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La citoyenneté dans l’Antiquité

15 Décembre 2013 , Rédigé par GUEDON Jean - Jacques Publié dans #Hist-Géo Seconde

La citoyenneté dans l’Antiquité

Athènes (Ve s. av. J-C), Rome (I-IIIe s. ap. J-C)

 

                Ce qui dans l’Antiquité est appelé « cité » (polis en grec, civitas en latin) est une forme d’organisation politique très répandue autour de la méditerranée. L’autre grande forme d’organisation politique est la monarchie (En Egypte par exemple). Le citoyen est une personne membre de cette organisation politique, qui jouit de droits et qui a des devoirs envers le groupe.

Quelles sont les caractéristiques de cette organisation politique ? Quels sont les droits et les devoirs du citoyen à Athènes et Rome ?

Les cités d’Athènes et de Rome ont une histoire parallèle. Lorsqu’ Athènes est à son apogée au Ve s. av. J-C, Rome devient une cité qui compte dans le centre de l’Italie. Puis la cité italienne connait une expansion territoriale considérable et se retrouve à la tête d’un empire au début de notre ère (p. 60-61). Athènes est alors une cité sous domination romaine.

 

I – La cité, un modèle politique

A – Définitions

Texte d’Aristote, Politique, II 3-8. Aristote est un philosophe du IVe s. qui fut le précepteur d’Alexandre le Grand. Dans la Politique, il étudie le régime politique d’un grand nombre de cités afin de chercher quelle est la meilleure façon de gouverner la cité.

Qu’est-ce qu’une cité pour Aristote ? Qu’est-ce qu’un citoyen ?

Pour Aristote, une cité est une « collectivité de citoyens » sur un territoire, et les citoyens sont ceux « qui participent au pouvoir ». C’est donc la détention et l’exercice du pouvoir qui font la citoyenneté pour Aristote. La « politique » devient donc l’art de bien gouverner la cité.

Il admet que la citoyenneté dépend de la forme du gouvernement de la cité.

B - Les formes du gouvernement des cités dans l’Antiquité.

Doc. 4 et 5 p. 49.

Q1 :

Avis +

Avis -

La démocratie c’est l’isonomie : l’égalité en droits de tous les citoyens

Tous les citoyens peuvent être tirés au sort pour participer au gouvernement de la cité

Les citoyens doivent rendre des comptes pour leurs actions politiques

La démocratie donne le pouvoir à une multitude « bonne à rien » (manque de connaissances, de vertus...)

 Pour les Athéniens, la fonction judiciaire est  la plus importante. Ils peuvent ainsi demander des comptes aux citoyens ayant exercé une charge politique et qui ont abusé de leur pouvoir.

Q2 : Le pouvoir doit être confié à un groupe limité de citoyens, les plus compétents, c’est l’oligarchie. Ou, à un seul homme qui prendrait des décisions rapides, justes et secrètes en cas de guerre, c’est la monarchie.

Doc. 5. Ceux qui critiquent la démocratie considèrent que le pouvoir doit être confié aux plus éduqués, aux plus sages, généralement aux plus âgés. Les citoyens qui travaillent ne peuvent consacrer leur temps au gouvernement de la cité.

Ainsi pour Aristote, la démocratie n’est pas le meilleur des régimes car il considère que les citoyens travailleurs n’ont pas le temps et les qualités pour gouverner. Sa cité idéale doit être gouvernée par des hommes justes, dotés des de toutes les vertus, et consacrant tout leur temps au gouvernement des hommes.

Définitions :

Démocratie : forme de gouvernement où le pouvoir est entre les mains du peuple (démos)

Monarchie : forme de gouvernement où le pouvoir est entre les mains d’un seul homme, le monarque

Tyrannie : le gouvernement appartient à un homme qui l’a acquis illégalement et utilise la violence.

Oligarchie : forme de gouvernement où le pouvoir est entre les mains d’un petit nombre de personnes : les anciens (gérontocratie), les plus riches (ploutocratie).

Aristocratie : forme de gouvernement où le pouvoir est entre les mains des meilleurs (Aristoï), issus des grandes familles, dotés du savoir, de la richesse…

C- Deux formes de gouvernement : la cité athénienne au Ve s. av. J.-C. et la cité de Rome au début de notre ère.

- La démocratie athénienne

Doc 2. p. 45. Comment le principe de l’isonomie se traduit-il dans le gouvernement d’Athènes ?  L’isonomie, c’est-à-dire l’égalité face à la loi ou l’égalité en droits de tous les citoyens.

- Tous les citoyens à l’Ecclésia votent la loi, la guerre et l’ostracisme d’un citoyen. Ostracisme : exclusion par le vote pendant 10 ans d’un citoyen jugé dangereux pour la démocratie, sans qu’il perde ses biens.

- Tous les citoyens peuvent être tirés au sort pour devenir membre de la Boulé, du Tribunal de l’Héliée ou magistrat. Seul le stratège est élu, c’est une magistrature importante dont la fonction est militaire.   

- Tous les citoyens peuvent prendre la parole à l’Assemblée. Tous les citoyens ont accès à la justice de la cité pour défendre leurs droits.

- Rome : une cité aristocratique

A Rome, l’évolution politique a fait que la majorité des citoyens a été dépossédée de son pouvoir politique.

Doc : Inscription de l’arc de Septime Sévère, forum romain (fin IIe s.)

« Le Sénat et le Peuple romain (ont érigé cet arc) à l'empereur César Lucius Septimus Severus Pius Pertinax Auguste, fils de Marcus, père de la patrie, vainqueur des Parthes arabes et des Parthes adiabènes, grand pontife, détenteur de la puissance tribunitienne pour la onzième fois, acclamé imperator pour la onzième fois, fait consul pour la troisième fois, proconsul, et à l'empereur César Marc Aurèle Antonin Auguste Pius Felix, fils de Lucius, détenteur de la puissance tribunitienne pour la sixième fois, consul et proconsul, père de la patrie, princes très bons et très forts qui ont restitué l'État et ont agrandi l'empire du peuple romain par leurs vertus extraordinaires, en paix et en guerre ».

Quelles sont les valeurs et les qualités qui caractérisent l’empereur Septime Sévère ? Ces valeurs sont aristocratiques. L’empereur est affublé de qualités, de vertus qui sont celles des aristocrates : la reconnaissance du peuple (« acclamé »), du sénat (comme l’un d’entre eux), de l’armée, il est victorieux et a agrandi l’empire.

Quelle forme de gouvernement caractérise la cité de Rome ? L’empire n’est pas une monarchie, l’empereur ne se considère pas comme un roi, il est le premier des citoyens, celui qui est doté des pouvoirs exceptionnels d’imperator (empereur).

 

II – Le métier de citoyen

A Athènes comme à Rome, le citoyen est un homme libre, fils d’un citoyen et d’une mère fille de citoyen, il est inscrit sur des listes électorales et doit faire son service militaire (l’éphébie à Athènes). Un citoyen se définit toujours par rapport à ses ancêtres et à son groupe électoral.  Ainsi un citoyen se présente comme le fils de ... et appartenant  à la tribu de … (groupe électoral à Athènes et  à Rome).

A - Les droits du citoyen

- La prise de parole et la participation à la vie politique

Les droits politiques sont plus étendus à Athènes qu’à Rome (cf 1ere partie).
A Athènes, comme à Rome, le lieu de l’expression politique est la place publique : l’Agora, la colline de la Pnyx à Athènes (doc. 4 et 5 p. 45) ou le forum à Rome (diapo). Autour de ces places se retrouvent les lieux du pouvoir : Tribunal de l’Héliée, Bouleutérion à Athènes, Curie du Sénat à Rome. Les premiers empereurs construisirent leur propre forum pour créer de nouveaux centres de la vie politique qui les mettent en valeur. Ainsi celui de Jules César avec un temple dédié à Vénus, la déesse de la famille des Julii.  

L’éloquence est une qualité du citoyen, le discours est le moyen de transmettre les informations de débattre. Les citoyens les plus éduqués avaient un avantage indéniable dans la prise de parole et certains se transformaient en démagogues pour manipuler la foule,  les auteurs antiques y ont vu une limite à la démocratie athénienne (cf 1ere partie).

- Un statut protecteur

Même si elle n’accorde pas toujours des droits politiques importants, la citoyenneté est avant tout un statut qui différencie les citoyens des autres habitants de la cité. Elle protège le citoyen de l’arbitraire, lui accorde des garanties judiciaires et l’exempte souvent de l’impôt.

Doc. 2 p. 63 : Paul est un citoyen romain, il ne peut être puni par le tribun sans jugement. Sa qualité de citoyen le protège de l’arbitraire.

- Le droit à l’assistance

Les citoyens les plus pauvres sont aidés par la cité. A Rome, les plus démunis reçoivent des dons de nourriture ou d’argent. A Athènes, Périclès, le stratège très populaire, accorde un salaire, le misthos, aux citoyens les plus pauvres pour leur permettre d’accéder plus facilement à la vie politique. Les rivaux de Périclès prétendirent qu’il s’agissait d’une mesure destinant à le rendre plus populaire et à faciliter sa réélection à la stratégie.

- La reconnaissance pour les bienfaits rendus à la cité

Les citoyens méritants sont célébrés par la cité. Les bienfaits sont connus par les inscriptions qui rappellent leur courage, leur service rendu …

Doc. p. 55 : les deux chorèges sont célébrés par leur dème pour avoir financé les choeurs lors des concours de théâtre pour les Dionysies. Dans le théâtre, l’inscription rappelle le geste.

Diapo : CAIUS JULIUS RUFUS est un habitant de Saintes et citoyen romain au début de notre ère. L’arc de Saintes rappelle son ascendance, son arrière-grand-père était un gaulois et son grand-père, CAIUS JUILIUS GEDEMO est devenu citoyen romain, probablement grâce à Jules César, dont il porte le prénom et le nom. Il a été fait citoyen romain pour le soutien apporté à Rome pendant la guerre des Gaules (?). C. Julius Rufus est prêtre du culte impérial à Lyon (p. 65) et a financé l’amphithéâtre de la capitale des Gaules (Diapo). Une inscription dans le monument rappelle son action.

B – Les devoirs du citoyen

- Le devoir militaire

Tous les citoyens servent dans l’armée de la cité.

Doc 4 et 5 p. 51 : A Athènes, la position dans l’armée dépend du niveau de fortune car les citoyens financent en partie leur équipement. Les plus riches sont cavaliers et les plus pauvres sont rameurs dans les trières. La 3ème classe est celle des fantassins, les hoplites. Au Vème s. Athènes est souvent en guerre et la cité étend sa domination en Grèce. Essentiels pour maintenir la puissance athénienne, les citoyens en profitent pour réclamer des droits politiques étendus.

A la tête d’un empire, Rome peut compter sur les populations des provinces pour servir dans les légions. Par son engagement,  le militaire devient citoyen romain. Ainsi les habitants de Rome renoncèrent souvent au service dans l’armée.

- La participation aux fêtes civiques et religieuses

Dans l’Antiquité les fêtes civiques –en l’honneur de la cité et des citoyens-  sont aussi religieuses car les dieux sont associés au bon fonctionnement de la cité. Rome accueille tous les dieux dans la mesure où ils protègent l’empire et l'empereur. Mais, les religions rejetant le culte de l’empereur sont suspectées, notamment le christianisme.

A Athènes, il existe deux fêtes importantes : les Panathénées en l’honneur d’Athéna (procession, banquet, concours p. 52-53) ; les Dionysies en l’honneur de Dionysos.

Dossier p. 50-51 : le théâtre dans les Dionysies.

A pour origine le culte de Dionysos, dieu du vin et des arts. Les Grandes Dionysies ont lieu en mars-avril durant 5 jours. Elles sont des concours d’auteurs tragiques (3) et comiques (3). L’ auteur choisi par un magistrat, l’archonte, présente une oeuvre  par jour. L’archonte nomme aussi  les chorèges, lesquels financent les décors, les costumes, les masques, parfois les chanteurs et les acteurs. Dix citoyens sont tirés au sort et deviennent juges pour départager les candidats.

Le théâtre devient le moment des interrogations politiques. Il eut un rôle pédagogique et politique.

1) L’art sert à défendre le régime. Un théâtre grandiose est construit pour accueillir une grande partie de la population de la cité pour les fêtes civiques. Les scènes figurées peintes mettent en valeur les institutions démocratiques et des monuments célèbrent les héros de la cité.

2) La justice est la fonction la plus importante pour les Athéniens (cf 1ere partie). Les représentations théâtrales mettent en valeur ce pouvoir que les dieux ont accordé aux Athéniens.

3) La pièce oppose la vengeance (Oreste) à la justice d’Athéna qui protège les hommes contre l’arbitraire, la violence, la tyrannie.

4) La pièce d’Aristophane met en scène des personnages imaginaires, ridicules, pour dénoncer les abus de la justice. Certains l’utilisent pour s’enrichir. Par le rire, il incite les spectateurs à réfléchir sur la pratique de la Justice à Athènes.

- Les devoirs des citoyens les plus riches

A Athènes comme à Rome, les citoyens doivent mettre leur fortune au service de la cité.

« Tout d'abord, je te vois obligé à de nombreux et grands sacrifices ; autrement ni les dieux, ni les hommes n’auraient pour toi la moindre indulgence; ensuite, ton rang t'impose la nécessité de recevoir beaucoup d'hôtes et de les traiter magnifiquement ; puis tu dois donner à dîner à tes concitoyens et leur rendre service sous peine d'être sans partisans. Ce n'est pas tout. Je sais que la cité te charge d'élever des chevaux, d'être chorège (1), gymnasiarque (2), prostates (3), mais si la guerre éclate, je sais qu'on te chargera de plus de l'équipement d'une trière et qu'on te demandera des contributions si fortes que tu auras de la peine à y suffire. »

Xénophon (425-354), Economique. Xénophon est membre d'une riche famille aristocratique. Il est hostile à la restauration de la démocratie après la guerre contre Sparte. Dans cet extrait, il juge les nombreuses obligations du citoyen riche.

 (1) : le chorège est chargé de recruter à ses frais les choeurs  des concours musicaux ;(2) : le gymnasiarque est chargé d'entretenir et de surveiller les gymnases ; (3) : le prostates s'occupe d'un étranger. II l'aide dans ses démarches administratives, il lui facilite l'intégration dans la cité

Classez les devoirs du citoyen riche selon Xénophon. Quel jugement porte-t-il sur ces obligations ?

La guerre contre Sparte précipite le déclin d’Athènes à la fin du Ve s. De nombreux citoyens sont morts au combat. En outre, la guerre exige beaucoup des citoyens riches, ils doivent financer l’armement d’une trière et la fourniture des chevaux.  Xénophon est donc hostile au retour de la démocratie car il estime que les riches sont soumis à des charges trop fortes.

 

III – La cité et les autres

Les citoyens forment toujours un groupe restreint de personnes : 40 000 au max. à Athènes au Ve s. av. J.-C., 1 million de citoyens romains en Italie au tournant de notre ère. Comment les deux cités se comportent-elles avec les non-citoyens ?

A – Athènes exclut

Les femmes sont exclues de la vie politique et les esclaves, nombreux dans la cité, ne sont pas des hommes libres. Le groupe des citoyens est donc très limité.

Dossier p. 42-43. Les étrangers à Athènes, les métèques

1. Parce qu’ils enrichissent la cité par leur travail, par les contributions qu’ils versent. Xénophon propose  d’améliorer leur statut, notamment en les exemptant du service dans l’armée et de l’impôt.

2. Les métèques sont des artisans, des commerçants, des banquiers. Certains ont des revenus élevés qui leur permettent de financer des charges qui incombent aux citoyens, par exemple le financement d’une trière (doc. 2). Pendant les crises politiques, les métèques peuvent aussi être des bouc-émissaires à qui on va exiger des sommes importantes (doc. 3).

3. Les étrangers participent à la défense de la cité, certains utilisent leur fortune pour équiper une trière.

4. Elle les distingue en reconnaissant publiquement leur mérite et parfois leur accordant la citoyenneté avec tous les droits qu’elle procure.

B – Rome intègre

- des notables provinciaux, des militaires.

La citoyenneté est attribuée à des individus. Cf le cas de Caius Julius Rufus et des vétérans de l’armée (doc. 4 p. 63).

- des cités et des territoires entiers

La citoyenneté est attribuée collectivement.  Les habitants d’une cité peuvent tous obtenir la citoyenneté romaine, elle devient une cité de droit romain. Ailleurs, généralement seules les élites des cités obtiennent la citoyenneté romaine par l’exercice des magistratures. Tous ces habitants de l’empire ont une double citoyenneté : la citoyenneté romaine et la citoyenneté de leur cité d’origine.

Document 3 et 4 p. 67. Qu’accorde l’empereur Claude aux riches citoyens gallo-romains en 48 ? Quels arguments donnent-ils pour justifier sa décision ? Quelle fut la conséquence de cette décision pour l’empire romain ?

L’empereur Claude permet aux aristocrates gallo-romains d’accéder au Sénat, l’assemblée aristocratique romaine. Il justifie son initiative par le fait que les Gaulois sont les alliés des Romains depuis un siècle et que sa propre famille a bénéficié dans le passé d’une telle initiative. Le nombre des sénateurs provinciaux a ainsi augmenté au IIe s.

- l’ensemble des habitants libres de l’empire romain en 212 ap. J-C.

Q1 : Caracalla accorde la citoyenneté aux habitants libres de l’empire pour remercier les dieux lors d'une victoire militaire.

Q3 : Caracalla est critiqué par les sénateurs pour sa brutalité, ses exigences financières aux cités et aux citoyens. Selon certains auteurs antiques, il aurait accordé la citoyenneté aux habitants pour exiger plus de taxes aux cités et aux habitants.

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