moral est recherché sur le front germano-soviétique ou dans la conquête japonaise. La guerre a été particulièrement inexpiable, impitoyable sur certains théâtres d’opération de Chine et de Russie et envers les civils.

Extrait : le code de combat japonais le Bushido (II, 1h02’55’’). Art de tuer ou d’être tué, le soldat japonais ignore la peur, méprise la mort, il hait les soldats étrangers qui se rendent, est impitoyable avec les populations civiles chinoises et ne se rend pas. Il oppose une résistance forte aux soldats américains, suscitant chez ces derniers un mépris tout aussi important. Sur tous les fronts la violence et la longueur des engagements expliquent en partie la déshumanisation de certains combattants.

Extrait : les armées allemandes en Ukraine (II, 30’-34’43’’). Les Armées allemandes sont relativement bien accueillies dans une province dont la population rejette souvent le régime stalinien (souvenir de la Grande famine). Mais le racisme des Nazis les empêche de se faire un nouvel allié, l’Ukraine est considérée comme une terre conquise à exploiter. Il explique aussi le sort réservé aux prisonniers de guerre soviétiques  qui moururent pour la quasi-totalité d’entre eux.

L’anéantissement politique est aussi visé par les alliés dans les défaites allemandes et japonaises. Il se manifeste par l’ampleur des destructions humaines et matérielles.

Dossier pages 94-95 : Les bombardements stratégiques

1) Les Allemands visent des villes stratégiques (Londres, Portsmouth), industrielles (Coventry) et symboliques…

2) Les bombardements provoquent la terreur et des pertes importantes dans les populations civiles… plusieurs centaines de milliers de morts et de blessés en Allemagne en 1945 (Dresde, Berlin). Plusieurs dizaines de milliers de morts avec une seule bombe atomique au Japon (Nagasaki et Hiroshima).  

3) L’objectif est stratégique, terminer la guerre au plus vite en épargnant la vie de nombreux soldats et civils, convaincre les populations allemandes de rejeter le nazisme et provoquer la chute du régime.

4) Non. Sur le plan stratégique, c’est parfois un échec, les Allemands sont restés fidèles au régime. Les bombes atomiques n’expliquent pas la capitulation du Japon, car le Japon était déjà largement détruit par les raids conventionnels.

 

B - Le massacre des Juifs et des Tziganes

… est particulièrement révélateur de cette dimension d’anéantissement de la guerre au XXe siècle.

- 1939-1941 : de la guerre aux crimes de masse

Extraits Ghetto de Varsovie, id. III, 32’45 ‘’ ; II, 31’15’’ : shoah par balles

Dans la Grand Reich et les territoires conquis, les Allemands mettent en œuvre leur politique antisémite à l’égard des communautés juives sous leur domination. Les Juifs sont enfermés dans des Ghettos où les conditions de vie les condamnent à mourir par le travail ou de faim. A Varsovie, le Ghetto réunit plus de 400 000 personnes sur  3Km2. Au début de l’année 1943, le Ghetto se soulève contre les Allemands qui ont entamé la déportation de la population vers les camps.

Avec l’invasion de l’URSS à partir de juin 1941 et la conquête de l’espace vital à l’Est, la politique raciste est mise en œuvre contre les populations « inférieures » (prisonniers de guerre, slaves, Roms, juifs…). Les Juifs sont éliminés par des unités spéciales mobiles, les Einsatzgruppen, à l’arrière de la ligne de front. Les 5 einsatzgruppen ont tué plus d’1 million de personnes. A proximité de Kiev, 33000 personnes sont éliminées dans le ravin de Babi Yar les 29-30/09/1941.

 

- 1942 : La mise en place de la « solution finale de la question juive en Europe »

Doc. 3 page 97 : la conférence de Wannsee

En quoi constitue-t-il un tournant ? L’élimination organisée, méthodique à grande échelle des Juifs d’Europe est mise en œuvre. Cette conférence présidée par Heydrich, chef du RSHA (Sécurité intérieure du Reich) aborde les questions économiques, administratives et techniques de la solution finale, c’est-à-dire l’élimination des 11 millions de Juifs d’Europe. Les Juifs seront conduits vers l’Est du Reich dans des ghettos, des camps de travail et Heydrich qu’une partie de la population doit être éliminée immédiatement (vieillards, enfants, cadres, intellectuels).

Carte p. 277.

La France de Vichy, qui avait adopté des lois antisémites dès 1940, participe activement à la déportation des Juifs à partir de 1942. Des camps d’internement et de déportations sont ouverts en zone libre et dans la région parisienne. Juifs français, étrangers (Juifs surtout), tziganes sont particulièrement inquiétés. 75 convois sont partis de France et presque 80 000 personnes juives ont été tuées  en France et dans les camps du Reich.

 

- 1943-1945 : les camps de la mort

6 camps de la mort sont aménagés dans la partie orientale du Reich (ex-Pologne), dont deux sont à la fois des camps de travail et d’extermination. Parmi eux, le camp d’Auschwitz/Birkenau, un complexe qui devint le cœur de la politique d’extermination allemande à partir de 1944.

Dossier p. 98-99

1) Les personnes sont sélectionnées sur les quais à la descente du train : les valides pour le camp de travail, les autres pour l’extermination. Ces dernières suivent un chemin vers les chambres à gaz, le long duquel elles sont dépouillées de leurs biens.

2) Le caractère industriel se mesure dans l’organisation des camps. Tout est fait pour que l’extermination se fasse le plus rapidement possible avec une grande efficacité, sans trace visible, et que l’exploitation des travailleurs soit rentable. Le traitement des corps est effectué par des détenus, les sonderkommandos, les biens sont confisqués aux déportés et enrichissent le Reich.

3) La déshumanisation des déportés permet leur asservissement, réduit leur volonté de résistance et les contraint à ne penser qu’à leur survie. Elle se manifeste dans l’apparence physique (matricule, cheveux coupés, vêtements de détenus), par les privations, la brutalité, l’omniprésence de la peur …

4) Diverses populations ont été victimes des camps de la mort. La principale fut la population juive d’Europe (5 à 6 M de morts selon les sources), dont plus d’1 M à Auschwitz.

 

 

CCL :

1945, les régimes nazi et fasciste sont anéantis. Mais, la Grande alliance née de l’affrontement contre les régimes totalitaires implose, les divergences apparaissent très vite entre les démocraties libérales victorieuses et le régime soviétique de Staline. Les anciens alliés s’opposent sur le sort à réserver à l’Allemagne et sur l’évolution politique en Europe de l’Est. Le dirigeant soviétique refuse le retour au multipartisme et aux élections libres. Ainsi, immédiatement, un nouveau type de conflit s’impose, surtout idéologique, sans affrontement armé direct, c’est la guerre froide…

L’Allemagne et Berlin en deviennent l’enjeu, le théâtre jusqu’à la fin des années 1980.

Photographie anonyme, Arrestation dans le ghetto de Varsovie a été prise lors de la répression de l’insurrection juive qui se déroula du 19 avril au 16 mai 1943 dans le ghetto de Varsovie. Réalisée sur place par les SS, elle rend compte d’une arrestation effectuée lors de la « liquidation du ghetto » décidée après la révolte. Elle figure originellement à la quatorzième place d’un album de cinquante-trois clichés qui suit le rapport (récit des actions menées contre les « bandits juifs ») que le SS responsable des opérations, Jürgen Stroop, adresse à Krüger et Himmler, ses supérieurs. Voir : http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=1315&d=21&c=Guerre de 39-45

Photographie anonyme, Arrestation dans le ghetto de Varsovie a été prise lors de la répression de l’insurrection juive qui se déroula du 19 avril au 16 mai 1943 dans le ghetto de Varsovie. Réalisée sur place par les SS, elle rend compte d’une arrestation effectuée lors de la « liquidation du ghetto » décidée après la révolte. Elle figure originellement à la quatorzième place d’un album de cinquante-trois clichés qui suit le rapport (récit des actions menées contre les « bandits juifs ») que le SS responsable des opérations, Jürgen Stroop, adresse à Krüger et Himmler, ses supérieurs. Voir : http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=1315&d=21&c=Guerre de 39-45

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