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La guerre et les régimes totalitaires (1ere partie)

11 Octobre 2014 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #1ere S

La guerre et les régimes totalitaires

 

Au travers de l’expérience combattante, de la guerre d’anéantissement, quels sont les caractères de la guerre dans la première moitié du  XXe siècle et quels sont leurs effets sur les sociétés européennes ?

 

I - La Première Guerre mondiale : l'expérience combattante dans une guerre totale

- Quelle est la nature de la guerre ? Quels sont les caractères de l’expérience combattante ?  Quels sont ses effets sur les sociétés européennes ?

A – La Première guerre mondiale : une guerre mondiale et totale

- Une guerre mondiale : dossier p. 62-63

Un conflit qui s’étend presque dans le monde entier. L’Europe domine le monde et implique les populations colonisées. De nombreux Etats, d’abord non concernés par le système d’alliances de 1914, choisissent leur camp en fonction d’intérêts divers : le Japon dès 1914, l’Italie en 1915, la Chine, les Etats-Unis, le Brésil et de nombreux pays d’Amérique latine après 1917.

La guerre se déroule sur plusieurs fronts :

A l’Ouest en France-Belgique où la ligne de front évolue peu entre la fin 1914 et l’été 1918. La guerre de mouvement de 1914 (p. 64) laisse place à une guerre de position, les armées procèdent à des offensives sans succès pour percer les lignes adverses. 

Au sud de l’Europe dans les Balkans, en Turquie et en Italie du Nord à partir de 1915.

A l’Est de l’Europe entre Russes (Entente) et Allemands, Autrichiens-Hongrois sur un front vaste.

Dans les colonies en Afrique et dans le Pacifique  où les colonies allemandes sont conquises et au Moyen Orient où l’Empire turc est attaqué par l’Entente et leurs alliés arabes.

L’opposition se déroule sur mers car les Allemands veulent couper les routes de ravitaillements de l’Entente par la guerre sous-marine et cette dernière répond par un blocus maritime des Empires centraux.

Finalement presque 75 millions de combattants ont été mobilisés dans le monde …

- Une guerre totale

Définition : conflit qui mobilise toutes les ressources disponibles d’un Etat : militaires, humaines, économiques, culturelles et scientifiques.

Une mobilisation qui concerne la quasi-totalité des actifs hommes, soit presque 8M de mobilisés en France, essentiellement des ouvriers, des paysans qui partent au moment des récoltes et des populations colonisées. En Angleterre et aux Etats-Unis il n’y a pas de service militaire et de conscription, l’Etat doit faire appel aux volontaires (doc. 1 p. 64) et les Anglais ne peuvent envoyer que 70000 hommes en 1914. Le volontariat fait monter les effectifs à plus d’1 M d’hommes en 1915 et le service militaire obligatoire est instauré en 1916 par le gouvernement britannique.

La mobilisation des populations civiles (p. 66-67). Il s’agit qu’elle garde le moral surtout quand les conditions de la vie quotidienne (travail, ravitaillement) se dégrade (doc. 6). Des rapports sont demandés aux fonctionnaires concernant l’état des populations en France (par ex. l’instituteur en Charente).. Du moral de la population à l’arrière dépend celui des soldats car les échanges de lettres et de colis sont encouragés.  Surtout la population est civile est appelée à occuper les emplois vacants des hommes partis se battre, surtout dans l’industrie et les champs. Au R-U ce sont 1.5 M de femmes et 1 M de personnes âgées qui sont mises au travail. Une part importante de ces nouveaux actifs est utilisée dans l’industrie d’armement.

Les besoins militaires augmentent rapidement. Les chevaux des campagnes sont réquisitionnés dès le début de la guerre. Les industries de l’armement sont incapables de répondre aux besoins. L’armée anglaise manque d’obus en 1915 (Shell scandal, The Times, mai 1915), l’industrie française ne produit que 13000 obus par jour en 1914 alors que le gouvernement en veut 100 000 par jour. Michelin, Citroën et Renault se mettent à produire des obus et d’autres matériels de guerre. Renault produit 2M d’obus en 1918, Citroën 26M pendant tout le conflit. (doc. 4 p. 65). La guerre accélère l’innovation technologique dans l’industrie mécanique (aéronautique) et l’industrie chimique. Ainsi, la moitié des hommes mobilisés est utilisée dans l’artillerie, la logistique et ne se retrouve pas en première ligne.

L’effort économique est considérable. L’Etat organise la production, passe des commandes aux entreprises, oriente l’investissement. L’Epargne privée est sollicitée (doc. 2 p. 66), l’Etat emprunte et s’endette. Pour la première fois il intervient pleinement dans l’activité économique.

L’Etat organise la censure, c’est-à-dire le contrôle des informations qui circulent. Les journaux sont censurés, les lettres des combattants sont lues par des services de l’armée. La propagande est utilisée pour préparer la population à l’effort de guerre, diaboliser l’adversaire, le déshumaniser pour légitimer la juste lutte menée (doc.4).

Le bruit et la fureur : 30’50’’ : un archevêque du clergé anglican justifiant la mort des soldats allemands

Histoire des Arts : affiche de propagande britannique « are you in this ? »

B- Une expérience nouvelle et effroyable pour les combattants et les civils

- La guerre de position : carte

Un front stabilisé à la fin de l’année 1914 qui se caractérise par la construction de tranchées. Chaque camp cherche à rompre les lignes ennemies par des offensives combinant des bombardements massifs et des assauts de troupes. Les deux grandes offensives de 1916 sont celles de Verdun, effectuée par les Allemands, et celle de la Somme lancée par les Anglais durant l’été 1916 pour soulager les Français à Verdun.

- La vie difficile dans les tranchées

http://education.francetv.fr/videos/l-horreur-des-tranchees-apocalypse-la-1ere-guerre-mondiale-v113766

Qu’est-ce qui caractérise la vie dans la tranchée ?

La montée vers la tranchée de première ligne, celle qui est exposée à l’ennemi ; les conditions d’hygiène déplorables dans celle-ci  (saleté, rats, poux…) ; la vétusté des abris qui ne protègent pas du froid et de la pluie au froid ; les odeurs ; l’attente, l’ennui, interrompus par des échanges de tir avec l’ennemi…

- L’omniprésence de la mort au front

Vidéo : la Grande guerre en couleur 2 : massacre dans les tranchées

http://www.dailymotion.com/video/x19ay3c_1914-1918-la-grande-guerre-en-couleur-2-6-massacre-dans-les-tranchees_news

7’40 : sortir de la tranchée ; 11’15 : artillerie ; 14’30’’ : gaz ; 15’50 : bataille de Verdun ; 19’14’’ : bataille de la Somme.

A cause des armes nouvelles utilisées : mitrailleuses à tirs rapides, gaz de combat, canons et mortiers de plus en plus nombreux et dont les calibres ne cessent de croitre.  Les Anglais tirent plus de 1.7 M d’obus sur les lignes allemandes pendant la semaine qui précède l’offensive de la Somme (juin-juillet 1916). A Verdun, l’artillerie est responsable de 80% des pertes humaines.

A cause des tenues de combat  qui sont inadaptées. Le casque français Adrian n’apparait qu’au milieu de l’année 1915 et la tenue bleue horizon à la fin de la même année.

A cause des choix stratégiques des généraux : rompre les lignes ennemies par des offensives de grande ampleur après un bombardement lourd des tranchées adverses.

Dossier pages 72-73 : Q1-4

Le premier jour de l’offensive de la Somme met hors de combat 60 000 Anglais. Dans les deux camps, plus de 1M de combattants seront portés disparus, tués ou blessés entre juillet et novembre 1916.

A Verdun, les Allemands veulent « saigner à blanc » l’armée française, c’est-à-dire l’user en la forçant à défendre la citadelle (Guerre d’usure). A Verdun, 700 000 hommes des deux camps  sont tués ou blessés pour défendre la trentaine de kms de front.

A cause de la difficulté à secourir les blessés situés dans le no man’s land. En outre, les survivants ont souvent des troubles physiques ou psychiques à leur retour vers l’arrière à cause de la violence des combats et des bombardements (obusite, ou shell shock).

- Les populations civiles

Les populations sont frappées par les exactions commises par les soldats, par les combats et les bombardements des villes. Paris est bombardée en 1918 par des canons à tir longue distance. La majorité des pertes civiles est toutefois imputable aux famines et aux maladies, notamment la grippe espagnole qui fit surement plus de victimes que le conflit. Ce sont dans les empires russe et ottoman que les pertes civiles furent les plus nombreuses, notamment à cause du génocide des arméniens.

Doc. 3 page 65 : l’Etat turc est impliqué dans le génocide car la police, l’armée secondent des brigands et peuplades utilisées pour massacrer les populations. Toutes les exactions sont permises : viols, massacres des hommes, famines provoquées, déportation…  1 500 000 Arméniens périrent.

C – Des sociétés traumatisées au retour de la paix

La paix réapparait en Europe en 1918. Quels sont ses effets du conflit sur les sociétés européennes ?

Dossier pages 74-75 et diapos

- Les pertes humaines et matérielles sont considérables.

Presque 10 M de combattants  et 9 M de civils sont tués, le nombre des blessés, invalides, mutilés est généralement 2 à 3x supérieur à celui des tués aux combats. La France compte presque 1.4 M de morts et 4 M de blessés, invalides ou mutilés. Des régions entières sont dévastées et abandonnées… Les zones rouges en France sont entièrement ravagées (sols bouleversés criblés d’obus, villages, infrastructures détruits…), les pays occupés ont subi les pillages (Belgique, Serbie, Pologne).

- Les Traités n’apportent pas toujours la fin des tensions.

La carte de l’Europe issue des Traités de paix ne contente pas tous les peuples et des tensions demeurent. Les empires disparaissent au profit de nouveaux Etas dont les frontières créent des problèmes de minorités nationales. Des populations allemandes se retrouvent dans les nouvelles Pologne et Tchécoslovaquie, les Allemands vaincus n’acceptent pas les conditions du traité de Versailles qui fait de leur pays le responsable de la guerre (cf diapo).

- Un climat insurrectionnel et révolutionnaire se développe en Europe.

Des grèves ou manifestations  éclatent pour réclamer de meilleures conditions de vie ou un changement de société, la Révolution de 1917 en Russie servant de modèle. Partout, les ouvriers, encadrés par des syndicats ont pris conscience de leurs forces ; les paysans aux contacts des ouvriers durant la guerre revendiquent également. Effrayés, certains gouvernements en place,  industriels et grands propriétaires terriens utilisent des groupes paramilitaires constitués d’anciens soldats démobilisés pour garder le pouvoir (exemple en Italie, p. 160). Des tentatives de coup d’Etat ont lieu, provoquées par les communistes  (en Allemagne en 1918-19 : les Spartakistes), ou les nationalistes. Durant les années qui suivent le conflit, les sociétés sont encore marquées par  la violence et les tensions sociales.

- Les sociétés sont en crise : déclin démographique, crise morale.

En France, le rattrapage des naissances n’a pas lieu et la France d’après-guerre vit avec l’angoisse du déclin démographique. Les veuves sont nombreuses, les jeunes hommes maquent. La société toute entière perpétue le souvenir de ce cataclysme sans précèdent : En érigeant des lieux de mémoire : la tombe du soldat inconnu à Paris, l’ossuaire de Douaumont (page 75) ; les innombrables monuments aux morts qui couvrent le pays ; en établissant une date souvenir, le 11 novembre.

Les Anciens combattants s’organisent en associations et veulent faire entendre leur voix dans les discours politiques. Beaucoup n’acceptent pas l’évolution de la société et la place qu'elle accorde aux anciens soldats (cf tableau de l’Allemand Otto Dix, la Grande ville).

La prise de conscience de la banalisation de la violence et de la tuerie développe deux sentiments contradictoires après-guerre : un extraordinaire courant pacifiste ; l’exaltation de la force et de la virilité, de la révolte, de l’action. Ainsi, c’est une véritable crise morale : pourquoi les valeurs humanistes européennes n’ont-elles pas empêché un tel conflit ?


 

Affiche britannique, 1916

Affiche britannique, 1916

Otto Dix, La Grande Ville, 1927-8, peinture sur bois (3 panneaux de bois = triptyque)VV

Otto Dix, La Grande Ville, 1927-8, peinture sur bois (3 panneaux de bois = triptyque)VV

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