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La Chine et le monde depuis 1949

25 Mai 2014 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #Term. ES 2015

1949 : La Chine est un Etat en retard de développement, longtemps dominé, qui devient la République populaire de Chine (RPC)… Six décennies plus tard, elle est devenue la deuxième puissance mondiale. Comment la chine est-elle devenue l’une des plus grandes puissances du monde au cours du XXe s.?

I – 1949 : la naissance d’une Chine nouvelle

A – Un pays affaibli

film : Chine, le nouvel empire

- Un pays au retard économique, scientifique, au niveau de développement faible. La République créée en 1912 est affaiblie par les divisions internes, par la présence des occidentaux et des Japonais (Traités inégaux).

- Un pays en guerre civile. Alliance entre Nationalistes du Guomindang de Sun Yat Sen et des communistes (PCC fondé en 1921) a permis la réunification du pays (capitale Nankin). Mais rupture avec les Communistes en 1927 conduit à la guerre civile pendant une dizaine d’années. Pourchassés, les communistes entreprennent la Longue Marche vers l’intérieur de la Chine jusque dans le Shanxi, Mao Zedong s’impose.

B – Le réveil nationaliste et l’épreuve de la guerre (1919-1945)

Carte p. 257

- Important sentiment d’humiliation, renforcé par Traités de paix de 1919 qui donnent concessions allemandes (Shandong) au Japon alors que la Chine a participé au Premier Conflit aux côtés des Français et Anglais = mouvement du 4 mai 1919. C'est le début du réveil national chinois. L’invasion de la Manchourie à partir de 1931 , puis en 1937 de la Chine littorale obligent les communistes et nationalistes de Chang Kai Check réfugiés à constituer une alliance.

Carte p. 259

- Conquête japonaise qui se poursuit jusqu’en 1942 ; après front évolue peu, la domination est incomplète. Capitulation du Japon en sept 45 = pertes chinoises considérables. Les Républicains de Chang Kai Check en tirent un grand prestige (Chine = Etat vainqueur, siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU) et les communistes constituent une force en 1945. Comme les communistes ne veulent pas se fondre dans l’Etat nationaliste du Guomindang, les affrontements reprennent jusqu’en 49.

C – La naissance de la RPC (début des années 50)

- La RPC est proclamée le 1er oct 49. Le Guomindang est vaincu malgré l’aide américaine, Tchang Kai Check se réfugie sur l’île de Taiwan. Pékin devient la capitale de la RPC. Deux Etats rivaux prétendent incarner la Chine : la RPC / République de Taiwan (qui représente la Chine à l’ONU jusqu’en 1971).

- La Chine populaire entre dans la guerre froide. Le gouvernement s’appuie sur le régime stalinien de l’URSS, un traité d’alliance est signé avec l’URSS en 1950. La Chine entre dans le Bloc communiste, elle choisit la voie de l’anti-américaine (E-U soutiennent Taiwan et Tibet), de l’anti-impérialisme. Le Tibet passe sous le contrôle du régime communiste. La Chine intervient dans la guerre de Corée (50-53), soutient l’Indépendance de l’Indochine. Elle s’affiche comme puissance en Asie.

- Peu à peu le Parti communiste se confond avec l’Etat chinois. Un Etat autoritaire dominé par Mao est mis en place.

II – La Chine maoïste (début des années 50 – 1979)

affirmation nationale, le modèle maoïste

- Le communisme chinois. Doc. p. 274.

Cette affiche du parti communiste chinois de 1952 vante les succès du nouveau régime sous l’impulsion de son leader : Mao. A l’occasion de la sortie du premier volume de ses Œuvres complètes, la propagande souligne autant ce que la Chine doit aux penseurs communistes étrangers qu’à la pensée de Mao Zedong. Ce document révèle les rapports du communisme chinois aux modèles étrangers.

La pensée de Mao est inspirée par le marxisme-léninisme. Les communistes chinois ont été soutenus par l’URSS pendant la guerre civile. Après 1950, des conseillers soviétiques aident au développement de la Chine qui se fait en suivant le modèle soviétique (industrialisation).

Mais l’affiche souligne aussi la pensée de Mao. Nationalisme : aspiration à la puissance et à la richesse (« nouvelle Chine »). Sentiment d’une grandeur perdue à cause des occidentaux. Mao s’inscrit dans la continuité de Marx et de Lénine et définit une voie chinoise du communisme qui s’appuie sur les masses rurales, les campagnes. C’est la naissance du maoïsme. La Chine s’écarte du modèle soviétique, ce qui explique en partie la rupture avec l’URSS après la mort de Staline en 1953

- La rupture avec l’URSS après la mort de Staline. Après la déstalinisation du XXe congrès (1956), Mao critique l’URSS qui lui semble s’éloigner du Marxisme-léninisme. Au début des années 60, Mao n’accepte pas les rencontres Khrouchtchev– Kennedy et le recul des Soviétiques pendant la crise de Cuba en 62. C'est la rupture. De nombreux incidents frontaliers se déroulent entre la Chine et l’URSS jusqu’en 1976.

Doc 1. 272

- Chine leader du Tiers-Monde. Rupture avec URSS, la Chine se tourne vers le Tiers monde, elle participe à la conférence de Bandoung en 1955. Le discours est anti-américain (soutien aux peuples d’Amérique latine) et anti –colonisation (soutien aux peuples d’Afrique et d’Asie). Il s’affirme notamment dans la politique étrangère dynamique de Zou Enlai (bio p. 273).

B – Fermeture et ouverture (années 60-70)

- Le maoïsme impose la mobilisation totale des populations pour rattraper le retard économique de la Chine dans un contexte de fermeture et d’autonomie, c’est la politique du Grand bond en avant (1958-1960). Les paysans sont incorporés dans des coopératives rurales qui ont objectifs industriels et agricoles élevés. Cette politique est à l’origine d’une famine importante au début des années 1960.

Doc. 5 p. 261

- Ouverture : rapprochement sino-américain dans contexte de tensions avec l’URSS. Ce qui lui permet de récupérer le droit de veto à l’ONU contre Taiwan en 1971. La RPC est reconnue par De Gaulle en 1964

Portraits de Mao d’Andy Warhol p. 270 ; La Chinoise de Jean-Luc Godard (1967) ; doc. 4 p. 261

- Fascination en occident pour le Maoïsme à la fin des années 60 parmi les étudiants et les intellectuels. Modèle chinois « servir le peuple » / Bureaucratie qui prévaut en Europe de l’Est et URSS. Pourtant contexte de la révolution culturelle en Chine, c’est-à dire de purge du PC organisée par Mao, qui se sert du peuple contre membres du PC modérés. La révolution culturelle fait de nombreuses victimes en Chine.

C – L’échec du maoïsme

- L’influence chinoise reste limitée. Surtout en Asie du S-E avec le soutien aux Khmers rouges du Cambodge - Après l’échec de la politique du Grand bond en avant, la division politique entre radicaux et modérés atteint son paroxysme. Pendant la révolution culturelle, de nombreux dirigeants sont arrêtés, notamment Deng Xiaoping, le modéré qui avait mis un terme à la politique du Grand bond en avant et libéralisé le régime. Il est réhabilité en 1973

- Echec des politiques de modernisation selon les principes maoïstes, même si la Chine devient une puissance atomique (1964-67) et lance son premier satellite en 1970

- 1976 : mort de Mao, les radicaux sont écartés du pouvoir, Deng Xiaoping assume les fonctions principales du pouvoir et met fin au maoïsme. 1978-80 : il normalise les relations avec les E-U et des zones franches (ZES) sont ouvertes aux investissements occidentaux.

III – La modernisation et la montée en puissance

A – Le choix de l’ouverture économique, le refus de l’ouverture politique

- Naissance d’un capitalisme chinois. Adaptation de l’économie chinoise à l’économie de marché : entreprises d’Etat, entreprises mixtes et entreprises privées. Apparition de places financières et boursières chinoises. La Chine rejoint l’OMC en 2001.

- Si le niveau de développement moyen a augmenté, les inégalités sociales croissent : paysannerie et main d’œuvre à bas coût issue des campagnes de l’intérieur / classe moyenne aisée évaluée à 150 M de pers. La Chine compterait 1M de millionnaires …

- Ouverture politique limitée : domination du PCC, des « princes rouges » et de leurs descendants. La liberté d’expression est limitée (internet contrôlé), la répression contre les mouvements politiques (1989) et les dissidents est continue. Les mouvements sociaux de plus en plus nombreux et dénonciation de la corruption politique. La lutte contre la corruption est omniprésente dans les discours des derniers secrétaires généraux du PCC, notamment celui de Xi Jiping, secrétaire depuis 2012.

B – Une ambition mondiale

1) Comment les occidentaux croient-ils que la Chine voit le monde ? (doc. 4 page 349)

- La Chine a des ambitions sur le monde entier. Le pays perçoit les E-U comme un rival en crise et décadent ; l' UE : « image du luxe » ; l'Afrique et Amérique latine, l'Asie centrale : réserves de ressources et marchés émergents ; mer de Chine à contrôler ; Russie un allié stratégique contre les E-U.

C - Une influence qui génère des tensions

2) Montrez que l’influence de la chine est économique, diplomatique et militaire (1, 2 pages 348-9 ; 1,2 page 364 ; 2 page 365)

3) Montrez que la dépendance de la Chine vis-à-vis de l’étranger est forte (doc. 1,2, 4 pages 348-9)

4) Quelles rivalités et tensions son influence génère-t-elle ? (doc. 2 p. 364 et 2 p.365 et carte p. 345)

- Une influence économique : « atelier du monde » pour les FMN étrangères, pays en quête de ressources (hydrocarbures, minerais terres), investissant dans le monde entier pour accroitre son influence ; puissance des FMN chinoises ; Réserve financière : pays créancier des pays développés.

Une influence diplomatique et militaire. Dépenses militaires croissantes = force militaire capable d’interventions, puissance nucléaire, ambitions spatiales fortes (lune, mars)… Puissance diplomatique au sein de l’ONU : droits de veto, interventions pour la paix ; position hégémonique au sein des BRICS, position forte au sein du G20…

- Mais un pays dépendant des approvisionnements de matières premières, des investissements des entreprises étrangères, pays trop dépendant de ses exportations.

- Influence qui entraine tensions avec le Japon, avec Etats voisins de mer de Chine, avec Taiwan (sous protection des E-U), avec les E-U ; hégémonie au sein des pays émergents objet de critiques.

CCL : Chine puissance émergente, puissance incomplète. Sentiment de grandeur perdue au cours du XXe s. et désir de la retrouver…

couverture de The Economist, 21-27 mars 2009.

couverture de The Economist, 21-27 mars 2009.

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